Lui ? vous devez le connaître... Bientôt le billautshow sur votre TV ?
Connaissez-vous Dominique Cerri ? Le marché immobilier du Vieux Continent s'organise avec Properazzi...

Le jour où la France s'éveillera...

Depuis la nuit des temps et à de rares exceptions près, il y a toujours eu jusqu'à présent dans les sociétés humaines, une répartition en 2 groupes, même dans les sociétés se déclarant démocratiques.

D'un côté une élite, et de l'autre: les glandus...
Des Baruyas de Nouvelle Guinée (chamans et sorciers), aux Gaulois d'aujourd'hui (énarques et polytechniciens), en passant par les Soviétiques (apparatchiks), les Pharaons de l'ancienne Egypte (prêtres).... C'est toujours la même organisation.
Cette dichotomie obéit en gros à la loi de Pareto (les 80/20) : 20 % de la population (l'élite) disposent de 80 % des pouvoirs, de la richesse, etc... Et les 80% restants se partagent le reste... Et même chose à l'intérieur des 20%, 20% appartiennent à la super-élite... etc... Système social organisé en poupée russe donc, que d'aucuns appellent la nomenklatura avec ses différents cercles...
Et lorsqu'un groupe prend le pouvoir au sein d'une société, il met en place son propre système de création d'élites de façon à se pérenniser et garder ainsi les divers avantages acquis pour ses générations futures. Les membres seront "câblés" de façon à créer entre eux un "corps"... Corps qui va permettre de s'informer sur tout ce qui se passe, de se rendre quelques menus services entre eux,... etc...etc...

Aujourd'hui en France, il y a une élite comme ailleurs. Elle est diffuse certes, mais avec un noyau dur : le premier cercle de la nomenklatura avec un systéme de création d'élite... Ce sont nos grandes écoles : l'ENA et Polytechnique...

Delenda ENA est !

Tel Caton l'Ancien, qui au Sénat Romain terminait toujours ses discours par l'affirmation "Delenda Carthago est" (il faut détruire Carthage), François Bayrou a lancé l'anathème sur l'ENA... Anathème qui revient d'ailleurs à intervalle régulier dans notre histoire récente... Mais l'ENA est toujours là. Et notre ami François c'est bien gardé d'en parler à Madame Royal, lors de leur débat récent.
L'ENA a certes fait du bon boulot pour administrer et accompagner la relève du pays au lendemain de la 2ème guerre mondiale, mais elle a un peu divergé par la suite... La tentation était trop forte : ses membres ont administré le privé, en plus du public... Et se sont arrogés beaucoup de postes clés.
Je dois dire que j'ai fréquenté quelques énarques et polytechniciens. Et cela m'a toujours laissé une impression bizarre, de goût amer dans la bouche... J'ai toujours eu - sauf exception (il y en a heureusement) - l'impression bizarre d'être considéré comme un "pauvre type", un glandu... Arrogants sans s'en rendre compte peut-être, individualistes, dressés à conquérir le maximum de pouvoir personnel (cela est probablement dû à la difficulté des concours d'entrée qui sont des marathons individuels - donc pas de travail collaboratif - )...  nos amis pratiquent une certaine culture du mépris, sont des apparatchiks de la procédure, des processus, de la centralisation... L'Etre Humain n'est pas quelque chose à considérer en tant que tel... L'intuition y est bannie... Et ils vivent dans leur monde, sans trop se préoccuper de ce qui se passe ailleurs, persuadés qu'ils sont d'avoir raison sur tout... Lisez ou relisez le livre "les Intouchables" de Ghislaine Ottenheimer... Un trés beau travail d'anthropologie. Espérons que Madame Ottenheimer fera la même chose pour nos autres nomenklaturistes..

Faut-il pour autant fermer l'ENA ? En fait c'est plutôt l'énarchie qu'il faudrait éradiquer. Mais je me demande si cela est possible sans entraîner quelques désordres... Que l'on commence par interdire à l'énarque qui a pantouflé dans le privé de revenir dans la Haute Administration (certains ont d'ailleurs fait de grosses bêtises dans le privé : le Lyonnais, Vivendi... : les glandus vont payer), ... Même chose peut-être pour la sphère politique... Doit-on interdire aux énarques de se présenter au suffrage de leurs concitoyens ? N'y aurait-il pas là une collusion possible entre la Haute Administration et le monde politique ?

Il me semble en tout cas que la France d'en bas n'a pas grande conscience de la façon dont se passe les choses dans la France d'en haut... L'un de mes amis polytechnicien (si,si, j'en ai un..) m'a un jour raconté comme cela se passait... Aprés une élection Présidentielles, ou un changement de Gouvernement par exemple, comment on se répartissait les postes de "dircab" des ministres - poste trés important - entre X et ENA (naturellement X et ENA ne peuvent se sentir),  etc... J'ai demandé à cet ami de nous raconter tout cela dans un billautshow... Il n'a pas voulu...

La France ne va pas très bien... Notre élite est-elle responsable ?

Grande question !... Loin de moi de jeter l'anathème sur qui que ce soit, je pense que dans cette affaire on a tous une part de responsabilité, pour notre manque de vision, notre laissez aller, notre peur du futur, etc...
Mais cela étant, quant on dispose d'un pouvoir, il me semble que l'on est plus responsable que celui qui n'en a pas...
Je relisait le rapport Pébereau (un grand énarque aux dires de Madame Ottenheimer)... Etat proche de la faillite, chomâge élevé, paupérisation croissante, etc... On connaît la chanson, mais on fait comme si de rien n'était...

Et nos dirigeants du CAC 40 qui se sucrent...
Certes, diriger un grand groupe n'est pas chose aisée (même si l'on a fait l'ENA ou l'X)... Et recevoir pour cela un bon salaire (et une bonne retraite) paraît normal. Le poids des décisions à prendre, les risques à évaluer, etc...  Mais de là à recevoir les sommes que l'on nous cite dans nos médias, alors qu'une partie de plus en plus importante de la France d'en bas en bave...
Vous allez me dire que sous d'autres latitudes, les parachutes dorés sont monnaie courante... Certes, certes... Mais les peuplades qui vivent dans ces contrées n'ont pas une "baseline" comme la nôtre : liberté, égalité, fraternité... Surtout que ces gens là n'ont pour la plupart pas créer l'entreprise qui les emploie...

Et nos Hauts Fonctionnaires qui font comme s'ils étaient les Ministres de Louis XIV..
Il y 2 ou 3 ans, un haut fonctionnaire de l'Administration Sénatoriale m'a invité à déjeuner... A heure dite je me présente au Sénat, un huissier tout chamarré me mène à son bureau... Beau bureau.. Mobilier de l'Ancien Régime... Je pensais que nous irions déjeuner dans un troquet du coin ... Que nenni... Un maître d'hôtel en livrée est arrivé avec une table pliante qu'André Boulle - le célèbre ébéniste - n'aurait pas reniée, et a dressé une table digne de chez Maxim's... Bon déjeuner, vin exquis... Dans le bureau du Haut Fonctionnaire...
Bon. Ils ne déjeunent probablement pas tous aux frais de la République dans leur bureau. Mais je me suis dit en sortant que j'eusse dû écouter Madame Billaut Mère qui voulait que je sois Haut Fonctionnaire...

ENA, X, CAC40, Hauts Fonctionnaires ... Mais ce n'est pas tout... Notre pays est plein de groupes sociaux qui se sont érigés en caste avec leurs strictes hiérarchies, leurs propres régles, leurs propres us et coutumes.. : les toubibs, les notaires, la retraite  de la SNCF, etc... Et chacun défend son pré-carré... ses avantages acquis... Dans le douillet secret de sa caste...
Je me demande bien comment tout cela va finir... Car si on ne fait pas nos 3% de croissance... et que l'on ne réduit pas le gouffre financier de notre Etat, comparable à celui de l'Ancien Régime avant 1789 version 1.0...
Le moindre dérapage : pouf : c'est l'explosion...

1789 2.0 ou Web 2.0 ?

En France, la gestion "par explosion" : on connaît... On l'a faite en 1789 (version 1.0). On pourrait sans problème la refaire... Et pour ne pas perdre la main, on fait d'ailleurs de temps à autres quelques répétitions (les grèves de 1995). Il suffit par exemple que l'Etat ne puisse plus payer au taux convenu la retraite des fonctionnaires... 
Un 1789, même 2.0 n'est pas à souhaiter... Alors allez-vous me dire que vient faire le Web 2.0 là dedans ?
A mon sens et je ne suis pas seul à le penser, ce Web 2.0, est beaucoup plus qu'un ensemble d'outils utilisés par quelques ados attardés boutonneux... Il préfigure sinon une rupture dans l'organisation sociale, en tout cas la naissance de quelque chose d'autre... Comme le démontre Don Pascott dans son bouquin Wikinomics : "how mass collaboration changes everything"... L'intelligence collaborative... Et Pascott de citer de nombreux exemples... Les glandus se débrouillent dans leur coin... Pascott n'est pas le seul d'ailleurs à évoquer la chose... D'autres livres sont parus là-dessus aux USA : The wisdom of crowds; The wealth of networks : how social production transform markets and freedom; Infotopia : how many minds produce knowledge, etc...
Mais comme nous sommes toujours un peu à la bourre, on va certes s'y mettre, mais cela prendra bien 3 à 5 ans je pense...
Mon ami André-Yves Portnoff, philosophe de l'innovation s'il en est, m'a fait passé un texte qu'il prépare je suppose pour une publication dans un média traditionnel. Il m'a donné la permission de le publier... Vous le trouverez ici : Téléchargement obstacles_culturels_ayp.doc.
Il compare notre organisation colberto-énarchico-polytechnicienne avec celle qui pourait résulter d'une extension du Web 2.0.. Je dis extension car notre Web 2.0 est à l'oeuvre... Le mouvement est ténu mais quand même... Et j'en ai vu quelques spécimens ce week-end dans les Deux-Sévres "in the middle of nowhere"... J'ai en effet rencontré Monsieur Menard à Nueil les Aubiers... Ainsi que Françis Senceber et son épouse, qui ont ouvert une école Internet à Lageon dans une école désaffectée...

Dans un prochain post, je vais vous conter cette virée dans la Fance d'en Bas 2.0... Et si vous avez connaissance d'autres Menard dans votre coin, dites-moi...

Commentaires

azkart

Post intéressant (je ne conaissais pas la loi du 80/20) mais j'avoue ne pas saisir où vous voulez en venir. (A part dire q'il faut suprimer l'ENA.)

Thierry

En même temps, je vois mal Newton trouver la gravitation universelle par des méthodes collaboratives.

Et les "élites" françaises sont de nature démocratiques (un concours que tout le monde peut tenter de passer), alors que les élites "2.0", c'est du copinage et du clientélisme, surtout en France.

Et presque tous ceux qui gueulent contre les élites ont commencé par échouer à un concours, ce qui rend tout de suite leur position moins crédible: c'est de l'amertume déguisée.

Ceci dit, il ya des choses qui ne vont plus, effectivement.

Les élites sont névrosées (vrai partout, mais en France plus qu'ailleurs): http://www.wouarf.com/blogtk/index.php?2005/07/10/64-quelques-causes-psychologiques-de-la-nevrose-des-elites-francaises---et-quelques-consequences

Il y a une vraie crise morale des élites : http://www.wouarf.com/blogtk/index.php?2005/07/20/70-quelques-causes-morales-de-la-crise-des-elites

Les élites ont trop d'importance : http://www.wouarf.com/blogtk/index.php?2005/07/14/67-la-reproduction-des-elites

chmike

Le web peut effectivement être un outil pour informer et instruire servant ainsi la démocratie. Regardez par exemple ce document qui décrit l'évolution de la dette américaine.
[http://tinyurl.com/zb3x2]
L'équivalent Français serait sûrement très utile, surtout avant les élections.

Si on est maintenant bien équipé pour communiquer et publier sur Internet, on l'est beaucoup moins pour ce qui est de la détection et le filtrage de la désinformation. A méditer.

Anthony

Votre article est réellement très intéressant !
L'intelligence collaborative comme mode de gouvernance, peut on en arriver là ?
Je suis assez d'accord sur les conséquences tout à fait possibles du web 2.0 sur notre organisation sociale, mais j'ai parfois le sentiment que l'engouement pour le tout-participatif nous amène plus vers une utopie que vers une solution au problème posé ...

Olivier Ezratty

Derrière l'ENA et l'X, il y a un système rarement commenté qui fait perdurer les castes que tu décris. C'est celui des Corps de l'Etat. Ce sont de véritables castes dans lesquelles les élèves issus de ces écoles et de quelques autres entrent en nombre réduit, avec une très forte sélection à l'entrée, et qui garantit un statut, un emploi public et un salaire à vie. La plupart des postes de haut fonctionnaires sont réservés aux membres de ces Corps. Ils sont protégés par des "Conseils Généraux" comme celui des Finances, des Mines ou des Télécoms qui dépendent tous de Bercy. Il y a aussi le Conseil d'Etat, la Préfectorale, etc. Ce qui est le plus révoltant, c'est qu'un membre de ces Corps qui irait dans le privé, et se planterait, peut revenir dans son Corps d'origine et perçevoir un salaire (plusieurs milliers d'Euros nets par mois) sans même avoir de rôle opérationnel. C'est l'absence de risque pas excellence.

Pas mal de politiques sont passés par là, de droite comme de gauche.

On peut certainement revoir l'enseignement des écoles qui alimentent ces Corps. Mais c'est le fonctionnement des Corps qu'il faudrait regarder de près plus que celui de ces écoles.

Il y a deux réformes clés (au minimum):
- Arrêter ce système de postes protégés aux membres de tel ou tel Corps.
- Supprimer cette notion d'emploi à vie et sans risque pour les membres de ces Corps, notamment après un passage dans le privé (dit "pantouflage").

Thierry

@Olivier:
ce que tu dis n'es pas spécifique aux Corps, mais concerne la plupart des fonctionnaires. Ce n'est pas une caste, tout le monde peut y rentrer, mais la contrepartie bien comprise de l'excellence scolaire.

Ludovic

Article vraiment très intéressant !

Thierry

Lu la "table de Portnoff".

C'est d'une rare intolérance, mais effectivement, ça peut peut-être avoir son heure de gloire médiatique...

Dans mon précédent commentaire, je parlais de l'amertume déguisée de la plupart de ceux qui gueulent contre les élites - l'origine de cette oppposition étant à rechercher dans un échec aux concours. (A commencer par Bayrou, cité par Jean-Michel dans son billet, dont le fait qu'il ne se soit jamais remis de son échec à Normale est une des premières causes de bordel dans l'élection présidentielle actuelle. Si seulement Bayrou avait pu être admis à Normale, il aurait résolu suffisamment son complexe et serait devenu un technocate tout à fait comme les autres, je n'ai aucun doute là dessus).

Là, si j'osais, je parlerais bien de "Portnoff et son complexe" ! (http://www.amazon.com/Portnoy-son-complexe-Philip-Roth/dp/2070273377)

Benoît Granger

Et le revoilà qui s'énerve... Vous avez raison de simplifier pour vous faire comprendre, mais toutes les analyses en termes de dominants / dominés se sont toujours ridiculisées devant la complexité du monde réel. En d'autres termes : couper des têtes, oui, mais est-on sûr de couper les bonnes ?

(Exemple : la superbe et déjà ancienne analyse du moyen âge en trois "Ordres", et non en riches et pauvres, infiniment plus féconde que celle "classe contre classe" (sic) )

Puis-je me permettre de vous suggérer Braudel (la dynamique du capitalisme : c'est lu en 1 heure), ou même Hanna Arendt (c'est plus lourd !)

Mais sur le point de départ (delenda ENA), je suis évidemment d'accord !

Herve

Cher Jean-Michel, ce n'est pas si gentil de taper aussi dur sur nos elites. Tant l'ENA que l'X ont fourni des armées d'eminents scientifiques et de serviteurs consciencieux de l'etat, qui ne se sont pas sucrés sur le dos de la France d'en bas, et ont, dans leur grande majorité, contribué au développement et à la notoriété de notre beau pays: de Maurice Allais à Raymond Levy, d'Anne Lauvergeon à Augustin Fresnel, de Mandelbrot a Andre Citroen, de Pascal Lamy a Jacques Attali. Réduire l'elite nationale a une compagnie de "gros profiteurs", c'est tomber dans les clichés de fin de campagne...

Didier

Très intéressant.

En plus, je suis sûr que dans le nord Deux Sèvres vous avez très bien mangé !

lapeyre

Jean Michel FELICITATIONS !! tu as raison ... passons aux actes

Néa

Si nos élites se sont arrogé beaucoup de postes clés et ont laissé les porte clefs à 80% de la France profonde, mobilisons nos méninges et nos réseaux. Encore que, les scoubidous ont enrichi quelques profanes il me semble ? J'ai vraiment l'impression que cette loi de Pareto présente quelques faiblesses dans ce contexte où l'on parle par exemple, ou entre autre, de Long Tail. Ca je l'expérimente vraiment en ce moment, non pas lié à un secteur professionnel à proprement parler, mais plutôt en tant que mécanisme que j'appelle aussi mécanisme web 2.0 depuis que je fréquente ce blog. Un peu comme en physique, les lois ne sont plus efficaces à une autre échelle... Mais ne me demandez pas un cours la dessus, je ne suis ni physicien, ni enarque. Si quelqu'un peut l'expliquer avec ses connsaissances, que ça soit en termes économiques ou scientifiques ça serait intéressant.

Boris

Un modèle nouveau plus conforme aux attentes des individus fondé sur la participation et l'intelligence collective est en marche. Quand deviendra-t-il dominant ? Personne ne peut le dire. Quand une masse critique d'individus s'y tourneront sans doute. So it's up to us ! Et point besoin de révolution "sanglante".

Le bonne nouvelle il me semble c'est que nous avons acquis ces dernières années 2 leviers qui permettent à chacun de donner au monde une tournure plus conforme à ses attentes : le web et le développement durable.

Le développement durable de son côté nous fait prendre conscience que chacun de nos gestes compte et que cumulés les uns aux autres des milliers voire des millions de fois, ils constituent une force extraordinaire participant à créer des cercles vertueux ou au contraire des cercles vicieux destructeurs de notre environnement et par extension de notre économie et de notre condition sociale. Ex : éco-geste, éco-conception, le Défi pour la Terre de Nicolas Hulot

Le web de son côté lui, et notamment dans sa forme 2.0, nous fait prendre conscience que chaque personne pour peu qu’elle ait un accès à l’internet, a la possibilité de ne pas être seulement consommateur de contenus mais aussi de participer à leur diffusion et à leur production. Ex : YouTube, AgoraVox, Flickr…

Le moindre geste, le moindre clic et donc le moindre acteur est potentiellement en mesure de participer directement à la transformation du monde. Pour nous aider à apprécier cette nouvelle donne nous avons les concepts tels que l’effet papillon, la long tail ou encore le micro-crédit.

Cela m’évoque aussi la célèbre phrase de Ghandi « soyez le changement que vous souhaitez voir dans le monde ».

Il n’appartient qu’à nous d’utiliser délibérément les 2 leviers, développement durable et web 2.0, pour construire le meilleur.

Un exemple ? L’initiative 1 million de DVD pour la planète que j’ai lancé et qui participe à améliorer le monde « par le bas » sans attendre le réveil des institutions. Le site web bien que fonctionnel et recueillant des participations est sous sa version bêta. Lorsqu’il endossera pleinement une dimension web2.0 –je cherche des développeurs web dans cette optique- il n’en sera que plus convainquant.

http://www.1milliondedvdpourlaplanete.net

billaut

@Boris Et bien voilà un comment intéressant...
c'est dit je vais compter mes CD/DVD usagés et augmenter le compteur...
a votre avis le recyclage commencera quand ?

billaut

@Boris Et bien voilà un comment intéressant...
c'est dit je vais compter mes CD/DVD usagés et augmenter le compteur...
a votre avis le recyclage commencera quand ?

papi mougeot

Petite légende entendue dans les couloirs :
Il fut un temps ou si on se plantait en informatique, deux cas s'offrait à vous :
1) vous aviez choisi le bon fournisseur (big blue par exemple ...) vous aviez toutes les excuses
2) les ennuis commencent ...

Obligation de moyens versus obligation de résultats ...

André-Yves Portnoff

je suis bien évidemment d'accord avec jean-Michel, et toi aussi, Olivier, et toi Henri, mais certains commentaires me troublent. D'bord, Thierry, même en période électorale, éviter les attaques ad hominem, trop facile et pas sérieux. Ce qui est en cause, c'est l'avenir deu pays, le niveau de vie des gens, il n'y a pas à plaisanter. Ne pas comprendre le rapport entre travail collaboratif et Newton, c'est ignorer l'open source, la puissance des concepteurs de logiciels " libres", de Wikipedia, etc...Ne pas savoir ce qu'est une synergie, donc un partenariat: on a peu de ressources, donc il faut impérativement travailler en partenariat. Jean-Michel cite de bons auteurs. J'ai écrit qu'il fallait faire "la révolution d el'intelligence" en libérant la créativité de tous et plus de quelques-uns...en 1983, Olivier Ezraty s'en souvient, et que Thierry qui trouve que mon tableau est d'une "rare intolérance" lise bien ce qui suis: le co-auteur était un "X-Mines"!!!Mais cet X-Mines, aucun formatage n'étant parfait, ironisait sur "la suffisance de l'insuffisance" de beaucoup de ses camarades de promo....Alors, lui, il n'avait pas raté de concours! plutôt le contraire! moi non plus, je n'en ai pas raté, car je n'en ai pas tenté! Chacun choisit sa voie. Mais je ne me prévaut pas de mon grade universitaire (le troisième et plus haut) obtenu il y a 37 ans pour démontrer ma compétence éventuelle dans mes domaines d'activités qui n'ont rien à voir avec le sujet de ma thèse. ce serait idiot. pourtant, c'est ce que font les ENA-X jusqu'à la mort, et ce ne sont pas les personnes que nous critiquons, mais le système. Car voilà le vrai problème: le système qui était à peu près adapté hier ne l'est plus du tout aujourd'hui. J'ai relu par hasard un numéros de ma revue d'octobre 89 (oui 1989). On y disait déjà qu'il fallait "innover beaucoup plus" (rapport Y Farge,) faire de l'innovation culturelle (A Riboud), faire découvrir la technique aux chefs d'entreprises (pas seulement petites) Rocard proposait d'assimiler les frais d'information (abonnements..;)à des dépenses en formation, entreprise et Prigogine y faisait l'éloge des organisations turbulentes plus créatives que celles qui en sont restées à l'ordre statique du cristal parfait. Et nous voilà dans le collaboratif, une révolution pour le management des entreprises que l'on enseigne pas dans nos très grandes écoles. Révolution qui reste à faire. Alors, quel que soit le résultat de dimanche, rêvons que le prochain gouvernement sera lui-même Web2.0 et donnera en son sein l'exemple du travail collaboratif. Mais oui Thierry!
André-Yves Portnoff
la suite dans le n° de juin de Futuribles!

Boris

@JM Billaut : Merci ! Un CD ou un DVD est tellement peu encombrant qu’on finit par les accumuler sans s’en rendre compte même lorsqu’ils sont usagés. Je suis sûr que vous finirez par en trouver plusieurs. Mettez les bien de côté chez vous une fois déclarés au compteur. Au besoin rien ne vous empêchera de les ressortir pour effrayer les moineaux dans le jardin ou comme dessous de verre à l’apéritif ;-)

Quand la quantité sera-t-elle atteinte ? Et bien … le site web a été lancé il y a 3 mois et comme vous l'avez vu cumule à ce jour 20185 CD / DVD usagés. 1 million c'est encore loin … et proche à la fois. Car nous sommes sans doute plusieurs millions en France à détenir au minimum au moins un CD ou DVD usagé chez soi… le calcul est simple donc. Dans le meilleur des cas, je pense que le million pourrait être largement dépassé et pourquoi pas plusieurs fois sans doute. L’initiative plaît beaucoup et il suffirait de lui donner une visibilité suffisante pour que le compteur décolle. Jusqu’à lors je m’occupe de sa promotion du mieux que je peux le soir. Une dizaine de site / blog à l’audience plus ou moins importante ont en parlé à ce jour. Un site / blog de très grande notoriété et même les médias seraient les bienvenues.

Concernant maintenant l’évolution du site web 1 million de DVD pour la planète, je cherche une entreprise ou un développeur qui souhaiterait transformer la version actuelle du site sous une version nouvelle plus « pro » et au couleur du web 2.0 (flux rss, Ajax, Google maps, widgets…). Il pourrait devenir une vitrine de ce qui se fait de mieux en la matière.
Je lance un appel à la communauté des internautes et à celle du web 2.0 : pouvons nous montrer que nous sommes capables de nous investir pour une bonne cause ? Le web 2.0 autrement appelé « web participatif » peut-il concrètement participer à la bonne marche de notre monde ?
Mais n’en parlons pas, agissons en faisant au minimum grimper le compteur du site. Merci.

André-Yves Portnoff

je suis bien évidemment d'accord avec jean-Michel, et toi aussi, Olivier, et toi Henri, mais certains commentaires me troublent. D'bord, Thierry, même en période électorale, éviter les attaques ad hominem, trop facile et pas sérieux. Ce qui est en cause, c'est l'avenir du pays, le niveau de vie des gens, il n'y a pas à plaisanter. Ne pas comprendre le rapport entre travail collaboratif et Newton, c'est ignorer l'open source, la puissance des concepteurs de logiciels " libres", de Wikipedia, etc...Ne pas savoir ce qu'est une synergie, donc un partenariat: on a peu de ressources, donc il faut impérativement travailler en partenariat. Jean-Michel cite de bons auteurs. J'ai écrit qu'il fallait faire "la révolution de l'intelligence" en libérant la créativité de tous et plus de quelques-uns...en 1983, Olivier Ezraty s'en souvient, et que Thierry qui trouve que mon tableau est d'une "rare intolérance" lise bien ce qui suit: le co-auteur était un "X-Mines"!!!Mais cet X-Mines, aucun formatage n'étant parfait, ironisait sur "la suffisance de l'insuffisance" de beaucoup de ses camarades de promo....Alors, lui, il n'avait pas raté de concours! plutôt le contraire! moi non plus, je n'en ai pas raté, car je n'en ai pas tenté! Chacun choisit sa voie. Mais je ne me prévaut pas de mon grade universitaire (le troisième et plus haut) obtenu il y a 37 ans pour démontrer ma compétence éventuelle dans mes domaines d'activités qui n'ont rien à voir avec le sujet de ma thèse. ce serait idiot. pourtant, c'est ce que font les ENA-X jusqu'à la mort, et ce ne sont pas les personnes que nous critiquons, mais le système. Car voilà le vrai problème: le système qui était à peu près adapté hier ne l'est plus du tout aujourd'hui. J'ai relu par hasard un numéro de ma défunte revue d'octobre 89 (oui 1989). On y disait déjà qu'il fallait "innover beaucoup plus" (rapport Y Farge,) faire de l'innovation culturelle (A Riboud), faire découvrir la technique aux chefs d'entreprises (pas seulement petites) Rocard proposait d'assimiler les frais d'information (abonnements..;)à des dépenses en formation, et Prigogine y faisait l'éloge des organisations turbulentes plus créatives que celles qui en sont restées à l'ordre statique du cristal parfait. Et nous voilà dans le collaboratif, une révolution pour le management des entreprises que l'on n'enseigne pas dans nos très grandes écoles. Révolution qui reste à faire. Alors, quel que soit le résultat de dimanche, rêvons que le prochain gouvernement sera lui-même Web2.0 et donnera en son sein l'exemple du travail collaboratif. Mais oui Thierry!
André-Yves Portnoff
la suite dans le n° de juin de Futuribles!

Thierry

@André-Yves:

1) Le propos sur "le complexe de Portnoff" était juste une boutade. S'il était blessant, je te prie de bien vouloir m'en excuser. Ce n'était vraiment pas mon intention.

2) Derrière les "énarques" ou "polytechniciens" que tu attaques au seul prétexte qu'ils ont décroché ce diplôme, il y a aussi des hommes. Ce n'est pas du tout un groupe compact et uniforme. En plus, le cas des énarques est radicalement différent de celui des polytechniciens.

2 bis) L'amertume déguisée qui est souvent à la source de tous les combats soi-disant "bien intentionnés" contre les élites est une réalité statistique, pas une vérité universelle.

3) Il n'y a justement aucun rapport entre "travail collaboratif" et Newton. Newton a travaillé dans son coin, à une époque où le niveau à Cambridge était une vraie cata. Il a attendu des années avant de publier ses découvertes les plus importantes... C'était tout sauf un "chercheur 2.0" et le génie a aussi une grande part solitaire, pour certains, il n'est même que ça. Ce que j'ai voulu juste dire, c'est que le Web 2.0 n'a pas fait ses preuves - le fera-t-il un jour ? - dans le domaine de la découverte : il n'est nullement prouvé que les intelligences s'additionnent. Idem pour Wikipedia, dont tout le monde se gorge, mais qui reste d'un niveau très faible (pour moi, c'est un peu le "Quid" de l'Encyclopedia Universalis).

4) Mes prises de position ne viennent pas, je le pense en tout immodestie, d'un déficit de compréhension du phénomène "Web2.0".Je "vis" dedans tous les jours, je pense voir de quoi il s'agit. Je suis aussi en phase quand tu dis que les élites à la française sont un modèle aujourd'hui non adéquat, peut-être dépassé . Problème: tu le remplaces par quoi ? La sélection au bagoût ? la sélection par le copinage ? par l'argent ? la loi du plus fort ? Autant de modèles pires que le mal, à mon avis, dans la société française.

5) Bravo pour Futuribles. C'est vraiment bien et c'est en train de remplacer pour moi "Forign Affairs" ( je sais, ça n'a rien à voir, mais qd même).

Philippe Monteil

@André-Yves

merci d'avoir brillamment répondu aux réponse ultra-stéréotypées, et saoulantes, de certains au propos initial de Jean Michel.

Il semble cependant que ces playdoyers pour plus de créativité, de fluidité dans les organisations, de travail en coopération ne soit guère entendu dans notre pays en ce moment.
Il s'y exprime un triste et rétrograde besoin d'ordre pour l'ordre, de soumission à un soit disant homme providentiel capable de tous les 'bagouts', de mesquinerie revancharde...

Philippe Monteil

André-Yves Portnoff

Merci Philippe de cet encouragement. Hélàs tu as raison. Je viens de parler avec un cadre supérieur d'une grande et belle entreprise qui témoigne de la tendance du management à tout formater, automatiser, hommes y compris, avec les résultats désastreux que l'on imagine sur la créativité, la compétitivité, confondue par nos économistes avec la productivité. Un autre cadre sup me disait que l'on a honte de devoir rappeler des évidences, que les gens travaillent mieux quand on les traite comme des êtres humains, quand on les écoute, quand on leur laisse un espace de liberté. Thierry, je ne sais qui tu es, X ou Ena ou pas, peu importe, mais rassure toi, le complexe de Portnoy, j'ai fait la plaisenterie avant toi...Je n'ai pas ce genre de complexe, je me bats donc à visage découvert et je signe ce que je dis, tu peux d'un coup de Google trouver 20 articles et je suis prêt à t'en passer d'autres, va donc sur le site www.futuribles.com ou même télécharge sur celui du medef (mais oui!!!)www.medef.fr/main/core.php?pag_id=101592 une méthode qui répondra en partie à ta question, par quoi remplacer le mauvais management bureaucratique et statique qui a triomphé en terme de terrain occupé, mais qui échoue chaque jour face à la concurrence, et c'est nous qui payons. En un mot, il faut faire "le pari de l'intelligence " des gens, avant que Ségolène use de l'expression,j'en ai fais le titre d'un petit livre que tu trouveras chez Futuribles, lecture qui te manque. En effet, si tu n'as pas compris la force du partenariat et la nécessité de libre communication pour la créativité, c'est grave. Mais beaucoup de jeunes croient que l'innovation n'existait pas avant Internet, que les réseaux, c'est numérique, et confondent (les anciens aussi) découverte et innovation. Newton a "découvert" la gravitation, malgré ses croyances naives en la magie (encore très répandues chez nos élites diplomée, cf Ambroise Roux!!)mais s'il n'y avait eu communication donc réseau entre les intelectuels européens du XVII, sa découverte ne serait pas connue et n'aurait ensemencé rien. On pourrait continuer longtemps, l'important, c'est persuader les uns et les autres que le caporalisme bureaucratique et la société du mépris sont contre-productifs. On revient à ce que Jean-Michel a dit. ce n'est pas une facilité, c'est du courage. J'aimerais, Thierry l'inconnu, t'en avoir persuadé!
André-Yves Portnoff
www.futuribles.com

André-Yves Portnoff

Suite mais pas fin: Je viens de publier sur le Journal du Net la traduction de mon tableau, qui va complètement dans le sens de Jean-Michel:http://www.journaldunet.com/expert/11731/web2-0-la-ligne-maginot-culturelle.shtml
Un passage que je n'ai pas commenté est celui où Jean-Michel dénonce les patrons qui se sucrent. Ce que les citoyens - salariés supportent le moins, c'est l'injustice. Comment les persuader dans ces conditions de travailler!!!Un bon management est un management équitable. D'où le succès des coopératives ouvrières basques espagnoles.
André-Yves Portnoff
Futuribles

Thierry

@André-Yves,

Ca veut dire, si je lis entre les lignes, que je ne signe pas ? Tous mes commentaires sont bien signés et arrivent sur mon blog. Tu peux cliquer, même si c'est une démarche un peu trop 1.0.

Il y a une différence entre comprendre "l'utilité de la libre communication pour la créativité" (soyons clairs, dit comme ça, c'est une banalité) et chanter des louanges béates à la gloire du Dieu Web 2.0 et surtout, imputer tout ce qui ne va pas aux soi-disant "élites".

Ce qui me gêne, c'est l'aspect excessif, presque totalitaire de tout ça.

Bref, ce n'est pas aussi simple. Tu peux aller sur la partie "Elites" de mon blog (www.wouarf.com/blogtk) et en particulier http://www.wouarf.com/blogtk/index.php?2005/07/20/70-quelques-causes-morales-de-la-crise-des-elites pour une analyse peut-être plus équilibrée de ce que tu appelles "caporalisme bureaucratique" et de son utilité (parfois).

Carl

@ Jean Michel, article très intéressant et tellement vrai!
Il ne faut pas faire de généralités (car après l'éducation, il incombe à la responsabilité de chacun de se conduire en être humain, et non pas en robot), mais je pense qu'au dela des écoles c'est le système de ""l'excellence"" française (connaissance empirique 0, des entrepreneurs qui commencent direct en haut (cad le contraire de l'entrepreneur)) qui me semble totalement archaique:
J'ai travaillé quelque mois à Berkeley (en stage dans une entreprise, et non pas comme étudiant, pour tout esprit inquisiteur qui voudrait vérifier), et je peux dire que mes potes étudiants et travailleurs là bas n'avaient rien à voir avec le snobisme que l'on peut rencontrer dans certaines écoles parisiennnes. Je rappelle
que sous le classement de Shangai, Berkeley est la 4eme école (sit tu pouvais le rajouter dans ton billet, car c'est tellement amusant), et que la premiere francaise est à la 45 eme place, c'est une université, pas une grande école... Je me rappellerai tjrs à Berkeley : un étudiant travaillant en neurologie sur une thèse "comment reconstruire les nerfs" (ou quelque chose dans le style), ou encore un ancien chomeur agé de 50 ans dans la boîte où je bossais qui avait refait ses études pour devenir ingénieur....
Mais j'oubliais, quand je n'ai pas voulu essayer de faire ces écoles françaises, on m'avait pourtant dit au lycée que je finirai balayeur et que je me gachais, car il ne faut pas oublier non plus la pression faite dans les beaux lycées français pour faire partie de ce système d'excellence, quand je relis des ouvrages des lumières (oui oui, je ne suis pas passé par ce système mais ca m'arrive de lire, sisi on peut) je ne peux m'empecher de me dire que ce ne doit pas être ça qu'espérait ces grands penseurs pour la France, et de me demander ce qu'écrirait Voltaire de nos jours!

billaut

@Carl
"il incombe à chacun de prendre ses responsabilités"... oui peut être, mais un fois cablés par le système il est trés difficile pour un Homo Sapiens de se décâbler...
Dans cette affaire il y a aussi de la faute des parents (enseignants et autres) qui poussent leurs gamins à suivre la voie de l'excellence gauloise...

André-Yves Portnoff

@Thierry en effet pas anonyme...Si tu avais vécu un peu dans un pays "totalitaire" tu serais plus prudent en utilisant ce mot. Je ne chante pas les louanges du Web2.0 mais de ses caractèristiques les + positives, communication, interactivité, collaboration, personalisation. Si tu me connaissais mieux, tu saurais que je présente à propos des TIC toujours deux scénarios, l'humaniste-droits de l'homme-créativité et l'autre, big-brother-centralisme-marchandisation-"la voix de son maûtre", en ajoutant que les deux tendances antagonistes s'affrontent en permanence dans un équilibre dynamique fluctuant. Le lien créativité-liberté n'est en rien une banalité, puisque le régime capitlistico-esclavagiste chinois l'ignore, et que le mode de management dominant de nos entreprises et administration en fait autant au nom de la taylorique= productique+taylorisme...Bon dimanche à tous
A-Y P

Melchior

Thierry> dire que les "élites françaises" sont de nature démocratique, c'est simplificateur, non ?

Si on regardait les statistiques sur l'origine sociales des énarques, on devrait s'apercevoir que bien peu sont issus de la France d'en bas. C'est là que le système est vicieux.

Je rejoins Jean-Michel sur la condescendance de ces gens là, qui finalement de leur naissance à leur mort ne connaissent pas d'autre vie que celle où il se font servir. Pour l'anecdote, il m'est arrivé de travailler pour un polytechnicien, médaillé du mérite, et de la légion d'honneur, qui à bientôt 60 ans ne savait pas faire une réservation de chambre d'hotel....évidemment, il n'avait jamais eu à faire celà par lui-même. J'exagère un peu, mais pas tellement.

On peut parler d'ascenceur social, mais dans les faits, une personne qui part de rien arrive rarement à intégrer les élites. Les "success stories" qu'on nous vend à la TV n'en sont pas, car la vérité, c'est que c'est seulement lorsque tu as de l'argent et des réseaux haut placés, tu arrives où tu veux : facile, tu peux acheter toutes les compétences dont tu as besoin. Des gens issus des couches populaires, qui partent du smic, et qui arrivent en haut il n'y en a que très peu.

C'est pourquoi je nuancerai l'enthousiasme de Jean-Michel sur le Web 2.0. Certes, lorsqu'un concept est nouveau, on est bien obligé de laisser la main à ceux qui l'on créé. Mais un temps seulement. Même si la règle du jeu change, ceux qui ont l'argent et le pouvoir reprendront les rennes en se plaçant au sommet des réseaux sociaux d'influence. C'est là qu'est l'enjeu du nouveau web, et de la même façon que l'on maîtrise l'opinion grâce à la TV, on le fera sur le net. D'ailleurs, vous remarquerez que les principales audiences vont aux groupes média traditionnels.

Xavier Dalloz

En fait, Jean-Michel résume simplement ce que les rapports Pébereau, Camdessus, Albert, Jouyet, Blanc, Beffa ... et tous les autres ont expliqué en détail au cours de ces dernières années!!

Thierry

@Melchior:
Les élites sont de nature démocratique, c'est un fait.
ca ne veut pas dire que le système n'est pas biaisé: il l'est évidemment. Le biais n'est pas forcément l'injustice, il est sans doute inévitable dans tout système de sélection. Exemple: les meilleurs sportifs sont souvent des enfants de sportifs (Djorkaeff, Noah, Clijsters...) pourtant personne n'attaque la sélection sportive car elle est évidemment incontestable.
Remplace, en France, la sélection par l'école telle qu'elle existe et tu auras piston, clientélisme, copinage, sélection par l'argent, j'en suis persuadé.

Il n'empêche que je suis évidemment conscient des problèmes, des excès du système de sélection français.

Thierry

Toujours @Melchior:
Tu écris : ". Les "success stories" qu'on nous vend à la TV n'en sont pas, car la vérité, c'est que c'est seulement lorsque tu as de l'argent et des réseaux haut placés, tu arrives où tu veux : facile, tu peux acheter toutes les compétences dont tu as besoin"
Or devenir X ou ENA, ce n'est PAS DU TOUT une question de réseau mais d'excellence scolaire. Au contraire, en supprimant cette forme de sélection, c'est là où tu donnes de l'importance au réseau, au piston, ce qui est beaucoup plus injuste.

Bernard

@Thierry:
Tu as raison en indiquant "Or devenir X ou ENA, ce n'est PAS DU TOUT une question de réseau mais d'excellence scolaire. Au contraire, en supprimant cette forme de sélection, c'est là où tu donnes de l'importance au réseau, au piston, ce qui est beaucoup plus injuste."
Toutefois il me semble qu'il y a une nuance: l'accès à l'excellence scolaire n'a pas le même degré de facilité pour tous, et d'une certaine façon le parcours scolaire se trouve de fait pré-déterminé -non au sens de la génétique dont notre nouveau président s'est proclamé expert, mais au sens des différences sociales.
Et oui -c'est vrai qu'un fils d'ouvrier ou de (petit) agriculteur, lorsqu'il est en prépa, au autant de chances de réussite aux concours qu'un fils d'avocat, d'ingénieur ou d'enseignant (quoique...), et c'est effectivement tout à l'honneur de notre système de concours.
Mais ne nous voilons pas la face: l'ascenseur républicain est en panne, et pour arriver en prépa en étant enfant d'ouvrier, il faut aujourd'hui ramer sacrément plus qu'en étant enfant de cadre sup!
Je pense que le système de sélection lui-même, depuis la prépa ou équivalent, est effectivement un système juste et qui en effet élimine le piston. Ne reste plus qu'à vérifier qu'en amont l'alimentation de l'enseignement supérieur respecte la même égalité des chances.
Indépendamment des principes moraux, cette égalité des chances, cette multiplicité des "sources" est ESSENTIELLE pour engendrer toute la richesse (intellectuelle, innovation, philosophique, monétaire) possible: tôt ou tard, le piston a pour conséquence qu'à certains postes on nomme quelqu'un selon un autre critère que sa compétence, et que donc on ne met pas tous les atouts de son côté.
Bref: le mécanisme de sélection des élites EST juste et équitable MAIS le processus amont ne l'est pas.
Les initiatives du type de celles de Sciences Po et plus généralement de soutien scolaire par des étudiants du supérieur sont donc un processus important pour relâcher ce collet qui va nous étrangler.
En ce qui concerne l'aval et ce qui se passe après la sélection... c'est un autre billet.

Bernard

Sur l'aval du processus de sélection, l'opinion d'Olivier et la discussion qui en a suivi sont en effet des éléments qui sont généralement peu connus.
Nos fonctionnaires, qu'ils soient ou non sortis de nos grandes écoles, se trouvent dans une position très privilégiée: l'assurance échec.
Mise en disponibilité, détachement et autres mises à disposition garantissent le retour des enfants prodigues au sein de l'administration. Prodigues le plus souvent de leurs efforts, parfois prodigues de "notre" argent, ils disposent comme tout cadre dirigeant de haut niveau d'un parachute en or... que certes on peut considérer avec indulgence lorsqu'il résulte d'une réussite, mais plus méchamment lorsq'il protège un échec DONT LE DIRIGEANT NE SUPPORTE PAS LES CONSEQUENCES.
On peut se poser des questions sur la moralité de ces "greedy managers" qui trouvent normal que leurs échecs ne les sanctionnent pas, assurés qu'ils sont de revenir dans leur "Corps" ou de toucher un gros chèque. Lesquelles assurances leur sont fournies et garanties non par des observateurs objectifs, mais par des pairs dans la même situation qu'eux et qui soit renvoient l'ascenseur... soit s'assure qu'il leur sera renvoyé.

Thierry

@Bernard:
Il est tout à fait inévitable que les enfants de cadres sup "rament" moins pour réussir leurs études que les enfants d'ouvrier. Je ne me prononce pas sur le côté génétique ou acquis de cette différence d'aptitude.

De façon ultime, la seule façon de lutter efficacement "le plus en amont possible" contre ce biais, qui n'est pas une injustice, c'est d'enlever les enfants à leurs parents dès le plus jeune âge - ce qui est une mesure inhumaine.

Il faut sortir aussi du biais qui consiste à dire qu'avoir tel ou tel diplôme est un critère absolu de réussite. Le pb n'est pas vraiment que les enfants des diplômés le deviennent plus facilement, il est plutôt que sans "gros" diplôme, en France, peu de salut.

Quant à la discrimination positive, à la science-po, c'est une mesure éthiquement contestable, justement parce qu'elle tente de rétablir l'égalité de façon injuste, inappropriée, mais surtout c'est une mesure hypocrite. Ce n'est pas à Sciences-Po qu'il faut tenter de corriger les biais, mais dans les petites classes, là où le vrai écart se fait massivement.

J'étais étudiant à Stanford au temps de la discrimination positive et le principal résultat, c'est que les entreprises hésitaient à embaucher les noirs parce qu'elles ne savaient pas s'ils avaient eu le diplôme à cause de leur couleur ou de leur qualité. Les étudiants eux-mêmes ne savaient pas ce qu'il en était, d'où des situations confuses et gênantes. Pendant ce temps, la grande masse des enfants noirs restait formée dans des écoles de qualité inférieure. C'est dans les banlieues qu'il faut rétablir l'excellence scolaire.

Philippe

Avez-vous vu ces pubs récentes pour un groupe de casinos sur les TV du câble, du satellite, et les chaines privées de la TNT (Partouche)?
Cherchez un peu, c'est une attaque en règle contre le jeu réglementé par les gouvernements, avec derrière des intérets financiers énormes soutenus par divers traffics d'influence.
Pourquoi ces pubs: les résultats des casinos stagnent, ils veulent s'en prendre au monopole du PMU et de la Française des Jeux. Seule restriction que les exploitants de jeux (casinos et Française des Jeux, et PMU) ont accepté: l'interdiction aux mineurs avec contrôle d'identité, mais en échange, une libéralisation totale sur tous les supports, y compris l'internet.

Qui se cache derrière ce groupe "Partouche", des amis d'un homme politique récemment élu, groupes propriétaires de chaines d'hôtels et du luxe... D'ailleurs il suffit de voir la liste des amis de cet élu: ilssont tous sur les promos de ce groupe quiexploite des jeux partout: sur le net, sur les téléphones mobiles, etc....

Voilà comment on veut faire revenir les riches en France: comme des touristes.
Avantage: c'est le meilleur moyen pour l'Etat d'obtenir de l'argent par les taxes sans que personne ne proteste, puisque c'est connu que les joueurs ne font que perdre au jeu, et les gagnants sont exonérés mais largement incités à rejouer leurs gains.

Alors la France, bientôt un casino géant pour attirer les capitaux... des millions de touristes qui la visite? Mais ça ne suffit pas: voilà que le ministère de l'intérieur autorise la construction de casinos géants pour les pauvres dans les très grandes ville (construction en cours à Lille).

La prohibition du jeu est finie. On sera prié de dépenser sont argent en pure perte et en étant content en plus...

Serge Cheminade

Entre l'élite et les glandus...la loi de Pareto s'applique de moins en moins. Cette loi s'applique aussi de moins en moins dans tout. Je suis donc d'accord. Internet apporte une réelle révolution. Cette révolution est réalisée pour certaines entreprises voir : http://www.journaldunet.com/0703/070326-net-long-tail-definition-solution-outils-longue-traine.shtml

Ce qui est vrai pour les produits l'est aussi pour les hommes, leurs idées, leurs entreprises... C'est vrai que cela est moins facilement mesurable, du moins pour l'instant, mais la révolution est en marche. Avant Internet difficile de faire connaître ses idées, sa petite entreprise au-delà d'un petit cercle d'amis, de communes. Aujourd'hui Internet bouleverse la donne à condition qu'il soit utilisé correctement. Construire un site Internet en pensant que le monde entier va venir le voir ou au moins que tout ceux qui pourraient être intéressés vont venir le voir est complètement stupide.

Il faut donc aussi mettre en place des moyens pour se faire connaître. J'en profite pour signaler que sur mon portail je viens de mettre en place un annuaire professionnel entièrement gratuit qui permet d'ajouter des textes et des liens et ce au niveau de pages liées à des communes française. Pour en savoir plus sur ce service voir : http://www.orvinfait.fr/annuaire_professionnel_gratuit.html

Mon portail propose également plusieurs centaines de flux d'actualités http://www.orvinfait.fr/rss/index.html. Il a aussi des visiteurs (plus de 700 000 pages vues par les internautes pour le seul mois de février 2007) qui peuvent donc devenir des clients des entreprises qui s'inscriront dans mon annuaire.

Les services comme les miens vont forcément permettre aux petites entreprises de mieux se faire connaître. L'exemple de monsieur Menard est bien car il montre que grâce à Internet, le chiffre d'affaires des petites entreprises peut augmenter. Derrière cette augmentation du chiffre d'affaires il y a bien sûr des emplois. Cela va inévitablement changer le rapport entre le total chiffres d'affaires des entreprises les plus importantes et le total du chiffre d'affaire des petites entreprises. La loi de Pareto va ainsi devenir fausse dans ce domaine comme dans bien d'autres. (Pouvoirs, idées, richesses...).

Pascal

le premier Français, à la tête de notre pays, n'est ni un enarque ni un x.

billaut

@Pascal... c'est ce qui fait que l'on va peut etre s'en sortir...

Bernard Savonet

@Serge
"la loi de Pareto s'applique de moins en moins. Cette loi s'applique aussi de moins en moins dans tout."
Je pense que c'est totalement faux. Et le mécanisme de la "longue traîne" en est en fait le meilleur exemple: on tape dans les 80% qui ne génèrent que 20% du CA / buzz / trafic mondial, et l'on y crée une "niche mondiale" qui, du fait de la couverture permise par internet... aboutit quand même à une population fort respectable, que l'on ne purrait pas toucher sans Internet.
Le point important dans les mécanismes de type Pareto ou longue traîne, c'est qu'ils permettent de comprendre les sources de diversité ET la richesse qu'elles peuvent permettre. Ou, dans le cas des scrutins majoritaires, à comprendre comment se trouvent accentués et amplifiés les processus.

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