André-Yves Portnoff et Hervé Sérieyx ont commis un livre au titre sulfureux : Aux Actes Citoyens !. Sous-titre : "de l'indignation à l'action"... Malheureusement pour ce e-billautshow, l'ami Sérieyx n'a pu se joindre à nous... Mais André-Yves va vous convaincre avec grande passion qu'il faudrait quand même se bouger le popotin... Nous les petits et les sans-grade...
"Nous allons à la catastrophe... Et nos élites pensent que cela peut continuer comme cela"... Mais à force de vendre du vent : on récolte la tempête...
Faut-il donc s'immoler par le feu pour faire le printemps de l'Europe ? Que nenni...
Chacun de nous peut agir en citoyen... et prendre des initiatives...
Quelles sont les régles du jeu à changer ?... Allons : pas de discours de curé : André-Yves et Hervé sont allez voir en terre gauloise comment cela peut marcher... ...Et ils ont trouvé des entreprises qui se développent trés bien, qui n'ont rien délocalisé... Elles appliquent 3 régles simples qu'André-Yves détaille.
On dit que l'on ne peut plus produire en France ... Cela est faux !... Et André Yves nous montre ... une pince à linge (auvergne) ... une chaussure de dame (prés de Cholet)... du fil pour les rôtis (Alsace)..
Comment, selon lui, les choses vont-elles évoluer avec le mouvement des indignés qui s'étend dans le Monde ? "Exaspération de plus en plus grande face à la différence entre ce que gagne les plus riches et ce que recoivent les plus pauvres... Exaspération saupoudrée avec une grosse pincée de ras-le-bol de la spéculation sur le vent et le très court terme..
Rupture donc entre l'économie que les ultra-financiers ont récupérée, et l'attente de plus en plus importante des populations pour une économie "plus humaine", si tant est que cela puisse exister sur cette Terre... De plus nous entrons dans une période d'élection. Et le temps des élections (court terme) n'est pas le temps des constructeurs (long terme).
Comment donc dans ce bazar, appréhender l'Internet et les outils du 2.0 ? "C'est grâce à l'Internet et au téléphone portable qu'il y a eu cette vague de liberté dans le monde arabe, et que le mouvement des indignés se répand partout.."
La société web 2.0 donne du pouvoir aux citoyens et aux petites entreprises. Lesquelles, pour André-Yves, ne doivent surtout pas grossir !.. Pourquoi ? De plus, il nous faudrait un Small Business Act à l'américaine... Un vrai Small Business Act... Pourquoi n'en avons nous pas un en Europe ? L'explication d'André-Yves est édifiante...
Par ailleurs nos entreprises qui réussissent, se vendent à nos concurrents étrangers : "Nous subventionnons donc les conccurents (Ilog se vend à IBM, Priceminister à Rakuten, etc..").
"Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment que nos dirigeants deviennent éclairés"... Alors que faire ? Simple pour André-Yves...
Et il termine par une jolie phrase : "Nos grands esprits négationnistes cherchent des explications pour justifier leur aveuglement..." Qu'on se le dise !
Commentaires au débotté... Décidément il souffle en ce moment en Gaule un doux zéphir d'indignation avec la petite jacquerie d'août dernier du Ruraltic d'Aurillac, avec le livre de nos amis, et le prochain coup d'etat 2.0, etc.. Personnellement, je ne peux être que d'accord avec tout cela ...Quelques élucubrations...
1/ On m'a demandé de traiter au TEDx d'Angers de "l'économie humaine".. Personnellemnt je ne pense pas que l'économie puisse être complétement humaine... Loin s'en faut... Nos ultra-libéraux nous montrent qu'ils n'y tiennent pas, mettez-vous à leur place !... Et si l'on remonte plus loin dans le temps, notre Révolution Agricole n'a pu se faire qu'avec le développement de l'esclavage (probablement 25% des populations humaines de l'époque). Ce qui n'est pas à proprement parlé une économie que l'on peut qualifier d'humaine.. De même, notre Révolution Industrielle n'a pu se faire qu'avec le développement du prolétariat.. C'était certes un peu mieux que l'eslcavage.. Mais quand même..
2/ Asticoter les élites en place comme le font nos auteurs... C'est bien.. Mais ce n'est pas pour autant que les dites élites vont se remettre en question... Ce ne sont pas elles qui vont réformer le pays. Comme dit André-Yves il faut que le mouvement de réforme viennent d'ailleurs... Et cet ailleurs existe aujourd'hui à mon sens dans notre pays : à savoir nos startups que je vois tous les jours devant ma webcam... Mouvement que nos amis ne traitent pas dans leur livre.. En fait, à bien y réfléchir, il faut une stratégie de tenaille... d'un côté asticoter l'élite, de l'autre favoriser le mouvement 2.0...
3/ Ré-industrialiser la France c'est bien.. Cela va donner des emplois.. Mais il y a un mais, qui va nous tomber sur le coin de la figure dans les 20 ans qui viennent...Car les robots humanoïdes arrivent ... De futurs esclaves qui vont prendre le boulot des biologiques.. Et là, dans notre beau Royaume, personne n'en parle... La crise d'aujourd'hui - si tant est que nous arrivions à la surmonter - va être suivie d'une rupture colossale... Nos braves patrons du Medef vont embaucher ces esclaves d'un nouveau genre vu qu'ils ne seront pas syndiqués, qu'ils travailleront 24/24 h, qu'il ne tomberont pas malades, etc.. Productivité oblige.. De plus en plus de biologiques vont donc se retrouver au chômage.. Moins de revenus, moins de consommation ... Qui va acheter la valeur ajoutée créée par les robots ? Comment va-t-on régler la chose Monsieur Attali, DHL, etc ? .. Z'avez une idée ? L'Humanité face ses technologies...
4/ La France est loin d'être out comme le pense notre Archevêque 1.0 national.... Et pas besoin d'aller au CES de Las Vegas pour devenir le pivot de l'économie numérique mondiale... La France 2.0 se met en place actuellement... Nos startups sont en train de reconfigurer, de réorganiser le système économique en-dehors des schémas technocratiques de nos élites... Et rien n'arrêtera ce mouvement... Mais naturellement si nos belles startups se font racheter par des estrangers, comme le souligne André-Yves, cela sera un coup pour rien ... Mais peut-être que le mouvement pourrait s'inverser ?.. Pourquoi n'est-ce pas nous qui achéterions des startups étrangères ?
Pour contacter André-Yves Portnoff : andre-yves.portnoff(arobase)wanadoo.fr
© Une production du Billautshow - the video for the rest of us - the e-billautshow : the french worldwide hub


Merci Merci de ce post
J'ai déjà retweeter
Effectivement, agisssons chacun à notre niveau et surtout maintenant.
Rédigé par : Claude | 22/10/2011 à 18:46
Un seul mot: génial ! Un « message » d’utilité publique !
Merci à André Yves et à son « compère »
Continuez, Messieurs, à nous « éduquer » et à nous "piquouser" à l'enthousiasme 2.0 ;-)
Rédigé par : Pierre Ygrié | 22/10/2011 à 19:47
Ce livre a enchanté mon été. Pas assez de presse enthousiaste, Dommage, mais A.Y et H.S nous collent au boulot. Plus difficile que de s"indigner", sans doute!:-) En tous cas mille bravos pour votre présentation ( et votre pv du séjour à La Réunion, hyper drôle à lire). El
Rédigé par : Evelyne Lehalle | 22/10/2011 à 22:55
@Evelyne... sont bons les e-papies... et merci de votre appréciation sur mon compte rendu de voyage à la réunion...
et portnoffisons notre économie... avec une pincée de sérieysison pour relever le plat...
Rédigé par : Billaut | 23/10/2011 à 08:19
Intarissable, le André-Yves! JM en est resté bouche bée! J'ai assisté à des confs de Hervé, ils doivent faire un concours, ...... si on les avait eu ts les 2 il eut fallu dépasser l'heure ;-)
Sur le fond, excellent, mais ce qui m'inquiète (un peu), c'est que je tenais moi-même ce langage il y a quelques (dizaines) d'années, dans un contexte différent, d'accord, mais rien n'a été changé devant la main mise de la Finance.
J'en ai vécu des changements! et à chaque fois la Finance tirait son épingle du jeu à son profit.
Une difficulté donc que je vois, c'est la pérennisation de toute évolution favorable au peuple face au Pouvoir de l'Argent.
Rédigé par : Gérard | 23/10/2011 à 12:10
@Gérard... Déjà avec un cela a été difficile de s'arrêter... Et s'ils avaient été deux .. en plus le deuxième venait avec sa guitare...! Le billautshow copie l'Olympia...!
Pérennisation certes... c'est toujours comme cela... la seule façon de s'en sortir c'est de faire un 1789... mais probablement que cela recommencera aprés... c'est le virus des sociétés humaines...
Rédigé par : Billaut | 23/10/2011 à 17:21
Pierre, ce que tu fais chaque jour est d'utilité publique, ton jugement compte donc à mes yeux!
Gérard, oui, cela fait trente ans que l'on est sur la mauvaise pente. Necker a aussi redit ce que Vauban puis Turgot avaient préconisé. Nos petits marquis auraient tord de faire comme leur prédécesseurs, qui ont fini guillotinés. Urgence fait loi et parfois ouvre le yeux. Appuyons l'offensive de vérité avant le début de la campagne électorale. Evidemment, le Vaux d'or que nous dénonçons dans notre livre, Aux actes, se met en travers de notre route, ce n'est pas nouveau. Mangeons de la vache enragée pour le bousculer!
Rédigé par : André-Yves Portnoff | 24/10/2011 à 12:29
De plus en plus de biologiques vont donc se retrouver au chômage.. Moins de revenus, moins de consommation ... Qui va acheter la valeur ajoutée créée par les robots ?
La question n'est pas nouvelle. Henry Ford se la posait aussi sous une autre forme.
Le problème commence déjà avec l'économie de la création numérique et ses empilements de législations plus stupides ou absurdes les unes que les autres, faute de reconnaître que les structures économiques ont changé et d'en tirer les conséquences, au lieu de préserver à tout prix des textes vieux de 2 ou 3 siècles.
Cela ne présage rien de bon, car l'imagination est loin
d'être au pouvoir.
Rédigé par : Bernard Lang | 24/10/2011 à 18:44
@Bernard... le problème c'est que ceux qui ont le pouvoir basé sur les technologies anciennes veulent naturellement le garder... malgré l'arrivée de nouvelles technologies...
Rédigé par : Billaut | 24/10/2011 à 20:58
Ne croyez pas trop à cela :
L'économie industrielle a épuisé ses marges (de création de richesse) au fur et à mesure qu'elle mécanisait sa production. La robotique est le nouveau pallier de la mécanisation et entraînera forcément une nouvelle perte de valeur des produits industriels.
Dans l'économie numérique, c'est le même processus mais ce qui perd de la valeur, c'est ce qui est codifiable (à la place de mécanisable).
Les maître du bordel seront ceux qui utiliseront le codifiable à exploiter au mieux du non codifiable (la fameuse dialogie algorithmique/heuristique, pour parler comme Edgar Morin).
Il existe deux exemples lourds : google et le phénomène trader.
Rédigé par : Bernard GARRIGUES | 24/10/2011 à 23:13
je suis très terre à terre, la priorité est de redresser la barre vers la renaissance possible et non le désastre accepté! Pour cela, faisons entendre notre message et nos exigences! Il faut mettre les élus et autre responsables au pied du mur. Et rendre espoir aux autres, en montrant qu'ils peuvent agir. yes ye can! A-Y
Rédigé par : André-Yves Portnoff | 24/10/2011 à 23:33
Interessant. Le debat part un peu dans tous les sens ainsi que les conclusions.
Il me semble que ce qui est important c'est de conserver la liberte d'entreprendre et la motivation de construire.
J'aime assez les exemples d'entreprises donnees dans l'interview. Quels que soient les pensees des elites et les systemes en place, ce qui compte c'est bien la determination des createurs, des gens qui construisent (ou se revoltent).
Pourquoi les entreprises francaises se font racheter? Un gain a court terme peut etre mais souvent un esprit trop timore, un manque d'ambition et de passion.
Rédigé par : Eric Bilange | 25/10/2011 à 07:12
Ce n'est pas parce que tu constates que la création de valeur revient de plus en plus à l'économie de la connaissance que cela invalide l'économie industrielle.
D'abords, il existe des entreprises industrielles qui font du mix comme Apple ou, plus généralement, les constructeurs automobiles (d'une manière plus perverse).
Ensuite, les exemples que donne André-Yves correspondent à des cas d'entreprises qui ne cherchent pas à obtenir des résultats de l'ordre de 15% l'an. Il n'est écrit nulle part qu'une entreprise qui vise 0 bénéfice n'est pas robuste et pérenne (autrement dit : qui partage sa marge disponible entre ses ses salariés de manière un peu égalitaire).
Ensuite, comme le prêche depuis longtemps Jean-Michel, rien n'interdit à une entreprise privée de virer 2.0 et de mettre au point une gouvernance type biens communs.
Enfin, personne ne parviendra à développer une politique industrielle sans mettre en place un nouveau compromis sur le partage de la valeur entre l'économique et le social. Par contre, il paraît possible que ce compromis soit établi au niveau de chaque entreprise (exemple approximatif : Microsoft)
Rédigé par : Bernard GARRIGUES | 25/10/2011 à 08:27
@Eric...manque d'ambition probablement.. les gars dont tellement contents d'avoir réussi en Gaule... qu'ils ne vont pas voir ce qu'ils pourraient faire ailleurs...
cela étant c'est en train de changer... pratiquement toutes les startups que j'interviewent depuis 6 mois ont toutes des visées internationales... peut etre que c'est le premier pas avant de racheter telle ou telle entreprise étrangère ?
Rédigé par : Billaut | 25/10/2011 à 09:23
je suis sur la même longueur d'onde que Eric et Bernard, et tu as raison, JM, sur le manque d'ambitions, aidé par un milieu petit, une école qui n'enseigne pas l'entreprendre, un contexte administrativo-financier défavorable. problème de vision, de valeurs et il faut s'y attaquer. Comme par hasard, plusieurs des entreprises citées Corderie Meyersansboeuf, Lippi, les patrons sont du CJD, donc options ethiques! Dans Aux actes et dans Futuribles de juin, je donne d'autres exemples et je mets en avant SAS et Costco, pour montrer que dans le high tech comme dans la grande distribution on peut gagner avec ses employés et ses clients sur la durée, 30 ans en l'occurence! Mais en ne cherchant pas du 15%/an qui tue l'avenir de l'entreprise!
Rédigé par : André-Yves Portnoff | 25/10/2011 à 10:32
La liberté d'entreprendre, elle prend un sacré coup dans l'aile lorsque l'ordre mondial est d'exiger, au minimum, 15%/an de bénéfice pour l'industrie financière et de 20 à 25%/an de bénéfice pour l'industrie bancaire.
Faudrait, peut-être, aussi faire appel au principe d'égalité inscrit dans le marbre de la démocratie.
Rédigé par : Bernard GARRIGUES | 25/10/2011 à 10:49
Francis Mer, qui n'est pas un gauchiste, a écrit que 15%/an pour une entreprise, ce n'est pas possible!
Rédigé par : André-Yves Portnoff | 25/10/2011 à 12:08
Fidel à Hervé Sérieyx depuis plusieurs décennies, je préconise désormais l'intelligence collective (mieux coopérer entre adultes en développant la souveraineté individuelle) et la sociocratie (gouvernance par consentement, toute sa place à chacun).
C'est vrai qu'il est plus difficle d'agir que de s'indigner !
Rédigé par : Jean-Claude Dussaucy | 25/10/2011 à 18:41
Ce n'est pas gagné :
http://www.lesaffaires.com/blogues/olivier-schmouker/portrait-type-du-leader-de-demain/536516
Celui qui rend compte de ce colloque HUMAN POTENTIAl (à New York) cite un seule fois le mot "intelligence" en trois pages : les gens qui causaient étaient pourtant dans les tous premiers managers de la planète.
Malheureusement 15%/an de R%, c'est possible à très court terme dans le cas d'une entreprise purement industrielle : l'apporteur de capital bouffe l'entreprise, à petit ou gros feux. Pour le satisfaire, il faut jeter du personnel, réduire l'actif (vente des bijoux famille ou dévalorisation par obsolescence et usure), augmenter sans limite à son avantage le partage des résultats. C'est plus immoral qu'impossible.
Rédigé par : Bernard GARRIGUES | 25/10/2011 à 23:08
merci Bernard pour ce lien intéressant. HP depuis avant 2000 suit cette politique et se détruit, il envisage de larguer la microinformatique où il est n°1 mondial (mais ne fabrique plus) soit 40 G$...mais il n'innove plus. Une entreprise qui renonce à l'innovation et croît par rachats peut démoraliser ses troupes et renoncer à leur créativité. Mais elle s'autodétruit. Modèle non durable. d'où nos crises. Il faut s'en sortir.
Rédigé par : André-Yves Portnoff | 26/10/2011 à 01:20
et c'est bien pourquoi, au moment où on croit sauver l'Europe avec des mesures quantitatives qui ne s'attaquent pas au gâchis de nos talents, nous avons besoin de créer un grand buzz autour de ce que JMB nous a permis d'enregistrer, autour de Aux actes, citoyens, arriver à expliquer tout cela sur les ondes aussi et la vieille TV...Toute aide sera la bienvenue. A-Y
Rédigé par : André-Yves Portnoff | 26/10/2011 à 01:24
Quel que soit le fonctionnement constaté, une entreprise fait avec plusieurs logiques qui la structure et formate ses actions : rationalité économique, industrielle, bureaucratique, culture interne.
Il semble que, en France et en général, la logique bureaucratique domine avec sa perversion propre : l'organisation hiérarchique incontestable.
(Cela provient d'une raison historique : la loi Le Chapelier (14 juin 1791) interdit toute association à objectif économique. Cette contrainte ne sera levée de manière générale qu'en 1867 (24 juillet) par la loi sur les sociétés anonymes.)
Il existe chez nous qu'un seul modèle très dominant de gouvernance : l'organisation hiérarchique, absolument imperméable à l'innovation et à la lucidité.
Il me semble qu'Hervé SEREYX et André-Yves PORTNOFF touchent à un point essentiel en montrant qu'il est possible de sortir de cette logique entreprise par entreprise ; et surtout, nouvelle entreprise par nouvelle entreprise.
Rédigé par : Bernard GARRIGUES | 26/10/2011 à 09:04