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Je ne m'y attendais pas...

Figurez-vous que la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) organisait le 26 novembre dernier la nuit des Favori's. Et Ô surprise, le jury m'a accordé un prix spécial : celui du meilleur blog de commerce électronique. Comme du fond de mon hôpital je ne pouvais pas bouger, j'ai demandé à ma fille, qui est aussi dans le monde de l'internet, de me représenter. Image 1
Elle a fait un petit discours de derrière les fagots qui suscita une standing ovation des 400 à 450 personnes présentes. Merci en tout à Marc Lolivier, Délégué général de la Fevad et à son équipe (et à la 30aine de membre du jury). Ci-après une photo prise par ma fille samedi denier à l'hôpital prise avec le trophée, et habillé d'un T Shirt très sympa que m'a envoyé mon ami Etienne de Roquemaurel. Image 2


Quelques nouvelles de ma pomme.

J'ai testé la semaine dernière pendant 2 jours (merci au Docteur Fontaine) une prothèse à genou libre (au lieu de la prothèse à genou fixe qui rend la jambe raide quand le bitonieau est mis est libre - pour s'assoir par exemple quand il es débloqué). Avec le libre c'est différent. Vous avez l'impression de marche normalement à condition de savoir manager l'engin. Et notamment il faut le rendre fixe pour avancer l'autre jambe. Et pour cela il faut s'appuyer fortement sur le talon de la prothèse à genou libre. Je dois dire que je suis content d'avoir essayer ce truc, mais c'est un machin "des plus casse-g..... Il ne faut pense qu'à cela (le talon positionné convenablement). Vient à passer une jolie infirmière, qui vous attire l'oeil, vous oubliez votre talon, le genou libre part en avant et paf...

Je suis donc revenu à ma prothèse traditionnelle : on verra plus tard. Et GRANDE NOUVELLE : je rentre chez moi samedi prochain. Mais il faut y faire quelques travaux. Un dossier a été dûment constitué (dans le cadres je crois de la loi sur le handicap), mais on nous a dit que cela prenait quelques temps à l'administration pour satuer sur le financement. En attendant je pourrais dormir avec le chien qui lui dispose d'un magnifique tapis.


Et dire qu'il y a des gens qui vont lancer la TNT !

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Bon, moi ce que j'en dis..

On se demande ce que vont devenir les droits de retransmission par exemple... Faudra peut être un Hadopi 8 (ou 9 ? on s'y perd avec tous ces numéros...). En plus, youTube se lance dans la HD 1080p. Cela va être un beau bazard. J'ai essayé de savoir dans les différents rapports Boyon quel serait la coût global du passage de la télévision hertzienne à la TNT. Pas très clair. Selon dépend de différentes hypothèses. Mais cela peut monter à 15 milliards d'euros.

Franchement il y a des gens qui n'ont pas les yeux en face d'euros. Tous les appareils de TV sont aujourdhui plats et ont et vont avoir de plus en plus des connections Internet. Donc pour ne pas mettre tous nous oeufs dans le même panier à savoir un plan fibre pour tout le monde, en prévoyant naturellement quelques boutons habituels sur la télécommande pour les papies et les mamies, qui pourront ainsi continuer à regarder TF1 et les autres tradis ?

PS C'est maintenant officiel : aprés une réunion au sommet avec médecin, infirmière, ergothérapeute, assistante sociale .... et Madame Billaut je rentre chez moi le 5 décembre de cette année. Il me reste donc 15 jours où j'ai demandé à tester une prothèse à genou libre (il paraît que c'est assez assez gueule).

Parailleurs, je rassure mon ami Lengaigne qui m'a laissé un message apeuré sur mon portable : non je ne vais pas rentrer chez moi sur le scooter pourri de Magescas (comme ce dernier le propose dans le Mouppet 3). Je rentre en VSL (véhicule sanitaire léger). Magescas et Planche (ce dernier a une grosse moto) voulaient retransmettre mon retour en me suivant avec caméra et tout tout, mais je crois qu'ils vont laisser tomber. Trop de problèmes techniques... Par exemple les moustiques qui viennent s'écraser sur les objectifs... (c'est une région à moustique ici je crois)


Le Mouppet Schow n°3 - 17 novembre 2009


Le MouppetShow de l'Internet #3

Voilà la dernière production du Mouppet Show. Un peu longue peut-être, mais on s'est bien marré (surtout que Jean Michel Planche s'est mis en la tête de me ramener chez moi (en principe je sors fin novembre) en ... moto. Et entre l'hôpital de la Musse et chez moi, y'a beaucoup de bistro. Magescas nous précéderait avec son scooter pour nous indiquer les bons endroits.
Par ailleurs, on vous fait une proposition honnête : si vous voulez que nous traitions un problème, que nous commentions un événement, ou autre chose  de sérieux ou non... suffit de nous le dire en comment à ce post. On verra ce que l'on peut faire.

En tout cas, je dois remercier sincèrement mes 2 compères : ces Mouppet shows, qui sont pas grand chose, me font un bien fou au moral. Merci Messieurs (surtout qu'à chauqe fois ils font 98,2 kms). Une place les attend au Paradis (enfin peut-être pas tout de suite, et pour Magescas, ce n'est pas sûr, il devra faire un stage au purgatoire, où il n'y que de l'adsl FT). Surtout que dans ces temps là, il y aura du très haut débit au Paradis : Xavier Niel (Free) me l'a promis (j'ai aussi posé la question à Sarko : il ne m'a pas répondu: il ne sait pas encore s'il ira au paradis où la place est déjà prise, ou ou purgatoire, ou...). De plus, l'Eglise Catholique a monté une webschool "à la Lippi" au Vatican avec un "eden-room" (chez Lippi on appelle cela une war-room). On dit que Senceber est dans le coup, mais ce n'est pas confirmé - Certains pensent qu'il s'est engueulé avec Benoît XVI sur le programme de la Webschool : Benoît ne voulait que du Microsoft, et Francis du 2.0 et de l'Open Source. On vous tiens au courant, car la question nous semble cruciale.

Donc, tout est au mieux dans le meilleur des mondes. Et je commence à balbutier avec une seule canne...



La Chine organise les premiers jeux Olympiques.... de Robots Humanoïdes

Cela se passera à Harbin en juin 2010, Harbin, capitale de l'ex Mandchourie étant une ville située au Nord-est de Pékin . Jeux orgnisés par le Harbin Institute of Technology.

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Une centaine d'universités d'une vingtaine de pays sont attendus pour démontrer leur réalisation dans différents domaines : medical care, cleaning, dance, combat, etc...
Attention! Seuls sont admis les robots bipèdes disposant de 2 jambes et de 2 bras (pas de robots à roulettes par exemple comme à Laval France).
Curieux quand même que cela soit la Chine qui organise ces premiers jeux.... Ils sont peut-être beaucoup plus en avance dans ce secteur qu'on veut bien le croire (c'est le cas par exemple du e-paper et du e-reader (et de l'édition qui va avec), où ils sont très en avance. Ils sont aussi très bons, paraît-il en nanotechnologie, qui pourrait remplacer l'industrie traditionnelle, auquel cas cela leurs posera problèmes.

Manifestement la Chine prépare l'après-crise et ne veut plus être l'usine du monde de fabrication industrielle traditionnelle de produits conçus par l'Occident.

L'Asie (Japon, Corée du Sud, Chine, Taïwan...) d'un côté; de l'autre les USA... Et l'Europe... Disons qu'il s'y passe aussi des choses. Mais cela fait un peu désordre, si je puis me permettre. Par exemple à Automatica 2008 (Munich), la Communauté Européenne a annoncé un investissement de soutien à cette industrie de 400 millions d'Euros pour des transferts de connaissance d'universités à des entreprises... Vous trouvez quelques infos sur l'état de la robotique européenne ici.

L'impression globale que cela donne, c'est que cela va aller plus vite que l'on ne croit dans ces domaines.

Au fait l'exposition d'Harbin a lieu en Juin. Taïwan en fait une aussi mais un mois avant. La compétition fait rage, du côté où le soleil se lève.

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Aprés Lippi, l'Egise Catholique lance au Vatican sa webschool....

Mais où sont les temps bénis, où des intégristres, à la sortie de la Messe se lançaient des missels à la g....des catholiques modernistes et réformistes  ? Ah, c'était le bon temps !
Avec cette décision Benoît XVI  en a laissé plus d'un dans le bénitier.

Pendant quatre jours, une centaine de personnes (évêques, attachés de presse des diocèses) vont s'immerger dans la culture de l'nternet et surtout du web 2.0, rencontrant des responsables du réseau social Facebook, du moteur de recherche Google, de Twetter, de Wikipédia. Et même un hacker suisse et un spécialiste d'Interpol viendront compléter la présentation des possibilités existant sur la Toile.

Voilà une organisation (l'Eglise) qui fonctionne depuis 2000 ans ou presque, un modèle de ce qu'il y a de plus pyramidale, et qui s'intéresse au Web 2.0. Décidément tout le monde s'y met. Obama a trouvé des électeurs avec ces techniques, Lippi - dont j'ai déjà parlé dans ce blog, trouve des clients sur l'Internet. Tous s'y mettent ! Tous ? Non. Il y a quelques irrésistibles gaulois qui ont peur que le web 2.0 leurs tombent sur la tête..


Petman : les Américains rattrapent les Japonais. En Europe encore peu de choses sur le sujet

La vidéo que vous allez voir ci-après a été postée sur youTube il y a quelques jours. Petman, c'est le nom de ce robot quasi-humanoïde a été réalisé par la société leader dans ces domaines aux USA : Boston Dynamics (ils ont déjà réalisé "big dog"- voir sur youTube). Boston et sa région sont devenues la Silicon Valley de la robotique américaine. Petman paraît certes encore un peu bricolé par rapport au Asimo de Honda, qui lui se ballade dans une trés beau "costume". Mais le Petman, par rapport à Asimo fait preuve d'une énergie peu commune. En plus, un "Homo Sapiens (normal) lui donne un coup sur les fesses.. Petman se rattrape et continue son bonhomme de chemin.

Beaucoup de gens en France et probablement en Europe s'étonnent, voire rigolent quand ils voient ce type d'engins. Ils ont grandement tort. Car dans 10 ou 20 ans, ces humanoïdes auront évolués, et certains pourront remplir des tas d'emplois, voire des emplois de haut de gamme. Pas de salaire, pas de syndicats, pas de grève, pas de retraite, une réparation de temps en temps, etc... Mais on n'en est pas encore là pour l'instant : les scientifiques japonais et américains ont seulement mis au point la bipédie et la quadripédie (Comme Big Dog de Boston Dynamics par exemple). Ce qui est déjà assez extraordinaire. Reste à leurs inculquer "l'intelligence artificielle". Ce qui rendra bien une dizaine d'annnée ? Peut-être plus.

Question : que ferons nous des "vrais homo sapiens" qui risquent de se retrouver au chômage ? Certains patrons Homo Sapiens normaux, ne délocaliseront plus leurs entreprises. Ils les laisseront où elles se trouvent, licencieront les vrais homo sapiens qu'ils leurs coûtent trop cher. Car dans un dizaine d'année, un robot sapiens ne coûtera pas plus que le prix d'une petite voiture d'aujourd'hui.

La vraie crise de l'Humanité : c'est peut-être celle là... (mais il y en a certainement d'autres). L'Humanité se fait dépasser par sa technologie.

Les robots vont produire (on n'aura même plus besoin des Chinois - Chinois qui eux aussi ont actuellement une activité robot). Qui dit production, dit vente. Il faudra vendre la production aux vrais Homo Sapiens. Qui l'achèteront avec quel argent ? Un RMI ? Ou on les parquera à l'année dans d'immenses Clubs Méditérranée ?

Et ce n'est pas pour dans un siècle. Notre grande élite française d'aujourd'hui n'est naturellement pas très au courant. Et je doute qu'un comité théodule puisse se saisir de la chose. Juppé, Rocard, Attali peut être ?

Et pour la première fois, le fameux Consumer Electronic Show de Las Vegas de début janvier 2010 ouvrira une zone spécialisée pour les robots. Un signe qui ne trompe pas.

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PS. Il y aurait de part le monde environ 1.500 entreprises qui consacrent leurs activité à la robotique de type humanoïde (y compris les exosquelettes et autre bricoles).. En France, j'ai entendu dire que Bruno Bonell (ex Infogrammes) lancerait une exposition sur les robots de jeux et de compagnie l'année prochaine...

rePS. Pour ceux qui s'inquiètent de ma santé, je vais plutôt bien. Et, grande nouvelle, je pense que je sors fin novembre (de cette année). Mais je doute que je puisse esquisser un pas de danse...


Le making off du "mouppet show" n°2

Si vous n'avez pas encore vu le "Mouppet Show officiel n°2 sur ce blog, alors regardez d'abord ce making off de ce même Mouppet, qui je dois dire dans le genre, est légèrement débridé. Il vous mettra de suite dans l'ambiance. Jean Michel Planche installait son matos professionnel type TF1, qu'un monteur véreux de la chaîne lui avait prêté sans lui exliquer la marcha à suivre. Il a donc eu quelques problèmes (des trucs qui ont disjonctés je pense,le son surtout qui était un tantinet caverneux). Pendant ce temps là,"l'invité surprise" (le "taliban" qui n'est pas un "taliban"), qui avait en sa possession une petite caméra Hdi de type briquet (on se demande où il l'a trouvé ( peut-être au bar tabac de Publicis) a commencé le mouppet.D'alleurs les camérass HD type briquet, devraient assurer un revenu supplémentraire aux dits buralistes, vu que prix du tabac va encore augmenter. D'ailleurs pour faire leur pub à la "vraie télé", j'embaucherais le Magescas  Bon, ce qe j'en dis.. Mais j'y pense on pourrait le présenter au prochain Mouppet (pas le Magescas, mais le briquet HD)...


Je recherche

J'ai reçu ce matin un gros paquet de chez Albert Menés Epicerie fine à Paris. Le problème : je ne sais pas trop qui me l'a envoyé. Le paquet contenait une carte postale un peu kisch de la Tour Eifel avec à l'arrière, un texte et plusieurs signatures : Cécile (j'en connais plusieurs), Catherine de Saint Marie (je ne vois pas), Nathalie Duvilliers et Bruno Duvilliers (je ne vois pas non plus). Il est vrai que je prend de l'âge et que ma mémoire ne s'améliore pas. Il y avait aussi une autre signature mais illisible (là je ne vois pas du tout).
Alors, avant de commencer à grignoter les magnifiques gateaux et autres sucreries du paquet, peut être que ces personnes pourraient se faire connaître afin que je puisse les remercier dignement.


Twitter : le couteau suisse de l'Internet.

J'ai déjà écrit sur ce blog plusieurs fois sur l'entreprise Lippi. Depuis déjà quelques mois, Lippi propose à ses collaborateurs d'utiliser tweetter en interne, notamment pour gérer la qualité de services.
Avec l'accord de Lippi, je publie ci-dessous les twits de 2 collaborateurs de Lippi (Rondeau et Amélie). Qui montrent bien à quoi cela sert (mais pas très lisible, désolé).
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Un peu plus de 120 personnes sont abonnés au twitter de Lippi sur 350 salariés environ. Mais tout le monde à terme y aura accès. Bref, on utilise de plus en plus au sein de l'entreprise tweeter (qui je le rappelle, est gratuit) que d'autres applications. Vous ne pouvez pas avoir accès au tweeter de Lippi qui reste interne. Par contre, les collaborateurs de lippi peuvent, en plus avoir accès à des twits publics : le mien par exemple.
Cet espèce de couteau suisse numérique améliore la productivité dans l'entreprise de façon incroyable : un problème qui prenait avant quelques jours à résoudre prend maintenant quelques minutes : relation directe entre les protagonistes , plus de relations pyramidales entre services qui "bouffent" du temps, de bordereaux à remplir, etc... D'ici à ce que Lippi proposent à ses fournisseurs et clients le twit Lippi...

Et dire qu'ils y a des gens qui se demandent à quoi sert tweeter. Personnellement je l'utilise dans 2 optiques avec tweetdeck (sur mac, mais il doit exister la même chose sur PC).

1/ faire connaître les posts de mon blog (je dois avoir plus de 1000 followers).

2/ savoir en temps réel ou non ce qui se dit sur un thème donné qui vous intéresse (vous pouvez aussi suivre ce que l'on dit sur votre entreprise). Dés que quelqu'un dans la monde fait paraître quelque chose sur un thème que vous avez choisi, tweetdeck vous en informe en émettant un petit bip  et en affichant une notification en haut et à gauche de l'écran pendant quelques secondes. Et avec les tiny URL vous faites pas mal de chose avec seulement 140 caratères.

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A mon avis, Tweeter qui ne semble toujours pas avoir de business model, va rendre le web temps réel. Donc le business. Les entreprises françaises decvraient s'y mettre. Avec un hic : les cadres traditionnels, qui sont somme toute des intermédiaires risquent de voir leur valeur ajoutée s"amenuiser avec ces nouveau processus. Enfin cela peur se discuter.



La vraie petite histoire de l'Atelier de la Compagnie Bancaire - Chapitre 1

J'ai eu beaucoup de chances dans ma vie professionnelle. Je suis rentré au service Etudes de la Compagnie Bancaire. J'y ai mis un peu le bazar avec l'Atelier (tout proportion gardée, cela ressemblait un peu à un Google gaulois), j'ai aussi beaucoup voyagé de par le Monde, mais aussi dans la France profonde... J'aurais pu faire du recouvrement au Cetelem (il n'y a pas de sot métier certes, mais je n'en ai fait qu'un après-midi à Arras, chef lieu du Pas de Calais, et cela m'a largement suffit). Car prêter de l'argent c'est bien, mais le recouvrer c'est mieux. Et puis, j'ai travaillé avec des hommes extraordinaires, des hommes bien, des humanistes : André Lévy-Lang en premier, et toute son équipe de direction. J'y étais à mon aise, je faisais partie d'une équipe, je servais à quelque chose; malgré le fait, vous n'allez pas me croire, que je ne suis pas tout à fait l'inventeur du concept de l'Atelier. Ou en tout cas, pas le seul créateur. Et puis, mais cette idée m'est venue plus tard, je me suis rendu compte que j'étais au première loge pour voir changer le monde. Car le monde, que je continue d'observer, a et va encore changer dans des proportions que la plupart n'imaginent pas. Surtout l'élite française d'aujourd'hui. Certains certes, ne veulent pas qu'il changent. Mais quoiqu'ils fassent, il changera, principe de précaution ou non (d'ailleurs on se fout un peu de ce principe : le gouvernement a investi des millions d'euros dans les nanotechnologies à Grenoble, alors que l'on ne connaît pas encore l'impact que ces nanos auront sur la matière vivante, l'environnement, etc...).

Je vais donc essayer de vous raconter la petite histoire de cet Atelier. Mais j'ai 64 ans : les souvenirs s'estompent. Donc, n'hésitez pas à me rappeler des faits qui vous auraient marqué de près ou de loin si vous avez participé à ce bazar (un ami qui a beaucoup participé au Club de l'Arche m'a rappelé l'histoire du Nounours que j'avais complétement oublié). Vous pouvez me rafraîchir la mémoire soit en commentaires à ce post, soit par mail à mon nom. D'ailleurs on pourrait écrire cette histoire ensemble car vous êtres très nombreux à avoir fréquenté le 2ème sous-sol du 5 de l'avenue Kléber à Paris.

Moi, Jean Michel Billaut, après 3 ans à faire un peu de présence en tant que jeune économiste à la Chambre de Commerce de Paris (très très belle bibliothèque par contre : j'y ai trouvé par exemple l'article de Kondratieff sur les cycles économiques, article publié dans Econometrica de 1923), je suis entré comme économiste junior au service Etudes du Groupe Compagnie Bancaire. Cela n'a pas été simple car il paraît que nous étions au moins 300 sur le coup. Et je suis rentré, c'est à noter, sur petite annonce. Celui qui m'a recruté s'appelait et s'appelle toujours Thibaut Lacan (le fils de... hé oui, on avait des relations...). Thibaut est à la retraite aujourd'hui. C'était mon N+3 comme dit aujourd'hui.

Thibaut était maigre comme un clou. On se demande d'ailleurs comme tenait son pantalon. Il avait certes une ceinture, mais qu'il ne serrait pas. On pouvait au moins y loger tous les colts des frères Wyatt  et probablement aussi un coutelas navajos (qui comme chacun sait, ont des manches très imposants) .Il parlait un français châtié, et cherchait toujours le mot juste pour exprimer ses idées. Ce qui avait le don d'exaspérer ses interlocuteurs (dont moi). Mais comme c'était le fils de Jacques Lacan, on avait un certain respect, et on restait suspendu à ses lèvres, en attendant que le mot sorte. Dernier point sur le personnage : il fumait comme son père des cigares "tordus". On se demandait où il les achetait, ou, s'il achetait des cigares normaux, pourquoi il les tordait : le cigare n'était pas droit, mais "de coin". Et bizarrement cela marchait. Enfin, il y a de la fumée qui sortait du bout.

Il était économiste senior et s'occupait donc d'établir à grands traits les prévisions économiques de l'année prochaine, voir plus loin. Quant à moi le junior, j'étais chargé d'établir une note de conjoncture mensuelle. Comme les filiales de la Compagnie Bancaire intervenaient dans le financement de tout ou presque (voitures avec Cofica; meubles, électro-ménager avec le Cetelem; camions, matériels industriels, informatique, tracteur agricole avec l'UFB Locabail, immobilier avec l'UCB, promotion immobilière avec la Sinvim, centres commerciaux avec la Segece.... etc...(j'ai dû en oublier), j'avais pas mal de boulot, sans compter les périodes d'encadrement du crédit et l'évolution des taux d'intérêts à court terme et à long terme (avec des périodes compliqués où les taux longs étant plus bas que les taux courts : fallait faire attention à la stratégie financiére.. Mais c'était un boulot qui ne me branchait pas trop, avec les longues séances de mises au point des textes avec Lacan. Qui trouvait que j'écrivais pas très bien. Le N+2 lui, disait que j'écrivais comme un journaliste du Parisien (on en reparlera). Le Parisien n'était pas semble-t-il une référence dans la maison.

Bref, un groupe multiforme crée après la guerre, par un homme visionnaire : Jacques de Fouchier (que j'ai connu sur la fin de sa vie en tant que Président de Paribas - la dernière fois que je l'ai vu, c'est quand on lui a montré Kléline (qui bien qu'il n'existe plus, a toujours son site). Il était déjà bien vieux . Une seule chose l'a d'ailleurs intéressée : la souris de l'ordinateur). Il avait créé les filiales après la guerre avant la société Compagnie Bancaire, ce qui lui donnait avec cette création de holding (en 1959 je crois), plus de poids pour emprunter de l'argent. Car nos métiers consistaient à acheter de l'argent et de le revendre au détail. Voilà pour le business plan comme on dit maintenant. Autre caractéristique importante de la maison. Nous n'avions que très peu d'agences. Les banquiers en mettaient partout, nous nous en mettions nulle part ou presque. Nous travaillions directement avec les commerçants qui vendaient leurs produits dans leurs échoppes. Madame Michu voulait acheter une télévision chez Darty (par exemple). Hé bien, si elle demandait un crédit au vendeur, on espérait que celui-ci lui proposerait nos formules, et pas celles de nos concurrents (Sofinco et autres). Elle n'avait pas besoin de passer à sa banque avant. Naturellement le vendeur de Darty était rémunéré par nos soins, si le crédit était accepté. Le processus - je vous le décris, vous comprendrez pourquoi plus tard - passait par le remplissage d'un dossier papier par le vendeur (nom, adresse, salaire de son client....), dossier qui était ensuite transmis par la Poste à l'Agence back office du Cetelem (il y en avait quelques unes sur le territoire). Là, un creditman, équipé d'un écran de télétraitement vert d'IBM (vous vous souvenez ?), ressaisissait l'information (avec de temps en temps quelques fautes de frappe) et faisait tourner un logiciel de crédit scoring, qui acceptait le risque automatiquement dans 80% des cas environ. Pour les 20 % restant il y  avait une étude faite "à la mano" par le creditman. Une fois tout cela fait, le créditman appelait au téléphone son vendeur qui, mettez-vous à sa place, attendait de savoir s'il allait avoir sa commission. En gros, le processus, quand il n'y avait de grève de poste, prenait une semaine (à l'époque dans les banques traditionnelles cela pouvait prendre des mois). Nous utilisions donc 4 médias : le papier, la poste, la téléinformatique et le téléphone. Tout cela pour un seul crédit. Et tout le monde trouvait cela bien, jusqu'au moment où..... à l'Atelier....

A noter qu'étant économiste junior, mon boulot consistait à connaître tous les chefs de marché, commerciaux, et autres marketeux du Groupe pour faire le point sur leur affaires (cette connaissance aura aussi une grande importance par la suite). Et à rencontrer aussi des spécialistes de l'extérieur (économistes de fédération professionnelle, Insee, Banque de France, etc...)

Voilà. J'ai décrit succintemment l'état de la maison (nous disions "nos maisons" : cela faisait cucu, mais en même temps très "ancien régime). Et puis les gens de la Bancaire n'avaient les 2 pieds dans le même sabot. Les lois Debré de 1968 avaient modifiées la structure du système bancaire. Ce qui fait que les banques à vocation générale pouvaient désormais intervenir sur nos marchés. D'où la mise en oeuvre chez nous, non seulement de la veille technologique active (on pressentait l'accélération de la technologie), mais aussi de l'innovation financière avec Cardif, Cortal, Banque directe, etc...

Voilà le décor planté. Ce texte est susceptible de modifications à tout instant. Et je suis preneur, comme je l'ai dit, de tout élément intéressant que vous avez vécu.

Il y aura certainement un chapitre 2. Quand ? Je ne sais pas trop.

La Musse, le 1er novembre 2009. Texte uploadé sur la célébre ligne ADSL Hitti/Penicaut