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Et comment qu'il va le sieur Billaut ? (II)

Avant de vous causer de ma pomme, je voudrais vous faire part de deux découvertes que je viens de faire sur le net.
1/ Le Carrier wheelchair, qui a priori n'a plus rien à voir avec les voitures d'handicapés d'aujourd'hui (dont la mienne).

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La carriole permet de faire pas mal de choses : elle peut monter les escaliers (mais je ne vois pas trop comment), vous aider à vous lever, elle dispose d'un système pour aller aux toilettes. Mais en lisant le texte d'accompagnement sur le site, cela n'a pas l'air d'être pour tout de suite. Voir ici. Cela me rappelle un peu l'industrie des robots américains. Une société dont je ne me rappelle plus le nom avait réalisé un robot escaladeur d'escalier (rescue robot) pour aller chercher des gens par exemple dans des immeubles en feu.
En parlant de robot, une déclinaison d'Asimo de Honda pourrait semble-t-il être utile à des amputés comme moi. Vous savez certainement qu'Honda travaille sur Asimo depuis 25 ans (et quelques milliards de yens). Asimo, à ma différence, est bipède, tient debout et court. Les Japonais déclinent maintenant en différents produits leur machine humanoïde.

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La chose s'appelle U3-X (le premier matériel à gauche sur l'image avec Asimo tout à droite). Pour comprendre comment marche le U3-X le mieux est que vous regardiez quelques vidéos sur Youtube. Par exemple ici (c'est le Pdt Takanobu Ito qui vous le présente). Mais il y a d'autres vidéos. Et je pense qu'un truc comme le U3 devrait convenir à un handicapé, amputé de la jambe (à condition d'avoir une bonne prothèse).

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Je croyais qu'il n'y avait que les Français qui avaient des idées. Mais je m'aperçois que les Japonais en ont aussi beaucoup. Et en plus ils ont la fibre optique ! En tout cas les marchés des déclinaisons d'Asimo m'ont l'air très importants. Dommage que les fabricants de voitures françaises.... Bref, l'appareil sera officiellement présentée au Salon de l'Automobile de Tokyo fin octobre 2009.

Quant à moi, Mon Dieu, je poursuis mon petit bonhomme de chemin sur cette p'ôve Terre. Ma jambe valide (la gauche) qui a été opérée pour un pontage il y a presque 3 semaines est complétement "décloutée" (l'opération avait nécessité la pose par le chirurgien de 137 agrafes pour recoudre le tout). On les a enlevées avec une infinie délicatesse, sauf 2 qui étaient agrafées l'une sur l'autre, ce qui m'a fait sauter au plafond, heureusement pas très haut. J'ai repris depuis 2 jours mes exercices de marche avec ma prothèse et mon déambulateur. Mais en douceur. Médecins et kinés cherchent certainement à savoir si la jambe gauche va tenir le coup. A part cela le train-train habituel. Le personnel est toujours aussi sympathique, la restauration correcte. L'opération "carte postale 1.0" a un impact auquel je n'avais pas pensé. Les cartes sont affichées sur le mur de ma chambre... Et les infirmières s'arrêtent un bon moment pour reconnaître les lieux, et savoir où elles aimeraient aller. Je vous le donne en mille : la destination préférée de ces dames est le.... Mexique. Sauf une qui préfère ...Lille.

Je pense que je vais probablement réussir à reprendre une vie si j'arrive à marcher correctement avec ma prothèse. Francine s'occupe de la paperasse pour les travaux qu'il va falloir faire à la maison où il y a pas mal d'escalier (pas simple pour obtenir une aide de l'Etat, ma carte d'invalide, etc..

Et pour terminer j'ai une question pour vous : je vais bien un jour sortir de cet hôpital. A votre avis que devrais-je faire ? (à part glander naturellement). Z'êtes pas obligés de répondre, mais vos idées m'intéressent...

Mails envoyés sur la ligne ADSL Hitti/Penicaut.


Et comment qu'il va le Billaut ?

Je sens que si je n'écris pas quelques nouvelles sur mon état de santé, on va me le demander (déjà 2 demandes). Donc je prends les devants (si naturellement mes problèmes vous intéressent).
Je suis toujours à l'hôpital de la Musse avec ma connexion ADSL spéciale Hitti/Penicaut.
Si vous vous souvenez des précédents épisodes, il y a un plus de 15 jours j'étais retourné à la clinique chirurgicale de Mantes La Jolie pour un pontage sur ma jambe valide. Cela c'est bien passé (je touche du bois), et je suis revenu à la Musse 5 jours plus tard, lesté de 137 points de suture. On a commencé à les enlever en fin de semaine dernière. Il m'en reste une trentaine que l'on va me retirer demain lundi L'enlèvement avec une pince spéciale ne fait pas trop mal. A priori je pense que l'on va recommencer à me remettre en état la jambe valide (celle qui est pontée), avant de reprendre rapidement les exercices de prothèse.

L'opération "cartes postales 1.0" que l'un d'entre-sous a lancé sur le wall de Facebook a relativement bien marché (c'est affaire d'appréciation). J'en ai reçu une petite centaine venant d'un peu partout dans le monde. On les a affichés hier après-midi avec la famille sur le mur de ma chambre.

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Du coups les infirmières s'arrêtent devant ce wall 1.0, étudient chaque cartes et j'entends souvent "Oh ! c'est là que j'aimerais aller." Bref. Bon succès. Et merci à tout ceux qui ont pris la peine de retrouver le geste ancestral de coller un timbre...

A part cela, je pense que je suis venu sur cette Terre un peu trop tôt. Dans une grosse dizaine d'année, d'aucuns pensent que l'on pourra reconstruire ma jambe amputée grâce à la biologie synthétique.
Je visite régulièrement un site de science "EarthSky.org"

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qui a interviewé le 14 septembre dernier Drew Endy,  qui est jeune professeur au département de d'engineering de l'Université de Stanford en Silicon Valley. En gros, ce que l'on fait aujourd'hui avec des pièces électroniques pour fabriquer des ordinateurs ou autres machines (par exemple), on va le faire demain avec des biobricks (du MIT). Donc vous pourrez reconstruire de la matière vivante détruite (ma jamabe), ou fabriquer d'autres "matières vivantes".

Toute une intelligenstia américaine est en train de phosphorer sur ces thèmes. Drew Endy, mais aussi Greg Venter, qui a le premier séquencé le génome humain. Sa société "Synthetic Genomics" vient de recevoir 600 millions de $ d'Exxonen en venture capital.

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Pour mettre au point une technique de synthèse biologique pour fabriquer du "biofuel" à partir d'algues (dont on modifierait le génome). Bref, ces braves gens vont tenter de transformer l'oil industry. S'ils réussissent, la voiture électrique n'a guère d'avenir. Ils auront le système de fabrication, le système de distribution (a priori les stations services d'aujourd'hui), et en principe rien à changer dans les voitures d'aujourd'hui. Et le tout propre.

On ne parle pas beaucoup de ces sujets en France. Dommage.


Hé bien, j'ai l'impression qu'ils sont tous d'accord ! Non ? Même celui qui compte les ours ....

Nathalie Kosciuko Morizet a tenu le 10 septembre dernier un "séminaire numérique pour la croissance numérique". Encore une séminaire, allez vous dire, et depuis 10 ans que l'on en fait, nous n'avons pas avancé beaucoup. Pour ce dernier séminaire, l'un de ses collaborateurs m'avait invité, mais dans mon état, c'était un peu compliqué pour moi de me rendre dans la capitale. Par contre, s'il y avait eu du très haut débit entre la salle du séminaire et ma chambre à la Musse....
Beaucoup de gens m'ont informé sur ce séminaire, sur que ce qui c'est dit. L'impression que j'en retire - sans y être allé -  : c'est probablement le bon coup. Tous sont partants, même Michel Rocard qui s'est aperçu qu'ils y avaient plus de ménages gröenlandais connectés en très haut débit que...d'ours... Ce qui donne à réfléchir.

L'impression que j'ai, c'est que l'on est en train de jouer le début de la pièce et de préparer le peuple. Pas assez d'argent publique ? Alors pourquoi pas un emprunt public dont une partie des fonds seraient affectées au Plan Haut Débit ?... Et là, permettez-moi de penser que notre Président de la République ne va pas rester inactif, et qu'on l'entendra sous peu. Je connais le bonhomme.

Cela fait des années que je prône le très haut débit. La première fois que j'en ai entendu parler, remonte à novembre 1997. J'avais été invité à l'époque par Cisco à un CIO Summit à Palm Spring en Californie. J'étais le seul français d'une assemblée d'une centaine de personnes. Les 2,5 jours de conférence ont été entièrement animés par son CEO : John Chambers : un homme remarquable. Il n'est pas parti après son topo introductif. Non, il est toujours resté avec nous, animant les réunions, s'occupant de la boisson, accueillant un nouvel arrivé...  Cet homme a loupé sa vocation : il aurait dû faire de la politique ou du théâtre. John n'était pas seul à manager son séminaire. Il avait avec lui des huiles importantes dont son copain Bill Gates (c'est la première fois que j'ai pu discuter avec le Saint Homme).
Et c'est aussi la première fois où j'ai entendu parlé de "broadband". Le soir, au dîner, j'étais à la table de John, et après m'avoir demandé ce que je désirais boire (il est allé me le chercher), je lui ai demandé ce qu'il fallait entendre par broadband. Tout y est passé: fibre optique, laser, routeur, nouvelles organisations de réseaux de télécoms, nouveaux usages, nouvelle économie, etc... Bref, j'étais tout retourné.
Et en rentrant, avec l'accord de mon Président André Lévy-Lang, j'ai cherché en France un Vélizy très haut débit pour tester toutes les applications possibles avec le commerce français et naturellement la finance et tous les autres secteurs de l'activité économique. Il m'a fallu 5 ans pour trouver le politique qui accepte cette expérience : feu André Labarrére, Maire de Pau, à qui je rends ici un hommage appuyé. Je lui avait en fait proposer un plan de développement économique basé sur un réseau optique. Pour lui, je suis allé en Chine, au Japon, à Taïwan, aux USA (on était allé revoir Gates : avoir un labo Microsoft : cela aurait eu de la gueule à Pau)...En fait, ce plan comportait aussi la création d'une ville nouvelle à émission réduite de carbone, et une ville gérée entièrement par Internet (4 villes de ce type était déjà en cours de montage dans dans le monde à l'époque). Osaka aurait certainement été d'accord pour nouer un accord avec Pau pour mettre en oeuvre un couplage sur l'industrie du Robot Humanoïde et autres exosquelettes (Osaka est la capitale de ces choses).
Malheureusement André était déjà très malade. Il est décédé le 16 mai 2006. Le réseau optique de Pau fonctionne, mais on aurait pu faire mieux. D'ailleurs, si mon petit doigt (que j'ai gardé, à la différence de ma jambe) ne me trompe pas, nous avons aujourd'hui un Vélizy Broadband tout fait. Il est fin prêt avec des vrais clients (10.000 environ - il n'y en avait pas autant à Vélizy en 1982 pour le test Teletel).

Nous allons, je pense, avoir une stratégie Broadband en France. Si vous voulez tester des concepts d'agences visiophoniques, du cobrowsing, des objets métiers, de centres d'appels évolués, etc... Je pense que les édiles de Pau seront prêtes à vous accueillir. Et n'attendez pas la Saint GlinGlin. Même si la mise en oeuvre d'un réseau sur le territoire national prend du temps, tester et mettre en oeuvre sur une plaque existante prend aussi du temps : je sais de quoi je parle. (Une société privée va tester à Pau un centre d'appel visiophonique : il y en a pour plus d'un an de travail, si ce n'est 2, avant de démarrer).

Autres éléments. Il me semble maintenant que si tout le monde est d'accord et que Sarkozy s'en mêle, la France va bénéficier d'une aura importante. Obama est empêtré dans ses problèmes de santé publique avec ses Républicains. Donc, pour le broadband américain, on verra plus tard. Nos amis européens sont eux aussi en train de roupiller dans ce domaine. Ce qui laisse le champs libre à nos sociétés qui vont pouvoir créer les applications de l'économie 2.0 - qu'elles iront leur vendre quand ces pays mettront en place leur trés haut débit. Et je ne vous parle pas des accords croisés (par exemple) qu'Alcatel et Huawai pourraient prendre.

Le monde va changer (en attendant la 3ème Révolution voir ici) et la France y a peut être une opportunité qui ne se représentera pas plusieurs fois dans l'histoire. On ne change pas un pays avec des méthodes traditionnelles. On change un pays "au bazooka" (si je puis me permettre). Et le bazooka ici s'appelle broadband. Mettez le en place et laisser faire nos jeunes. Broadband et les outils du 2.0 sont les 2 mamelles de la France.

Et si je puis me permettre, observez donc ce que fait Chambers ! Lui, il a la vision du Monde. Chambers a dit à ses collaborateurs : arrêtez donc d'aller vous balader en avion, dans les hôtels, les conventions. Cela coûte cher, sans compter le carbone produit. Les frais de déplacement chez Cisco sont donc passés de 8.000$ à 3.400 $/an. "Et comme cela vous fait gagner du temps, et bien vous allez me doubler votre CA/tête ? Comment ? Simple : utilisez les moyens à distance que l'entreprise met à votre disposition : webex, teleprésences, etc. En France, les mentalités n'en sont pas encore là. En France pour faire du business il faut se voir de visu. Mais cela va venir. Une petite pandémie de grippe par exemple obligerait tout un chacun à commencer à vivre à distance. Le pense que les Frnaçais vont adorer.

Et pour terminer ce post, une pensée émouvante pour les collaborateurs de FT.

Bulletin de santé du Sieur Billaut.

Je pensais, après mon pontage de la semaine dernière, revenir à la Musse et être au calme.Car avec mes 137 points de suture je ne tiens pas trop debout sur ma jambe valide. Que nenni. Une séance de gym par jour (assis et développement des pectoraux et des muscles du bras pendant un heure) et 2 séances de kiné par jour. Où j'ai retrouvé mes chères tables verticalisantes. Mais à 25°seulement. En 2 fois 20 minutes. Et quelques exercices du moigon. Et vous allez rigoler, mon kiné est encore un portuguais. Mais il n'a pas trop l'air d'aimer le fado. Tant mieux


Bulletin de santé du sieur Billaut : pas de pot, mais je suis toujours sur cette planète

L'autre semaine, les Autorités de l'Hôpital de la Musse m'ont demandé de faire un Doppler complet de mon système vasculaire. Rendez-vous pris. Médecin spécialiste pas très folichon (cela peut arriver, j'ai bien connu en son temps un patron de banque pas folichon du tout, cela doit donc bien exister aussi dans d'autres professions). Un peu coincé le gars mais très à l'aise devant ses écrans. Ce qui est le principal. Je m'installe. Et il commence à me balader un peu partout une espèce de pomme d'arrosoir qu'il a préalablement enduit d'un gel (exactement comme pour les femmes enceintes). Vous me connaissez, je m'intéresse à beaucoup de choses, mais aux questions que je lui pose, je sens que le gars à d'autres problèmes en tête en ce moment (les banquiers aussi, je suppose). Donc je la boucle. Et en passant sa sonde sous mon genou de droite (la jambe qui reste), il m'annonce d'une voix monocorde : "vous avez dans cette jambe 2 thromboses ploplitées, comme celles que vous aviez dans la jambe droite amputée" Il me donne, toujours d'une voix monocorde, les volumes, la circonférence de l'artère mal en point, etc...... Mais je ne l'écoutais plus. J'étais dans le cirage. Cela fait un choc de recevoir une nouvelle pareille sans aucune préparation, et surtout sans me rassurer. J'en discute au retour avec mon infirmière qui me fait remarquer avec raison qu'avec toutes les piqûres que l'on me fait pour liquéfier le sang, cela ne risque pas de m'arriver qu'on me cisaillle la 2ème jambe de suite.

Quelques jour plus tard, on décide de me renvoyer à la Polyclinique de Mantes la Jolie (qui m'avait déjà amputée la jambe gauche, suite à l'éclatement des anévrismes), mais là, pour me faire un pontage sur la jambe droite (vous suivez toujours ?). Même chirurgien. Je suis opéré le 3 septembre (1:30 sur le billard) et je me retrouve avec une magnifique "fermeture éclair" faite avec des agrafes qui semblent venir tout droit de chez Castorama. Cela fait comme une fermeture éclair qui va du milieu de la cuisse, au milieu de la jambe (j'ai fait une photo, mais comme il y a des âmes sensibles parmi vous, je préfère ne pas la publier..). Et pour terminer, on me passe le lendemain au scanner laser, manoeuvré là par une très gentille infirmière, qui m'a exliquée gentiment le fonctionnement du bidule, qui ressemble à une porte pour passer de notre monde à d'autres mondes (comme on voit dans certaines séries américaines). Le plus dur dans cette affaire : on vous injecte de l'iode dans le sang. Ce qui a pour effet de faire grimper votre température intérieure à une vitesse vertigineuse. On aurait pu faire cuire une oeuf sur le plat sur ma poitrine. 3 heures plus tard le chirurgien (je vais quand même donner son nom : le Docteur Jean François Deotoo) revient me voir, serre à son habitude la paluche à mon pied gauche (il ne me serrait plus la main d'ailleurs. Il faisait cela pour voir si le pied était chaud et donc que son pontage marchait). On regarde les cartes du sanner à iode : on aurait tout dit une Google Maps. Aucun problème semble-il. Le système circulatoire est sans bavure comme neuf. "Espérons que cela dure" disait dans le temps une parente de Napoléon. Bref, cela va me faire perdre une quinzaine de jour je pense pour ma rééducation (je ne peux pas tenir longtemps debout sur ma jambe pontée). Il faut laisser un peu temps pour que la cicatrisation se fasse (en tout cas pour le moignon de la jambe gauche - vous suivez toujours : c'est terminé).

Et voilà je suis revenu hier à l'hôpital de la Musse. J'y ai retrouvé mes infirmières préférées, ma connexion internet Hitti/Pénicaut, mes mails, et j'apprends sur mon Mac Book Air imovie 9. Impressionnant. Je me dépéche d'en apprendre toutes les arcanes, vu qu'il y a des gens qui veulent venir faire des billautshows.

Allez, à un de ce jours... pour de nouvelles aventures ...