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Hello 2 !

Hôpital La Musse, Saint Sébastien de Morsent (Eure) - Samedi 25 juillet 2009


Hé bien je viens enfin de terminer en début de semaine de lire les commentaires sur le wall " billautshow must go on" que notre ami Vincent Montet avait mis en oeuvre. Stéphane Lelux et sa charmante épouse sont venus me voir Dimanche dernier, et Stéphane a eu la bonne idée d'éditer sur papier les dits commentaires (ce qui est plus facile pour moi pour lire que sur écran, vu la petitesse des caractères). Je n'en reviens pas. Moi qui croyait benoîtement faire mon boulot dans les sous-sols de la Cie Bancaire pour la Cie Bancaire.... me voilà porté au e-pinacle. Je ne sais pas quoi dire.

Je n'en reviens pas non plus en lisant les commentaires de mon précédent post "Hello" sur ce blog. Plus de 250 contributions, avec même un mot de mon ancien Président André Lévy-Lang. Je dois dire que sans ce Monsieur, que beaucoup appréciaient à la Cie Bancaire, il n'y aurait jamais eu d'Atelier. Faudra d'ailleurs que je vous raconte un de ces jours la vraie histoire de cet Atelier...

J'ai eu a fréquenté dans mon enfance (dans les années 50) des hôpitaux. Ils m'ont laissé de très mauvais souvenirs. Effluves d'éther dés l'entrée, chambres surchauffées, perte d'identité du malade qui n'est plus qu'un n°de chambre, le tout avec des médecins ou sommités médicales qui veulent guérir des maladies sans trop se préoccuper des souffrances de la personne..
Donc, quand mon chirurgien de la Polyclinique de Mantes m'a annoncé fin juin qu'il m'avait trouvé une place à l'hôpital de la Musse pour ma rééducation (je ne savais même pas où se trouvait La Musse), je me suis méfié, malgré le fait qu'il m'ait précisé que c'était très bien.

Hé bien j'ai eu tort de me méfier, car c'est plus que très bien. Je ne pensais pas qu'un tel établissement pouvait exister en France. Il est vrai que la médecine a fait des progrès fulgurants et que les mentalités ont bien changé depuis les années 50.

Imaginez d'abord un parc de 45 hectares, très boisé avec des arbres de plus de 100 ans. Un gazon tondu de frais, des bordures de fleurs, des bosquets de rosiers, un jardin zen, des coulées vertes permettant d'admirer les collines environnantes... Et au milieu de tout cela, 3 grands immeubles tout en longueur et d'une hauteur raisonnable. Des bâtiments blancs, clairs. On dirait 3 énormes albatros, les ailes déployées, se reposant avant de continuer leur vie ailleurs. Bref, il se dégage de l'ensemble une grande sérénité...

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Pourquoi des bâtiments tout en longueur ? Parce que dans les années 1920-1930 La Musse était un sanatorium, dont l'instigateur, si j'ai tout compris, était, excusez du peu, l'oncle de Sainte Thérèse de Lisieux. Aujourd'hui la Musse est une fondation privée, avec un statut hybride : c'est un hôpital privé qui a un accord de financement avec l'Etat. Et 2 contraintes : pas de bénéfices, pas de déficit (alors que je crois que tous les hôpitaux publiques sont plus ou moins en déficit...). 600 handicapés environ et autant pour le personnel je pense. La directrice de l'hôpital est d'ailleurs venue me voir : qui est cet olibrius dont 2 de ses amis lui ont fait installer une ligne ADSL en aussi peu de temps ? On a papoté un bon moment. Elle m'a un peu raconté la vie et l'histoire de la Musse. Et je lui ai dit qu'avec l'Internet et le très haut débit, la médecine française pourrait rendre un meilleur service, certainement moins cher (je vais en parler dans un prochain post). Bref, on se reverra (elle doit me faire visiter l'appartement témoin pour handicapé). Elle m'a demandé mon avis sur son site web : pas terrible. Par ailleurs aucun article sur La Musse dans Wikipedia, et je n'ai trouvé que 2 photos de l'hôpital sur le Net. Pas de vidéo dans dailymotion (par contre une vidéo sur l'hôpital Sainte Musse, en construction dans le Var). La directrice reconnaît même qu'avec les jeunes handicapés il y aurait peut-être intérêt à avoir une webschool intégré. Y compris pour le personnel intéressé... (Francis je ne te fais pas de dessin)

Bon je ne vais pas vous raconter ma vie en détail à la Musse.... Mais sachez que :

1/ Quand je suis arrivé ici, j'avais la jambe gauche (la bonne) aussi fine qu'un épi de blé calabrais en période de sécheresse. Les muscles de la jambe avaient fondu. Incapable de tenir dessus, donc incapable de ne rien faire par moi-même. Mais ils ont ici un service de "brancardiers", les premières personnes donc que j'ai vues en arrivant. Des gens qui vous sortent de votre lit pour vous mettre au fauteuil, vous conduire à la kiné, ou chez le coiffeur... Et mon premier brancardier a été Samba. Un "noir normand" comme il dit. Un Monsieur très baraqué, qui vous demande de le prendre par le cou (en précisant de ne pas en profiter) et qui vous soulève comme une plume.. J'ai eu affaire dans les premiers jours à plusieurs brancardiers : des gens sympas qui vous donnent le ton de l'ensemble.

2/ la restauration est on ne peut plus correcte (c'est aussi bon pour le moral). Par exemple, pour le déjeuner du 14 juillet : canard à l'orange avec navets en leurs jus. Remarque insidieuse, je regardais la télé en savourant mes navets, et lors de la visite des bureaux du 1er étage de l'Elysée après le défilé, je n'ai vu aucun ordinateur installé sur les dits bureaux. Ni d'ailleurs dans celui de la 1ère dame de France... Par contre beaucoup de téléphone. Cela m'a gâté l'appétit. Et j'ai machonné mon éclair au chocolat vraiment sans conviction. Il faudra probablement attendre 2017 pour avoir un Président "digital native". Bon. Passons. La photo ci-dessous pour vous donner une idée : mon repas d'hier midi.

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3/ Tout le personnel de La Musse est d'une politesse et d'une gentillesse ! (il n'y a pas que les brancardiers). Ici, je ne suis pas la chambre 12, mais Mr Billaut. Comme les premiers jours je ne pouvais rien faire par moi-même, j'ai dû les solliciter beaucoup pour me mettre au lit, pour me mettre sur mon fauteuil roulant... me conduire au lavabo pour ma toilette... Et cela m'a forcé à réfléchir et à prévoir pour éviter de trop les déranger. Où est la télécommande de la télé si je veux regarder la TV quand je vais être au lit ? Où est mon pyjama ? Préparer le linge propre pour le lendemain... Excellents exercices de management et d'organisation. Et cela fait marcher les neurones.

 4/ En arrivant, on m'a donné un petit booklet : "la souffrance n'est pas une fatalité". Voilà une maxime que j'ai rarement entendue dans les milieux médicaux (enfin ceux que j'ai fréquentés). Le médecin chef m'a fait un check-up complet le premier jour (4 semaines pour la cicatrisation et 2,5 mois pour votre réadaptation avec prothèse). Et on m'a affecté un kiné. Il s'appelle Albano. C'est un jeune kiné qui nous vient du Portugal. Un type extra. Il parle un français approximatif, et chose curieuse, dés que je l'ai vu, j'ai eu confiance en lui. Il y a des gens comme cela. 2 séances/jour de kiné : une heure à une heure trente par séance le matin. Même chose l'aprés-midi. Dans la salle de kiné - 20 mètres environ sur 8 - avec 4 à 5 kinés tout aussi jeunes et sympas qu'Albano, et qui "traitent" environ une dizaine d'handicapés par heure, figurez-vous qu'il y a un PC où nos amis enregistrent des données sur leurs patients. Normal allez-vous me dire. Mais le dit PC est aussi connecté à l'Internet ! Et devinez quel est le site qui est toujours ouvert ? Deezer. Et de temps à autres, notre ami Albano, qui a peut-être le mal du pays, nous met un fado de derrière les fagots à vous faire chialer la troupe de légionnaires qui a défilé sur les Champs Elysées... En photo, ma pomme sur une "table verticalisante" qui oblige les muscles de la jambe gauche à se contracter - donc se raffermir - car ils supportent environ 85% du poids du corps..) avec Albano à côté (photo publiée avec son accord).

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Depuis une petite semaine avec ces séances de kiné, j'arrive à me tenir debout sur ma jambe gauche en me tenant naturellement à quelque chose avec les 2 mains. Je me débrouille donc seul dans ma chambre (et hier j'ai même fait pipi debout. Comme vous savez un homme dans ce genre de situation doit occuper une main à... Je n'avais donc qu'une seule main pour me tenir à la rambarde.. Bon, j'en ai mis un peu partout, vu que je n'étais guère rassuré... mais pas la peine d'ébruiter la chose. En tout je suis très fier d'avoir réussi).

Et que dire des changements de pansements de mon moignon chaque matin ? Ce n'est pas une partie de plaisir, mais presque. Il y a 3 ou 4 infirmières qui, en fonction de leurs jours de travail, se succèdent. Elles font un travail de précision, vite et bien, sans souffrances. La cicatrisation se termine. Albano m'a appris à faire mon bandage seul : c'est tout un art. Je vais devoir le faire pendant de nombreux mois, avant que moignon se stabilise. Mais la douleur est encore là dans le moignon et la jambe fantôme, nettement moins forte qu'à la Polyclinique, mais quand même ... Et pour la combattre, il y a une batterie de produits divers, en fonction du niveau de douleur que vous déclarer entre 0 et 10... De plus en kiné, si vous êtes fatigué, on vous laisse souffler. C'est pour cela que 4 à 5 kinés peuvent s'occuper en même temps d'une bonne dizaine d'handicapés. Pendant que vous vous reposez, votre kiné s'occupe d'un autre...

Voilà en gros ma vie à la Musse.
Je crois que mes amis Penicaut et Hitti avaient raison : l'accès à l'Internet rajoute une couche à mon moral, dans le bon sens naturellement. Par exemple avant hier matin, j'ai fait une visio avec ma belle fille et mon petit fils Billaut 2.0 qui sont en vacances chez les parents de ma belle fille à Vilnius en Lituanie. La connexion n'était pas excellente, mais le gamin était en pleine forme. En tout cas il m'a reconnu sur l'écran... en criant "papy, papy..." et en me montrant du doigt (il a 2 ans et demi).
Merci donc à Jean Pénicaut et à Abdallah Hitti pour cette ligne Adsl, que j'ai baptisé la Penicaut-Hitti.

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PS. Merci encore à tous ceux qui m'ont envoyé ou apporté du chocolat, des fruits confits, des bouquins (je vais pouvoir ouvrir un étal à l'entrée de l'hôpital comme les vendeurs dans le métro), merci à celui qui habite Evreux et qui travaille à Paris et qui me propose de me ramener des choses dont j'aurais besoin... Merci à Jean Charles Bossard d'être passé m'amener un appareil photo Lumix DMC TZ7 (cet appareil est en rupture de stock aux US), et à Jean Louis Amblard qui lui m'a ramené une batterie supplémentaire et une carte SD (j'avais oublié de le demander au père Bossard)... Merci pour le gâteau Creusois d'Agnès. Etc...

rePS. Avez-vous l'annonce de Barnes et Noble - la Fnac américaine - cette semaine ? 700.000 bouquins numérisés et accord avec Plastics Logic qui va commercialiser l'année prochaine un e-reader format A4 de très belle facture (voir vidéo sur youtube) avec wifi, carte SD, écran tactile (donc possibilité d'écrire dessus - une société française de Nantes réalise le logiciel de reconnaissance)... Bref, la bagarre pour la commercialisation électronique de livres, journaux, revues, ne fait que commencer. Amazon avec son Kindle A5 paraît rikiki, Sony : on ne sait pas trop ce qu'ils font.. N'oublions pas le logiciel Stanza qui permet de lire des bouquins sur iphone... Et Google ? Voir le livre "La méthode Google" traduit par mon ami François Druel. Il y a un chapitre sur Google et les médias : "GoogleCollins : tuer le livre pour mieux le sauver". En fait il y a un chapitre pour toutes les professions (y compris les banquiers).


Je me demande bien ce qui se passe dans la tête des éditeurs français, et de leurs distributeurs...

Allez, à tantôt...


Hello !

Hôpital La Musse, Saint Sebastien de Morsent (Eure) - Samedi 18 juillet 2009

Hé oui, cela fait un bout de temps que je n'ai pas écrit dans mon blog, ni envoyé de mails... Et c'est aujourd'hui la première fois que je retrouve mon clavier avec une excellente connexion Internet...
Alors que c'est-il passé ? Ma fille, qui scrutait ma boîte mail, m'a dit que vous étiez nombreux à vouloir savoir....


Hé bien j'ai eu un grave accident de santé, puisque que je suis amputé de la jambe droite juste au dessus du genou...
Le samedi 30 mai, chez moi, j'ai ressenti une douleur atroce dans cette jambe... vers les 20 heures (j'étais en train de prendre une photo de mon petit-fils avec le genou droit à terre, et en me relevant...)... Le temps que ma famille se rende compte que c'était grave, que mon fils Nicolas appelle tout azimut pompiers, samu, toubibs... je me suis retrouvé après un stop à l'hôpital de Mantes la Jolie, à la Polyclinique de la même ville (distante de chez moi d'environ 50 kilomètres). Et je suis passé sur le billard, plus ou moins inconscient vers les 2 heures du matin avec tout une équipe au complet. L'opération a duré 3 heures à ce que l'on m'a dit.

De quoi s'agissait il ? En terme compréhensible par tout un chacun, il s'agissait d'un anévrisme de l'artère fémoral sous le genou. Anévrisme qui empêchait le sang d'irriguer normalement le bas de la jambe. Comme vous le savez, le corps médical français n'aime pas trop la publicité (même si elle est à son honneur)... Je ne vais donc pas donner de nom. Mon chirurgien a essayé de sauver la jambe en me faisant un pontage. Mais peine perdue. "7 à 8 heures sans irrigation c'est trop. 3 à 4 heures est le maximum" m'a dit-il (je reviendrais sur ce point dans un prochain post : "ma jambe contre une fibre optique").

Au bout d'une semaine, voyant que l'état de la jambe empirait, il a amputé au dessus du genou. En fait, je suis passé 4 fois sur le billard, et mes changements de pansements, même en respirant du gaz "Kalinox", supposé me faire penser à autre chose, était d'une grande douleur. Et pourtant j'étais suivi par une équipe d'infirmières des plus compétentes, sympathiques, au petits soins, mignonnes, etc...

Heureusement que mon épouse Francine m'a constamment remonté le moral (Francine est qui vous savez), ainsi que mes enfants Caroline et Nicolas, car je pense que sans eux je me serais laissé partir vers d'autres horizons... En entrant à la Polyclinique je pesais 96 kilos (c'est trop, je vous l'accorde). En sortant début juillet, un bon mois plus tard, je ne pesais plus que ...74 kilos.

Fin Juin, la cicatrisation a enfin démarré convenablement. Et je suis arrivé à la Musse (centre de rééducation), dont je vous parlerais dans un prochain post.

Et pour terminer ce petit post (je fatigue encore pas mal), je tiens à remercier tout ceux qui ont demandé des mes nouvelles, et qui m'ont soutenu... Vincent Montet qui a créé le wall "billautshow must go on" sur Facebook, (wall que je ne n'ai pas encore visité - mais je vais y aller ce week-end - ma fille m'avait lu quelques commentaires qui m'ont ému jusqu'aux larmes -)... ceux qui sont venus me voir (et que j'avais dissuadé de venir : car quand vous êtes sous morphine en haute dose, la conversation est plutôt réduite). Et toutes mes excuses à ceux à qui je n'ai pas pu répondre au téléphone, aux SMS, aux mails... et à ceux que j'avais interviewé avant mon problème de santé, et dont je n'ai pu mettre en ligne leur billautshow.

Enfin, un dernier très grand merci à 2 amis : Jean Penicaut, et Abdallah Hitti. Le premier, sans me le dire, a envoyé un mail (mail que j'ai lu plus tard et que j'ai trouvé un peu - comment dire - comminatoire) à la Direction de la Musse, lui demandant d'installer une connexion Internet dans ma chambre (il n'y pas Internet dans les chambres de La Musse - il n'y en avait pas non plus à la Polyclinique)... Il a ensuite appelé plusieurs fois au téléphone la Directrice générale... Bref, il les a convaincu que la chose serait bonne pour mon moral (j'en profite pour remercier Catherine Palladitcheff, la Directrice, d'en avoir accepté le principe). Et enfin, mon ami Abdallah, qui m'a fait installer une ligne ADSL en actionnant le responsable du département "Evénements" de FT : Mr Robert Pétard, qui a fait grande diligence, puisque la ligne ADSL a été ouverte en quelques jours seulement.

Une pensée enfin pour Jean Michel Planche : au cas où le filaire aurait été impossible, il m'apportait tout ce qu'il faut pour le 3 g... Jean Michel est en ce moment à New-York pour vendre ses solutions witbe aux Américains. Souhaitons lui bonne chance.

Ce qui fait que me voilà avec une livebox dans ma chambre à La Musse. Et je n'ai pas encore testé le débit, mais manifestement il est plutôt bon.

Voilà. Vous savez tout. Dans un prochain post je vous parlerais de ma rééducation à la Musse.

Peut-être qu'une nouvelle vie commence pour moi. Allez savoir....