Il n'y a pas à dire, le Web 2.0 évolue vers des plateformes d'intermédiation, visant à mettre DIRECTEMENT en relation une offre et une demande, en bypassant de ce fait les circuits d'intermédiaires traditionnels (qui peut être un jour réclameront eux aussi un Hadopi spécifique ? Pas de mauvais esprit Billaut, s'il vous plaît ...)... Et cette évolution annonce probablement ce que l'on commence à appeler "le web temps réel"...
Investigo est de cette veine : mettre en relation directe investisseurs (Business Angels, les bénéficiaires de la loi TEPA...),et créateurs d'entreprises de type startups hitech, greentech, services à la personne (mais Investigo peut s'appliquer à tout type d'entreprises).
Renaud rappelle qu'en France il y a un sérieux problèmes de financement des startups. Notre pays ne compterait que 5 à 7.000 business angels (contre 40 à 50.000 en Allemagne ou en Angleterre). Pourquoi cette déficience ? Peut-être sommes nous moins riches que nos amis allemands ?
Renaud nous démontre sa plateforme (image ci-dessous : le tableau de bord de la levée de fonds d'une startup sur Investigo)
D'un côté donc les investisseurs, de l'autre les créateurs.
Qui peut s'inscrire comme investisseurs ? (tout le monde mais en France il y a les règles plutôt drastiques de l'AMF 1.0 que Renaud rappelle). Actuellement un peu plus de 1.500 investisseurs sont inscrits sur Investigo.
Côté startup comment s'inscrire ? De quoi se compose la fiche d'inscription ? Investigo juge-t-il de la pertinence du business model de l'entreprise ?
Qui peut regarder la fiche de l'entreprise ? Combien de temps la demande de fonds reste sur la plateforme ? Comment cette demande passe-t-elle dans l'espace financement ?
Et une fois l'adéquation faite, comment s'organise le processus automatique de rédaction des documents officiels ? (pacte d'actionnaires, AG, etc..). Vous ne savez pas trop ce qu'est une "valo pre-money" ? Qu'à cela ne tienne... Investigo ouvrira bientôt un centre de e-learning financier...
Pourquoi Investigo utilise-t-il Twitter ? (je rassure mon ami Chappaz : ici Twitter sert à quelque chose). Quel est le business model d'Investigo ?
Quels sont les autres projets d'Investigo ? (une plateforme de type "marché secondaire" si l'AMF 2.0 est ok ? On pourrait ainsi se revendre les parts que l'on a dans telle ou telle société...
Hors caméra, Renaud m'a montré d'autres bricoles dans le domaine des plateformes... Très impressionnant (et bientôt peut-être sur le billautshow).
Personnellement je pense que le Web 2.0 n'est pas mort comme le pensent certains, et qu'il n'est pas non plus un bidule marketing pour amuser la galerie des consultants et marketeux de tout bord. Non. Un autre système économique est en train de naître sous nos yeux, où les intermédiaires traditionnels n'auront plus qu'une portion congrue. Investigo, Friendsclear, eToro sont ces Paas (platform as a service) visant à mettre directement en adéquation l'offre et la demance ... (plusieurs dizaines dans le monde selon Forrester)...Et la crise économique du monde 1.0 va accélérer certainement le processus...
L'économie 2.0 est en marche... Mais la 1.0 est loin d'être morte. Elle va se défendre, mettez-vous à sa place, à coup d'Hadopi et autres Allopsi... La démocratie y reconnaîtra peut-etre les siens...
Pour contacter Renaud de Lacotte : rlacotte(arobase)investigo(point)fr
Le site d'Investigo ici
© Une production du Billautshow - the video for the rest of us -



Cher Jean-Michel,
Lecteur attentif de votre blog permettez-moi de vous suggérer cette remarque : l'économie n'a pas besoin de moins d'intermédiation mais au contraire de bien plus d'intermédiation de qualité. Comme l'a très bien noté Dominique Wolton, "« Autant le monde des media est assez stable, autant celui des nouvelles techniques de communication est instable, au point, (…), de rendre caducs la plupart des travaux de prospective ». Or le sociologue invite quelques pages plus loin à faire sauter ce qu’il appelle le verrou mental : « admettre que du point de vue de la liberté et de la démocratie, un accès direct à l’information, autant pour la fourniture que l’utilisation, sans contrôle, sans intermédiaire, ne constitue pas un progrès pour la démocratie mais au contraire une régression et une menace. Il n’y a pas de rapport entre accès direct et démocratie. La démocratie est au contraire liée à l’existence d’intermédiaires de qualité ».
Il en va de même pour les entreprises et il serait possible de lire le succès de la Sillicon Valley par un trop-plein d'intermédiaires (universitaires, firmes de capital-risque, conseils en tous genres (mktg, finance, juridique), journalistes de qualité plutôt que par leur absence.
D'ailleurs j'ai envie de suggérer que la réussite seulement relative de Sophia-Antipolis réside justement dans l'absence d'intermédiaires de qualité. Je ne serais pas surpris de constater le succès ou l'échec futur des pôles de compétitivité à l'aune de la présence plus ou moins importante d'intermédiaires de qualité.
A mon avis ces intermédiaires sont, au contraire, un réel indicateur de la richesse créée selon le principe de la formation de liens faibles de plus en plus nombreux, eux-même constitutifs d'un capital social ou immatériel nécessaire aux entreprises comme aux individus qui les composent.
Bien cordialement,
Rédigé par : Thierry Maillet | 03/06/2009 à 11:23