Les Français parlent aux Français : Silicon Valley n°2
Les Français parlent aux Français : Silicon Valley n°4

Les Français parlent aux Français : Silicon Valley n°3

Très intéressant ce barcampbank qui s'est tenu hier Samedi 25 avril 2009, dans les locaux des pompiers de San Francisco (vous avez bien lu) sur Treasure Island, nom approprié, vous en conviendrez, pour parler de banque et de finance. Treasure Island est une île dans la baie de San Francisco sur laquelle s'appuie le Bay Bridge qui relie San Franciso à Oakland de l'autre côté de la baie. 

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Le lieu de rendez-vous n'a cependant pas été très facile à trouver : l'île est grande avec une base de la Marine américaine, semble-t-il démilitarisée. Cela fait un peu Tchernobyl... Mais avec un peu de ténacité, un gps qui marchait quand il voulait, des participants qui arrivaient sans trop savoir où se rendre : on a trouvé. Et en fait, ce barcamp s'est déroulé dans le camp d'entraînement et de formation des pompiers de San Francisco... Où les gens de la Credit Union des pompiers avaient installé un routeur et du wifi ... Et je dois dire que c'est un bonheur d'assister à ce type de conférence en pouvant découvrir sur le Net la chose dont parle le speaker... (j'ai ainsi découvert des trucs incroyables sur l'open money lors du dernier atelier de la journée).. Photo ci-après : le Financial District de San Franciscovu de Treasure Island.

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Comment çà marche un barcamp ?

Une soixantaine de personnes ont participé à ce bcbsf2 (ce sigle est l'index sur twitter : barcampbank San Francisco 2ème édition). Des américains, des espagnols, des canadiens, des français (et même 2 représentants d'une banque française 1.0 !), un indien...etc. Je dois dire que la formule est on ne peut plus magique... D'abord on y trouve des gens de très haut niveau chacun dans son domaine (et même des CEO)... Des gens fortement motivés, vu que cela se passe le week-end... Des gens qui ont envie de créer, de faire bouger les choses... Et qui discutent... discutent. C'est donc très différent d'une conférence traditionnelle (de type 1.0), où l'organisateur définit les thèmes, invitent des spécialistes pour en parler... et fait payer les participants qui viennent écouter et poser une ou deux questions aux speakers... Ici, on définit ensemble les thèmes dont on va parler (ce n'est pas un "éditeur" de conférence qui les définit)... Et chacun est potentiellement speaker et apporte sa pierre et ses réflexions. En tout et pour tout, on nous a demandé une participation aux frais de 20 $/personne.

Frédéric Baud a organisé et managé la journée de belle façon (c'est donc un Français qui a piloté ce barcamp US, c'est à noter). On dirait que Frédéric, par ailleurs homme de process, a fait cela toute sa vie...Cool, bien fait : une main d'acier dans un gant de velours...

En arrivant donc après le "welcome coffe", ceux qui le désirent inscrivent un thème dont ils aimeraient discuter sur un grand post-it qu'il colle sur un tableau organisé en matrice. Sur l'axe des Y : les salles disponibles (3 salles pour nous, mises à disposition par les pompiers), et sur l'axe des X, les slots de temps (5 slots d'une heure chacun). Frédéric ensuite réaménage avec tout un chacun les ateliers, car certains thèmes proposés se recoupent ou se complètent (d'autres sont farfelus comme par exemple "bank robbery 2.0"). En photo, Frédéric réaménage les thèmes...

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Puis chacun se présente : nom uniquement, et donne 3 tags (thémes d'intérêt). Les miens : broadband, virtual branches, Google/eBay-Paypal/Amazon in the banking business... Autres thémes proposés : P2P lending, PFM (personnal finance management), mobile finance, open source credit ratings, security as a product, new innovation with social media, etc... Bref : que du lourd...

Et on démarre les premiers ateliers... 10 minutes avant la fin, Frédéric passe dans les salles avec une pancarte indiquant aux participants le temps restant. Effectivement je n'ai pas vu le temps passé presque dans tous les ateliers auxquels j'ai participé. Retour dans la "main room"... Le responsable de l'atelier (celui qui a proposé le thème) fait un bref débriefing... Et on recommence avec l'atelier suivant après un break. Et un lunch mexicain à 13 heures. L'occasion de continuer les conversations... Naturellement les participants n'ont pas arrêté de twitter...(vous trouverez la liste des twits ici).

Ce qui s'est dit en bref...

1/ Google a déposé il y a déjà quelques mois des brevets concernant, on le suppose, des business process dans le domaine de la banque et de la finance. Certes Google dépose beaucoup de brevets... mais sait-on jamais ?

2/ Dans le domaine du PFM, Mint a plus d'un million d'utilisateurs, soit un "stock" de 50 milliards de $ de transactions réalisés par les dits utilisateurs, et un potentiel d'économies que ces utilisateurs auraient pu ou pourraient réaliser de 100 millions de $ ! Avec 3.000 utilisateurs de plus par jour ! Il n'y a pas à dire, le social finance intéresse les masses...

3/ Toujours dans le PFM, les banques, qui disposent des données d'achat de leurs clients ont-elles vocation à créer leur propre Mint avec leurs clients ? Nos amis espagnols pensent que oui. Ils vont lancer bientôt "gustos", une plate-forme en marque blanche pour les banques. En fait cela est complémentaire à mon avis avec "jechange.fr"...

4/ "Mon" atelier : je croyais avoir un succès très mitigé avec mes thèmes. Il y a eu quand même une dizaine de participants. Le très haut débit (FTTH) va-t-il entraîner la création de services financiers nouveaux ? Quid des agences bancaires virtuelles ? A-t-on besoin de visiophonie HD entre le conseiller et le client/prospect ? Quel avenir pour les banques disposant d'un réseau d'agence physique, si le TRES haut débit se généralise ? Et si l'usage de plateformes collaboratives se répand chez les particuliers, comme on commence à le voir dans le domaine du business (webex, connect pro, teleprésences, les plateformes de virtual tradeshow comme ON24 qui a un grand panneau publicitaire sur l'autoroute de la Valley ..) ? Etc... Les avis sur ces questions ont été mitigés. En fait, j'ai eu l'impression que ces aspects n'avaient jamais été trop abordés par les participants... Mais en gros, la moitié pensent que tout cela va arriver (y compris la banque Google...). 

5/ "L'open money" : gros succès de cet atelier piloté par Michael Linton et Guillaume Lebleu (un Français qui vit ici). D'aucuns de penser que nous allons tous, en tant que nous sommes, créer notre propre monnaie. Vous trouvez ici un manifeste de la chose. Certes je connaissais comme vous probablement les SEL en France qui sont restés très très marginaux. Là, cela va plus loin. La crise va-t-elle accélérer la chose ? L'open money est-il de nature à enrayer le chômage ? (Marc Dangeard - un autre français qui vit ici et présent à ce barcampbank, à la différence de Stéphane Kasriel - voir mon post précédent - pense que la crise atteint aujourd'hui la Silicon Valley...)

6/ Beaucoup de discussions autour du P2P lending. Je pense que vous trouverez sur le blog de Jean Christophe Capelli (Friendsclear) un compte rendu plus circonstancié que celui que je pourrais vous faire.. (Friendsclear pourrait annoncer des choses intéressantes d'ici la fin de l'année.. mais je ne vous ai rien dit...)

6/ L'impact des réseaux sociaux est déjà bien établi. Quid de nouvelles métriques dans la notation du risque dans le prêt d'argent de personne à personne ? Ces personnes utiliseront-elles leur notation eBay ? Ou d'autres types d'algorithmes de calcul de e-réputation ? Facebook va-t-il devenir une plateforme financière ?

7/...

J'ai découvert au cours de cette journée un monde nouveau qui est en train de naître... Le 2.0 commence à incruster le monde de l'argent. Monde nouveau que le Finovate de mardi prochain confirmera je pense (je viens d'apprendre qu'à ce Finovate, les powerpoints étaient interdits... Ha ! tout passe ma p'ôve dame...). En parlant de cela, Obama vient de tirer les oreilles à ses banquiers. Le Congrés et le Sénat sont en train de mettre sur pied semble-t-il un arsenal visant à supprimer les dérives de nos amis banquiers...
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J'ai interviewé Guillaume Lebleu sur l'open money, George Favvas (un canadien français) de smarthyppo (voir copie de smarthyppo ci-après)..Image 8

Et naturellement Jean Christophe et Frédéric. Je vous posterais tout cela au retour... Car ici il y a certes un accés, mais on ne peut pas dire que les débits permettent d'uploader rapidement une vidéo de 50 mégas...

Fait toujours un froid de canard ici... Va falloir que je m'achète aprés le pull, un truc polaire... Glandouille je pense aujourd'hui dimanche... Avec un brunch vers midi avec quelques participants au bcbsf2... Et figurez-vous qu'on ne sait pas encore où. Cela va se déterminer dans la matinée avec twitter, skype, et le crowdsourcing... Hé oui, faut vivre avec son temps...

Et pour terminer une petite vidéo dont Marc Dangeard m'a transmise l'url. Foin d'agence de banque visiophonique... Votre banquier sera bientôt dans votre salon ou votre cuisine et vous suivra partout.Image 11

On n'arrête pas le progrès...

Allez demain peut-être pour de nouvelles aventures...

PS Vous trouverez quelques photos du bcbsf2 ici et ici.

Commentaires

senceber

On avait en 1996 créé une open money électronique à Parthenay lors de la création de la version 1 de l'Intownet.
Elle portait le nom de PES (Parthenay Echange Services)et nous avions créé pour l'occasion un porte-monnaie electronique pour accélerer les échanges. Nous avions même eu à l'époque des échanges avec la Banque de France qui s'intéressait à ce projet (l'axe qui les motivait était justement comment accélerer l'économie sans création de monnaie classique, nous avions même évoqué l'idée d'une parité PES/Francs pour permettre des paiements chez les commerçants)
Michel Hérvé (le maire qui n'était pas à une innovation près) avait demandé à ses équipes munipales une réflexion et un projet qui permettrait aux habitants de payer les entrées de piscine, voire les cantines avec cette monnaie.
Ce fut, hélas, un bide car cette monnaie fut perçue comme sociale (cad pour ceux qui n'avaient pas d'argent) et non comme innovante économiquement et peu de gens l'utilisèrent.
Mais cette expérience mériterait d'être relancée et couplée avec les moyens actuels (réseaux sociaux, autoentrepreneur, etc...)
Sinon, dépêche toi de revenir car on est en train d'installer des webschool partout et mieux encore..
J'ai refait ma cave, on devrait pouvoir te recevoir une bonne semaine au minimum.

FredericBaud

Jean-Michel, merci pour ce compte rendu et pour la photo.

Mais on ne peut certainement pas dire que j'ai piloté le BCBSF2 puisque, tout d'abord c'est de toute façon un processu collaboratif, et qu'ensuite tout le mérite revient à Diana Dykstra, son équipe et Guillaume Lebleu. Je dois saluer l'organisation parfaite et le lieu unique. C'est ça la magie des BarCamps.

billaut

@senceber
effectivement je me souviens de ta monnaie...
on pourrait relancer la chose sur tout le Poitou Charentes ?
je reviens fin de semaine... et OK pour visiter ta cave...

billaut

@FredericBaud
merci de ces précisions...

Phil Jeudy

Le banquier à la maison ? Loic Le Meur l'avait rendu possible avec Seesmic... tout simple et efficace. Dans une autre "vie" sans doute...

Marc Duchesne

@senceber: en Brie Champenoise, un projet en cours de discussion en milieu rural. L'idée centrale: supprimer les échanges de "vraie" monnaie dans toutes les transactions entre citoyens et municipalité. Y compris et surtout peut-être dans les écoles et collège.
En parallèle, naturellement, utilisation de monnaie virtuelle par les associations, clubs, etc. Exemple dans l'AMAP locale.
Plateforme: PayTap de l'ami Jean-Marc Levy-Dreyfus.

Vincent Florin

Pas forcément "2.0", mais chez Monabanq (ex-Covefi) et depuis environ 1 an, on peut prendre rendez-vous avec son conseiller pour une discussion vidéo via Skype.

denis

Google Banque c'est deja le cas : voici un extrait des conditions générales de google checkout pour les clients français "Google Payment Ltd. est autorisé et réglementé par la FSA (Financial Services Authority) au Royaume-Uni en tant qu'organisme de paiement électronique. Le numéro d'immatriculation FSA de Google Payment Ltd. est le 462517"

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