Jacques Rosselin : le retour...
10 milliards pour la fibre ?

Plan Economie Numérique 2012 : vous avez dit bof ???

Un bref ressenti sur la présentation de ce Plan Lundi dernier à l'Elysée et sur la conférence de presse d'Eric Besson, secrétaire d'Etat à l'Economie Numérique, qui a suivie dans l'après-midi.. Je n'ai pas eu le temps d'en parler à chaud vu que je partais à Nevers puis à Rennes ... Et je me suis dit - vu les réactions mitigées que j'ai eues justement à chaud lors de la présentation -, fallait mieux lire le document avant. Et y réfléchir un peu.

Un peu déçu sur le coup je dois dire, et je pense ne pas être le seul... Beaucoup de monde en tout cas lundi matin à l'Elysée (500 personnes environ), Dsc02345 avec tout le Saint Frusquin de la belle élite gauloise dans le domaine du Gouvernement, de la publicité, du contenu, des opérateurs (Même Xavier Niel - Iliad Free - qui d'habitude ne sort pas de son bureau - était là, certains m'ont même dit que Xavier était passé chez le coiffeur pour la circonstance... Moi, je n'ai pas remarqué, ou alors il a un coiffeur un peu bizarre...).

Pourquoi donc ce bof ?

Point 1: Le Président de la République n'est pas venu (il avait déjà reporté la présentation on s'en souvient). C'est en dernier ressort Eric Besson lui-même avec un retard d'un quart d'heure, qui a lu son discours ou une adaptation. Motif invoqué : le Président, rentré de Washington travaillait avec ses homologues européens pour monter la ou les conférences américaines pour résoudre la crise financière.
Cela a je pense un peu marqué les esprits... "il ne s'intéresse pas beaucoup au numérique, le Président...", "il aurait quand même pu prendre 5 minutes pour venir nous saluer et nous dire d'un ton pêchu "allez-y les petits gars..."... Et même l'un de mes amis d'ajouter : "il aurait pu enregistrer une vidéo - genre billautshow - (sympa...) dans l'avion présidentiel qu'il le ramenait des US.. cela aurait fait trés bien...Et montré qu'il s'intéresse au 2.0, malgré les problèmes du 1.0..." Et encore : "Après tout, c'est nous qui allons faire ou plutôt continuer de mettre la France sur les rails de l'économie numérique... cela aurait été bien que le Petit Timonnier (sic) vienne nous dire de nous remonter les manches...". Bon la crise financière il est vrai, ne sera pas simple à cautériser, et cela passe avant le numérique et le 2.0, semble-t-il... Encore que je pense comme Eric Besson, à qui j'avais posé la question l'après-midi, que la crise va accélérer l'arrivée du 2.0 (l'expression 2.0 a été souvent citée par le Ministre).

Point 2 : A la fin du discours de Mr Besson à l'Elysée, j'ai fait un micro-trottoir, pardon un micro-salon, dans la salle des Fêtes de l'Elysée... 3 à 4 personnes sur 5 m'ont dit "Bof" à la question "Qu'en pensez-vous ?" ... Il faut dire quand même que les gens présents connaissaient un peu les problèmes... Et que pour eux c'était plutôt une redite... Les uns ont parlé de poésie, d'autres ont regretté qu'il n'y avait pas de volet industriel (par exemple pour les fabricants de fibres, et autres box, etc...). Certains ont fait remarqué que l'on s'intéresse plus aux contenus (qui amusent le peuple - sic) qu'à l'organisation des marchés en 2.0 (qui crée de la richesse - sic) ... Etc...Etc...

A part cela, les petits fours de l'Elysée sont toujours excellents (même qualité que du temps du prédécesseur, mais quantité moindre m'a-t-il semblé - crise oblige ? )... Et le champagne rosé est toujours aussi délicat et bien frappé... Je vous rassure : vos impôts sont bien utilisés.

Après les présentations de la journée, je suis donc parti en train à Nevers où je participais au 1er Forum Européen de la communication électronique (ce qui m'a donné le temps de lire le Plan Besson au départ et au retour). Je présidais en effet à Nevers un atelier sur la médecine 2.0 (j'ai beaucoup appris), et j'ai participé à une plénière "du big bang à la cyberculture" avec Marcel Desvergnes en visiophonie (il était à Tokyo : toujours la pêche le père Desvergnes), et un professeur d'HEC (qui m'a d'ailleurs dit que je devais être marxiste du fait des idées que j'ai exposées - Merci de ne rien dire à Madame Billaut, comme j'ai fait en mon jeune temps ma communication solennelle, cela ferait désordre...).

Mais revenons à nos moutons... Donc la lecture du Plan Besson : une collection de mesures à la Prévert certes. Cela manque de souffle, mais ne soyons pas complétement négatif...  Il y a quand même un truc important dans ce plan : l'Etat met place les règles pour fibrer la France. Avec un décret qui devrait être entériné avant la fin de l'année sur "un droit à la fibre" pour tout un chacun, droit qui sera opposable (comme le droit au logement) à condition d'avoir au moins un opérateur localement.

Deuxième point très important : on va pouvoir utiliser les réseaux existants (réseaux électriques basse et moyenne tension, réseaux de distribution d'eau et d'assainissement). Par exemple : on pourra accrocher une gaine contenant plusieurs fibres sur les poteaux électriques : Dieu sait s'ils sont nombreux dans nos campagnes ! Et puis-je le faire remarquer : le réseau électrique basse tension arrive chez vous. Jusqu'à présent en effet on ne savait pas trop ce qu'il en était. Donc la France peut se fibrer rapidement et pour moins cher que l'enfouissement (on parle de 15 euros du mètre en aérien) ... Voir pages 20 - 21 - 22 du document présentant le plan.

Reste à savoir comment, et qui finance. Là nada dans le plan Besson...

Les Caisses de l'Etat sont vides paraît-il, et le renflouement des banques ne va pas arranger les choses. Il y a ensuite les opérateurs privés nationaux, lesquels naturellement ne vont s'occuper que des coeurs des grandes métropoles. Le rapport Besson cite 4 à 5 millions de foyers fibrés en 2.012. Reste une quinzaine de millions de foyers "campagnards". Qui certes, disposeront d'une connexion haut débit fixe avec un droit d'accès à un tarif abordable prévu dans le rapport (35 euros par mois, équipements compris). Mais pour le TRES haut débit fixe...

Face à cela on fait quoi ? Soit comme d'habitude on attend tout de l'Etat, et comme il ne peut pas a priori, et bien on râle, ce que le Gaulois fait remarquablement bien, et on ne fait rien. Ou alors, nous les citoyens, on prend notre destin en main et on se retrousse les manches...

Le rôle des élus locaux devraient être déterminants (Mesdames et Messieurs les Elus des Yvelines : que fait-on ?)... Elus locaux mais aussi chefs d'entreprises. L'entreprise LIPPI par exemple (j'ai interviewé ses patrons ici) attend une liaison fibre dans la campagne du Poitou-Charentes pour développer son business. France Telecom lui a dit que dans son domaine (la métallurgie) LIPPI n'en avait pas besoin (sic). Et les élus locaux du coin sont un peu à la masse, ne sachant pas trop quoi faire... Alors Madame Parizot, et vous les chefs d'entreprises de l'APM, des Jeunes dirigeants et autres... On glandouille ?

On pourrait faire moins de rond-points par exemple et en lieu et place financer des opérateurs locaux ?  Ou créer des coopératives de télécommunications comme l'a fait la ville de Nuenen en Hollande ? J'ai revu Kees Rovers, l'initiateur de la coopérative hollandaise Mardi soir au pot offert par la municipalité de Nevers dans son magnifique Palais Ducal. Kees m'a dit que la ville d'Endhoven qui se trouve à côté de Nuenen, créait une coopérative (un peu plus de 200.000 habitants à Endhoven). Et Kees reçoit début novembre de cette année quelques élus du Conseil Régional de Bretagne à Nuenen pour leur montrer et expliquer sa coopérative... Et connaissant Kees, je suppute qu'il va leur proposer de créer la coopérative bretonne du TRES haut débit... (j'ai rencontré à Rennes hier une petite dizaine de startups bretonnes... Hé bé, il y a du lourd chez les Bretons. Il n'y a pas qu'à Paris où il y a de belles startups... Bientôt sur le billautshow)...

Et vous Mesdames et Messieurs les Elus des Yvelines, cela vous dirait d'aller faire un tour en Hollande ? Yvelines ou autres territoires d'ailleurs ? Il faudrait aussi que vous alliez voir Labs2 à Lund en Suède... Très impressionnant (voir ici).

Les caisses de l'Etat sont vides disais-je ? Mais alors d'où vient tout cet argent, ces milliards d'euros dont on nous parle pour éponger la crise, et éviter une récession à la 1929 ? Si je me souviens bien de mes cours d'économie politique, il me semble que notre Gouvernement met en place une relance keynésienne... Comme est en train de le faire, semble-t-il, le Gouvernement anglais, où son premier Ministre Gordon Brown a déjà "découvert" et mis en place le dispositif financier pour éviter que son système bancaire ne s'effondre, tel un château de cartes. Et les autres pays d'adopter le même plan en France comme aux USA. Comme quoi les Anglais : Keynes, Gordon Brown, etc.. ont un vision des choses. De même d'ailleurs que Franklin D. Roosevelt qui en 1933 a mis en place son New Deal pour enrayer le désastre de 1929. New Deal de plusieurs milliards de $ d'agent public pour ... mettre en place le réseau électrique dans le Middle West...(Tennesse Valley Authority).

Alors pourquoi ne ferions-nous pas la même chose ? Mettre en place le réseau optique dans nos campagnes en détournant quelques milliards que l'on pourrait affecter à cette politique de grands travaux ?

Faut se bouger... Mettons en place les infrastructures, et laissons faire les jeunes. Les usages ce sont eux qui vont les trouver... Le passé c'est bien, mais le Futur c'est mieux, car c'est là que nous allons y passer notre vie... Les journées du Patrimoine c'est bien... Mais le TRES haut débit c'est mieux...

Vous reconnaîtrez sur cette photo prise sur le perron de l'Elysée quelques papies et mamies de l'Internet Français... Et ici quelques photos de notre ami Jean Michel Planche...Dsc02358

Commentaires

Mathieu Bernier

Personnellement, mais je m'y attendais, j'ai été très déçu, comme beaucoup de français, des décisions sur les opérateurs mobiles et les licences.
Dans des tournures de phrase alambiquées comme on sait si bien les écrire en français, le gouvernement dit Amen aux oligarques en place et au revoir à Free.
Et de lire plus tard un commentaire d'un patron de Vivendi (SFR) disant en synthèse : les prix sont assez bas en France, pas de place pour un nouvel opérateur ... Il faut avoir un sacré paquet de culot pour sortir ce genre de bêtise ... Mais on est plus à cela près dans le mon des télécom en France. Quelle honte pour un président du pouvoir d'achat, nous continuerons à pays à son ami Martin Bouygues des forfaits aux prix exhorbitants avec des Conditions Générales de Vente plus ou moins obscures.
A bon entendeur ...

Jacques

Tout à fait M. Billaut !qu'on nous donne des tuyaux on se chargera de les remplir. Pour nous pas besoin de plan 2012, la marche a commencé il y a plus de 10 ans à présent.

marc duchesne

Nuenen : AMHA *LE* modèle d'avenir. La crise va effectivement nous forcer à passer partout en "mode 2.0".
Dans le secteur automobile, voir la "startup" hongroise Antro : association, en mode collaboratif, qui passera au stade de production grâce à la contribution de particuliers et petits investisseurs : mode coopérative...

Pour revenir à la fibre : il paraît aujourd'hui évident que le FTTH rural (voire rurbain) ne sera possible que grâce à la participation active des concitoyens. Aux collectivités territoriales et locales le déploiement des backbones long-haul et local loop, aux habitants le last mile.

marc duchesne

@JMB : faut pas leur causer de "New Deal". Faut leur causer "Chômage". Déployer le THD partout dès maintenant, ce sont des milliers d'emplois sauvegardés et créés. Full stop.

Jean Sébastien Loygue

"Le passé c'est bien, mais le Futur c'est mieux, car c'est là que nous allons y passer notre vie... Les journées du Patrimoine c'est bien... Mais le TRES haut débit c'est mieux..."
Qui dit mieux ?

irondelle

Bonjour,

pour moi aussi c'est une vrai déception !
Ce plan préserve les oligopoles actuels : les télévisions (car le THD et la VOD bouleversaient totalement leur business model) et les opérateurs fixe et mobile (ah si xavier niel révolutionnait le téléphone mobile..et sa facture).
L'absence ou la lenteur de déploiement de très haut débit en France sera un manque gigantesque pour notre pays.
Adieu la Réforme de l'Etat, les économies de dépenses au niveau de la sécurité sociale, la télémédecine, et les Google et Apple français (regardez la stratégie de Google ou d'Apple, avec Mobile me : the network is the computer). L'usage du très haut débit est vitale aussi pour les entreprises. Grâce au très haut débit, Dassault aviation, via ces centres à travers le monde, a développé son dernier falcon en 7 mois au lieu de 17 mois !.

Les économies et les gains directs ou directs d'un véritable réseau Très Haut Débit sont gigantesques. Pourquoi ne sont-il pas été quantifié dans ce plan ? Parce que un vrai plan numérique dérangerait les oligopoles et les conservateurs ?

Le plan numérique pourrait être beaucoup plus simple...les idées démangent mon clavier.

Jean-Michel, j'ai une idée : faisons un Plan Numérique 2.0, avec les internautes et les entrepreneurs civiques (xavier niel, jena-michel planche et c..).

J'ai dépose les domaines : plan-numerique.net et plan-numerique.net. (+ dérivés)

Es-tu partant pour lancer cette idée sur ton blog ?

Amitiés

Julien IRONDELLE

irondelle

Bonjour,

pour moi aussi c'est une vrai déception !
Ce plan préserve les oligopoles actuels : les télévisions (car le THD et la VOD bouleversaient totalement leur business model) et les opérateurs fixe et mobile (ah si xavier niel révolutionnait le téléphone mobile..et sa facture).
L'absence ou la lenteur de déploiement de très haut débit en France sera un manque gigantesque pour notre pays.
Adieu la Réforme de l'Etat, les économies de dépenses au niveau de la sécurité sociale, la télémédecine, et les Google et Apple français (regardez la stratégie de Google ou d'Apple, avec Mobile me : the network is the computer). L'usage du très haut débit est vitale aussi pour les entreprises. Grâce au très haut débit, Dassault aviation, via ces centres à travers le monde, a développé son dernier falcon en 7 mois au lieu de 17 mois !.

Les économies et les gains directs ou directs d'un véritable réseau Très Haut Débit sont gigantesques. Pourquoi ne sont-il pas été quantifié dans ce plan ? Parce que un vrai plan numérique dérangerait les oligopoles et les conservateurs ?

Le plan numérique pourrait être beaucoup plus simple...les idées démangent mon clavier.

Jean-Michel, j'ai une idée : faisons un Plan Numérique 2.0, avec les internautes et les entrepreneurs civiques (xavier niel, jena-michel planche et c..).

J'ai dépose les domaines : plan-numerique.net et plan-numerique.net. (+ dérivés)

Es-tu partant pour lancer cette idée sur ton blog ?

Amitiés

Julien IRONDELLE

Pierre Ygrié

Il est partout notre Jean Michel .J’ai failli aller à Nevers … seulement failli ! Merci pour le compte rendu

Sur le plan numérique j’ai fait, au nom de l’association « Les Webs du Gévaudan » deux articles :

-l’un sur le site du conseil régional de l’Alsace http://www.e-alsace.net/

-l’autre,ci-dessous, adressé aux parlementaires et aux élus lozériens,au président du conseil régional et … à pas mal d’autres personnes … histoire de montrer que la Lozère existe et qu’elle voudrait bien bouger si.. si… et si ??

Plan numérique 2012 : Réaction des Webs du Gévaudan

►Le plan numérique 2012 ,dont l’annonce lundi dernier a été quelque peu occultée par l’actualité immédiate, présente des avancées certaines dans de nombreux domaines :prise de conscience que l'économie numérique est un gisement encore trop peu exploité en France ( part de l'économie numérique dans le PIB de 6%, contre 13% aux Etats-Unis et 17% en Corée),création d’un « droit opposable » pour bénéficier d’un accès Internet haut débit à compter du 1er janvier 2010 à un tarif »abordable » (moins de 35 euros) ,couverture en haut débit de 100% des Français d’ici 4 ans ,actualisation tous les deux ans du débit minimal et du tarif maximal ,attribution de nouvelles fréquences aux opérateurs télécoms pour « bouster » la téléphonie et l’Internet mobiles ,mise en place d’ « ambassadeurs numériques »pour accompagner les PME et les seniors ,encouragement du télétravail et de l’administration électronique ( avec demande au secteur public de montrer l’exemple ! ),création d’une carte d’identité électronique pour sécuriser les communications et les transactions ,lutte contre la cybercriminalité ,développement de la production et de l’offre et de contenus numériques, mise en place d’un répertoire national des œuvres numériques protégées ,développement des espaces publics numériques et des cyberbases ,création d'un conseil national du numérique ,réduction au niveau européen des délais nécessaires pour changer d'opérateur mobile en conservant le même numéro (mais ce n’est pas la principale préoccupation des zones rurales !) etc…

►Il n’en présente pas moins de graves lacunes pour le développement du très haut débit en zones rurales :

-définition du haut débit contestable :
Le haut débit est une notion évolutive, le haut débit d’un jour devenant rapidement le bas débit du lendemain .Si le 512 k a pu être naguère considéré ,à notre avis à tort(débits asymétriques),comme du haut débit ce n’est plus le cas aujourd’hui .Avec le développement exponentiel des contenus (doublement tous les dix huit mois) la barre « bas débit/haut débit » va se relever très rapidement ! Le « droit opposable » du plan n’est donc qu’un droit à un « service minimum » mais en aucun cas un droit au haut débit tel que nous l’entendrons demain !

-accès inégalitaire au très haut débit
.Dans le plan aucune obligation n’est faite aux opérateurs d’installer des réseaux de fibre optique en zones rurales, ces réseaux étant naturellement « réservés » dans la logique de marché, aux territoires « rentables » ! Aucun budget n’est apparemment prévu par l’Etat qui s’en remet aux collectivités territoriales (région,département,communes… ) mais sans leur donner des moyens supplémentaires à cet effet ! A défaut de budget on aurait pu prévoir un système de péréquation alimenté soit par une taxe sur les opérateurs soit par le prélèvement de quelques euros supplémentaires sur tous les abonnés haut débit ( amortissement du « fibrage » de toute la France amortissable en 30 ans !) .Rien de tout cela n’est prévu à notre connaissance ! ….à moins que l’effort d’ « investissement massif dans le très haut débit de l’ordre de 30 milliards d’euros » annoncé hier à Annecy par Nicolas Sarkozy ne concerne essentiellement les zones où le marché n’installera pas « naturellement » la fibre ?? Il sera très intéressant de suivre l’affectation de cet investissement .

►Or l’économie de la connaissance sera basée demain sur le très haut débit et non sur le haut débit ! Le gouvernement l’a d’ailleurs compris lorsqu’il encourage le développement de la production et de l’offre et de contenus « lourds » ( vidéo sur Internet, presse ,jeux vidéo ,logiciels.) .Mais il ne va pas jusqu’au bout de sa propre logique !
Nous aurons tous besoin de très haut débit (x) non seulement sous l’angle « consommation » (besoins culturels , besoins économiques , besoins « santé » , besoins de réflexion sur des sujets d’actualité …) mais aussi sous l’angle « production » (besoins de « participation citoyenne », besoins d’échanges ) d’où l’importance de la symétrie et de la « puissance » des réseaux !
.

►Ce plan supprimera la fracture numérique au sens où on l’entend habituellement ( « gap » entre haut débit et bas débit) mais il ne fait rien ,semble-t-il, pour empêcher le « gouffre numérique » qui se prépare (gap « haut débit/très haut débit ») !

La Lozère a besoin d’un plan très haut débit pour acquérir une visibilité numérique susceptible d’attirer les travailleurs de l’économie de la connaissance et compenser la faiblesse de ses infrastructures physiques .Symbole de la ruralité s’il en est, notre département pourrait devenir un territoire symbolique de la ruralité moderne (mariage du terroir et de l’Internet) pour peu qu’on lui donne un accès égalitaire à l’économie de la connaissance via des infrastructures pérennes en fibre optique .La volonté politique du département n’est pas en cause , ce dernier s’étant doté d’une dorsale numérique sur l’A75 et tentant, de « pousser la fibre » le plus loin possible ,y compris en utilisant des techniques innovantes beaucoup moins coûteuses (aérien) .Mais les limites d’une telle volonté sont vite atteintes dans un département dont le budget est ridiculement faible

Dans le cadre d’un aménagement équilibré du territoire le département symbole de la ruralité mérite mieux .Ce qui pourrait être fait en Lozère avec du très haut débit pourrait être exemplaire pour bon nombre de territoires ruraux .Dés l’annonce d’un plan très haut débit par le gouvernement début 2007 les Webs du Gévaudan appelaient l’attention des pouvoirs publics sur les « oubliés » du très haut débit (http://www.lozere-online.com/websdugevaudan/index.php?2007/07/08/69-les-oublies-du-tres-haut-debit-en-2015 ) .Dans ce qu’il (ne) prévoit (pas) pour le très haut débit en zones rurales le plan numérique 2012 confirme nos craintes .


►Il convient donc,à notre avis ,de mobiliser l’ensemble des Lozériens pour :

1- au niveau local (tous publics) : Convaincre élus et citoyens que nous aurons tous besoin de très haut débit ,Prendre conscience que l’égalité d’accès à l’économie de la connaissance ,porteuse de croissance et de « mieux être », se fera par le très haut débit et non par le haut débit , Inciter chaque collectivité à constituer le réseau fibre de son territoire :conception , étapes pour le constituer, supports retenus (enterrés, aérien) …des guides « fibre » sont consultables sur les sites des régions Aquitaine (http://tic.aquitaine.fr/fibre ) et Alsace ( http://www.e-alsace.net/documents/fck/file/documents_pdf/fibre_optique_RA.pdf ) ;S’assurer que les investissements nécessaires pour assurer à tous les Français le haut débit en 2012 s’inscrivent bien dans un schéma directeur « très haut débit » du territoire Donner la priorité absolue aux investissements pérennes,c'est-à-dire à la fibre ! Solliciter une aide maximale de la région pour un département exemplaire des « avant pays » du Languedoc Roussillon !

2-au niveau national (élus nationaux et gouvernement) : Demander un droit à la fibre pour tous les citoyens ,Demander une mutualisation des réseaux .Demander la mise en place d’un système de péréquation en faveur du très haut débit en zones rurales . A l’heure où l’on trouve des centaines de milliards que l’on espère récupérer quand la conjoncture sera meilleure n’est-il pas temps de « renverser » la question habituelle ( « quel serait le coût d’un fibrage généralisé du territoire » ? ) par une autre : « Combien ferait économiser à l’économie française, dans une logique de développement durable et de mieux être des populations, le fibrage généralisé de la France ? » Mais pour répondre sereinement à la question il faut,comme dans d’autres domaines, que la puissance publique s’implique pour décider de mettre quelques garde fous aux règles de « sainte concurrence » tout au moins pour les territoires « hors concurrence » ?

Depuis l’antiquité le développement des territoires s’est fait grâce aux infrastructures d’échanges .Pour compenser la faiblesse de ses infrastructures physiques la Lozère a besoin d’une visibilité numérique maximale que seule lui donnera le très haut débit .La géographie étant ce qu’elle est l’amélioration des infrastructures physiques a ses limites,celles des infrastructures numériques non pour peu que la volonté politique soit au rendez vous !

Pierre Ygrié
Webs du Gévaudan
24 octobre 2008

billaut

@Julien
Un shadow cabinet comme dans le temps chez les anglisches ?
pourquoi pas ?
Comment vois tu la chose ?
En ce qui me concerne pas de réunions à la gauloise à n'en plus finir... j'ai donné dans mon jeune temps...
Chacun fait un draft de 3 à 4 pages : une reunion pour mettre les bouts ensemble ?
Cela rappelera le manifeste du Club de l'Arche de 1993/1994...

marc duchesne

@Julien & JMB : attention à ne pas multiplier les initiatives du même genre. J'oserai rappeler ici la courageuse et amibitieuse idée de Jean-Michel Planche, qu'il serait astucieux ici de rejoindre : http://www.internetforeveryone.fr/

Menfincekejendi,
_Marc

olivier2

La plupart des "pro TIC" ont comme principal argument pour promouvoir leur cause le vivier de création d'emplois. Cet argument n'a d'intérêt que si on le confronte au niveau des emplois détruits par les mêmes TIC. La littérature disponible sur le sujet est abondante et évidement orientée selon la cause que l'on défend. L'Etat semble avoir choisi son camp puisque l'adoption des TIC est toujours présentée - à raison - comme une élément majeur de productivité et donc de contraction des effectifs au service de la réduction des dépenses, sous entendu salariales....( au passage, les collectivités territoriales feraient bien d'en prendre de la graine....). Le bon peuple dont je fais parti, a tendance à penser que le solde création / suppression est négatif, et les employés de la CAMIF doivent en être convaincus. Le bon peuple pense aussi que tous les employés de bureau n'ont pas vocation à devenir développeur JAVA, ni les BAC + 4 ou 7 tireurs de câble sous les trottoirs au SMIC.
Par ailleurs, cette dynamique supposée de création d'emploi n'a t'elle pas déjà atteint son apogée ? Certains secteurs "pilotes" dans ce domaine ( Les Media, la Publicité, la Commnication au sens large ) n'étant déjà plus en phase de recrutement et ce indépendamment de tout facteur conjoncturel.
Parmi le grand nombre de contributeurs avisés de ce blog, y aurait il quelqu'un pour m'indiquer l'existence d'une littérature fraîche et objective sur ce thème ?
Merci d'avance.

billaut

@olivier2.
la voiture a supprimé les maréchaux ferrands, es charrons, et autres...
Les réseaux d'eau ont supprimé les porteurs d'eau... l'électricité a supprimé les fabricants de bougies...
etc...etc...
il faut relire Schumpeter...
Il y a 2 solutions : soit on reste comme on est (et dans ce cas faut supprimer Internet et autres trucs)... soit ...
L'espèce Homo Sapiens choisit en général le deuxième "soit". En tout l'histoire le montre...

olivier2

Cher JMB, vos remarques ne sont pas contestables et ce n'était pas le sens de ma question. Les théories de Schumpeter sont toujours valides mêmes si elles datent d'un siècle, et si ma mémoire de très ancien étudiant est bonne Schumpeter envisageait déjà la fin du modèle capitaliste, ce qui le rendait très populaire auprès de bon nombre d'étudiants dans les années 65 /70.
La théorie c'est bien, les faits c'est pas mal aussi. Je cherche des faits, si on peut m'aiguiller dans cette recherche je suis ravi. Sinon, tant pis.

billaut

@Olivier2
des faits sur des choses futures ? a savoir est-ce que les TIC vont créer de l'emploi et en détruire dans le 1.0 ?
on verra à l'arrivée...
avant : suppositions ...
Quand on a démarré la Révolution Industrielle on n'a pas demandé aux gens s'ils voulaient la faire ou non, vu que personne ne savait ce que cela allait entraîner...

marc duchesne

@Olivier2 : AMHA, il vaut mieux un Bac+4 qui pose du câble qu'un Bac+4 qui pointe à l'ANPE. Au moins, dans le premier cas, il se rend utile à la collectivité...
C'est un Bac+3 et ancien chômeur de longue durée (12 mois) qui vous le dit.
_Marc

Pierre Ygrié

En Lozère les bac+4(ou 5 ou6 !)quittent tous le département pour s'installer ailleurs .
Comment les retenir en Lozère? J'ai la faiblesse de penser qu'une "Lozère numérique" en retiendrait quelques uns car ils sont tous trés attachés à leur département.

Frédéric LIPPI

C'est définitivement pas gagné pour notre fibre à Mouthiers ! Mais au moins les habitants de la commune pourrons s'exercer grâce au nouveau complexe sportif !

billaut

@Frederic...
bon ben c'est mieux que rien.. rond-points, terrains de foot... de quoi se plaint-on ?

Julien

Je suis moi aussi déçu du plan : très peu de concret et surtout un sentiment de manque de connaissance du marché d'où aucune action directe...
Par contre j'aimerais revenir sur un discour que l'on entend souvent sur les Milliards d'investit pour contre carrer la crise (ou au moins essayer).
Ce n'est pas une dépense mais bien une "sorte" de prêt au banque & au marché. Comptablement l'argent va revenir ce qui n'est pas le cas quand l'état investit dans les infrastructures (puisque nous payons des impôts pour ça, hors le champagne et les petits fours...).

Arno-Tech4buziness

Déçu ? Pas vraiment. Comment peut on être déçu quand on en attendait rien ?

Pour moi une chose est sûre : tant que nos hommes politiques n'utiliseront pas l'ordinateur quotidiennement, les enjeux de l'éoconomie numérique leur paraîtront aussi étrangers que le monde de l'entreprise...

marc duchesne

@Julien & Arno-Tech : on entend vos critiques, mais : vous attendiez quoi ? Quelles sont VOS propositions ?

marc duchesne

@Arno-Tech : vous attendiez du très haut débit partout et pas cher ? J'ai un tuyau pour vous : Pau. 100Mbps up/down pour moins de 30 EUR par mois. C'est pas une incitation à la création de valeur, ça ?...

Pierre Metivier

en marge de l'annonce du plan, une autre information importante est passée inaperçue et pourtant il y a la photo !

Jean-Michel Billaut à l'Elysée ... en attendant 2012 ! Vivement l'Elysée, (à très haut débit naturellement)

Michel

Le terme "haut débit" tel qu'il est mentionné dans le rapport de Besson (et ailleurs) me fait bondir.
Je pense que nous ne devrions réserver ce terme que pour le 100 Mbps. et le "tres haut débit" pour > 1Gbps.
Franchement qualifier du 512 kbps de "haut débit", je rêve!

arena

Et Quaero on en est où ? (grand éclat de rire dans la salle)

marc duchesne

@Arena : Quaero vient d'être racheté par Micro$oft (cf Google ;-)

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