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Petit conte dominical à dormir debout...

Réflexions dominicales…
Dimanche 31 octobre 2004 – On fête la Saint Quentin

Mes bien cher(e)s ami(e)s…

Petit conte dominical à dormir debout.
Ou pourquoi Dieu a-t-il réussi la Création ?

Il y avait de par le Monde un pays d’abondance : poule au pot chaque Dimanche, bière au Nord et vin au Sud. Ses habitants, gouvernés par un Roi juste et bon, vivaient bien, et ne se préoccupaient guère de ce qui se passaient dans les Cipangos lointains. Voir proches. Ils se croyaient en effet un peuple élu de Dieu, et à ce titre, les Gentils ne les intéressaient pas. Ces gueux étant d’ailleurs promis, comme chacun sait, à des fins pitoyables, ce n’était donc pas la peine de perdre son temps.
Mais un jour, le bon Roi fit venir de grand matin son Grand Vizir niraffaR et ses Ministres et leur dit en substance : « Mes bons amis, j’ai fait un rêve étrange… J’ai rêvé que dans des pays lointains on pouvait se parler à distance, et voir des images animées, comme je vous vois. Je voudrais que vous alliez chez ses Impies vous rendre compte, car si tel était le cas, je ne voudrais pas que l’Histoire me prenne pour un mulot… » (Dans ce Royaume, cet animal était considéré comme l’emblème, disons, du peu informé dans les choses nouvelles)…
Séance tenante, une mission comprenant quelques Ministres et grands dignitaires fut mise sur pied, et le Roi apposa son auguste sceau sur leurs lettres de créances.
Et voilà nos e-Marco Polo partis pour un long périple qui dura des années…
A leur retour, le Roi impatient et dont la barbe devenait de plus en plus chenue à mesure qu’il avançait en âge, écouta avec grand intérêt leur rapport.
« Oui Sire, vos songes ne vous ont pas menti. Dans ces pays, diverses infrastructures de télécommunications ont été mises en œuvre, permettant aux sujets de se parler et de s’entendre à distance, et de voir différents types d’images animées. Ce qui est curieux, c’est que ces peuplades bizarres aient mis en œuvre au moins 4 infrastructures différentes : le téléphone pour se parler, un réseau hertzien de télévision pour les images, mais aussi un réseau satellitaire et un réseau câblé, pour la diffusion de ces mêmes images ».
Intrigué, le Roi, toujours soucieux du bien public (et des impôts payés par ses sujets), demanda :
« Mais combien cela coûterait si nous devions mettre en œuvre ces 4 infrastructures ? » noterB, le dignitaire à la chevelure chenue, répondit mal à l’aise. « C’est difficile à dire Sire, mais si nous devions faire cela chez nous, cela coûterait au bas mot 100 à 200 milliards de tolums (le tolum est à près équivalent à notre €).
« Comment dit le Roi, ils ne savent pas combien cela a coûté ? »
« Non Sire, répondit noterB, mal à l’aise, ils ne savent pas ! Ils ne savent pas non plus combien leur coûte la maintenance de ces 4 infrastructures, que j’estime grossièrement à 1.000 tolums/sujet/an, tout compris».
« Mais que voilà des peuplades étranges… Et ne serait-il pas possible de ne mettre en œuvre qu’une seule infrastructure pour rendre tous ces services à nos bons et loyaux sujets ? » demanda le Roi toujours soucieux des finances publiques ? »
noterB s’apprêtait à répondre, mais le plus jeune d’entre eux, un dénommé okraS, jeune ministre aux dents longues, répondit très excité… « Oui, Sire cela est possible. Les Rois de quelques peuplades reculés et peu développés, ont mis en place qu’une seule infrastructure à base… de sable cuit »
« De sable cuit, dites-vous ? » dit le Roi étonné …
« Oui, répondit le jeune okraS, qui s’agitait dans son pourpoint un peu large pour lui. « Ils appellent cela : fibre optique ».
noterB était de plus en plus mal à l’aise…
« Comme c’est étrange, répondit le Roi… en tripotant sa barbe chenue… Comme c’est étrange… Et combien cela nous coûterait-il pour que chacun ait sa poule au pot… Pardon, son sable cuit en sa chaumière ?
okraS, qui prévoyait la question, avait peaufiné sa réponse…
« Je pense, Sire, que cela nous coûterait autour de 2 à 3 ans de maintenance de leurs 4 infrastructures, en comptant large ».
« Et bien, c’est entendu, nous apporterons à nos sujets du sable cuit. Poule au Pau et sable cuit seront de très bon aloi. Le Roi pensa qu’avec une telle décision, il resterait dans l’Histoire.
En fait, l’Histoire ne retint que le nom d’okraS. Qui, comme il devait arriver, prit la succession du bon roi à la barbe chenue. Il avait été en effet l’artisan de la mise en œuvre de la solution sable cuit. Les sujets de ce Royaume étaient tellement heureux avec leur poule au sable, qu’ils le portèrent sur le Trône à la mort du Roi à la barbe chenue…
Quant aux peuplades aux 4 infrastructures, elles s’enfoncèrent avec le temps dans le déclin. Comme toutes civilisations en ce bas monde qui n’arrivent pas à évoluer ou à s’adapter aux nouvelles technologies, compte tenu du poids des investissements qu’elles avaient déjà engagés dans les vieilles technologies.
Beaucoup, beaucoup plus tard, un dénommé Schumpeter avait appelé cela « la destruction créatrice »
En tout cas, okraS avait compris, lui, pourquoi Dieu avait réussi la création : il n’y avait pas de parc installé…



France : ta feuille de route est (presque) prête !

La France va mal. Ou plutôt ira très mal dans un proche futur si on ne se bouge pas le popotin...
2 rapports intéressants nous le disent et nous le démontrent.

Le premier : le rapport Christian Blanc : "Pour un écosystème de la croissance". On se traîne lamentablemant depuis 10 ans à moins de 2% de croissance par an. Si dans les années à venir nous voulons toujours assurer le maintien social (retraite, santé, etc...) il faudrait du 3 %. Sinon explosion sociale (vous vous imaginez dans 10 ans si l'on vous dit que votre retraite est diminuée de 50% ? Vous faites quoi ? Vous défilez dans les rues de Paris ? Vous prenez les armes ? Le maquis ? Vous ressortez la guillotine ?)

Le deuxième : le rapport Michel Camdessus : "Le sursaut : vers une nouvelle croissance pour la France". On y apprend qu'il faudrait travailler quand même un peu plus... nous intéresser quand même un peu plus aux nouvelles technologies, que notre pléthorique administration devrait s'agiliser (l'expression est jolie). J'ai presque fini de lire cet épais rapport, que je vous conseille (à ne pas lire toutefois avant de s'endormir... on risque de faire de mauvais rêves...).

Ces deux rapports nous changent quand même des précédents... Comme par exemple le "rapport Picq"
que je n'ai pas relu depuis des lustres et qui terminait ses paragraphes, si je me souviens bien, par des "il conviendra que" ou des "il conviendrait que".... Tout est dans nuance...

Mais revenons à nos moutons. Un troisième rapport à paraître en Janvier prochain : le rapport Jean Louis Beffa (président de Saint Gobain) . Qui devrait nous donner, si j'ai bien tout compris, notre feuille de route.
A noter que le premier rapport été demandé par Mr Raffarin. Le deuxième par Mr Sarkozy. Le troisième, pour ne pas être en reste, par Monsieur Chirac.
On ne cause pas beaucoup du (futur) rapport Beffa, qui doit probablement son existence à un autre rapport (que personne n'a demandé d'ailleurs, et qui a été une initiative personnelle des syndicats de l'industrie électronique française emmenés par Pierre Gattaz...comme quoi on peut encore prendre des initiatives personnelles dans ce pays, et écrire des rapports non demandés). Le rapport Gattaz préconise une politique de "grands travaux" à la de Gaulle/Pompidou (le néo-libéralisme ce n'est pas fait pour nous...). Je me suis d'ailleurs permis un petit post là-dessus.
Bref, j'espère que Monsieur Beffa retiendra le premier des grands travaux préconisés par le rapport Gattaz, à savoir 100 megas pour tout le monde pour commencer...
1. effectivement j'ai des idées fixes
2. c'est LE projet transversal par excellence
3. cela ne va être une décision facile à prendre (je vous laisse deviner pourquoi ...)
Cela étant, il y a 2 ou 3 ans, j'ai eu l'occasion de déjeuner dans un colloque à côté de Monsieur Beffa (on a des relations ou on n'en a pas). Les problémes de TRES haut débit n'avaient pas l'air de susciter son attention, ni de titiller son intelligence.
Bon, espérons que Pierre Gattaz, qui fait parti du comité Beffa, saura être convaicant.

Donc, si je résume, on a, ou on aura notre feuille de route pour les 15 prochaines années en début 2005.
So what... on va faire quoi ? Y a-t-il un pilote dans l'avion pour appliquer cette feuille de route ? Qui ? A gauche ? Bof (z'ont l'air d'être complétement déconnectés)... A droite ? Sarko peut-être ? En tout cas faudra un bonhomme (ou une femme ?) à poigne... car manager dans les turbulences une foultitude de clans gaulois avec leurs petits chefs n'est pas une mince affaire... Souvenez vous de Vercingétorix...

PS : Les memebres du Comité Beffa :
Patrick ARTUS / Directeur de la Recherche et des Etudes de CDC IXIX
Robert BOYER / Directeur des Etudes à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Gaby BONNAND / Secrétaire nationale CFDT
Lionel FONTAGNE / Directeur du CEPII
Jean-Christophe LE DUIGOU / Secrétaire confédéral CGT
Alain MERIEUX / PDG de BIOMERIEUX
Grégoire OLLIVIER / Président du Directoire SAGEM
Denis RANQUE / PDG de THALES
Pierre GATTAZ / Vice-président de la FIEEC



Schwarzenegger marche au solaire

L'Etat de Californie est en train de mettre en oeuvre un "plan solaire" visant à équiper en 10 ans 1 million de logements avec des panneaux solaires. "It's good for the environnement, it's good for economy, it's good for security". Dixit le bel Arnold, avec son California Environmental Protection Agency. Le solaire devient en effet de moins en moins cher (surtout que les sytèmes à base de nanotechnologies ne vont pas tarder à sortir - comme celui de la société Konarka). Le plan solaire californien serait financé par une surtaxe de 15 centimes de $ sur la facture d'électricité des Californiens (Qui a dit que les USA étaient un pays néo-libéral ?).
Le plan prévoit aussi que la moitié des logements neufs qui seront construits devront être équipés.
Au total c'est un milliard de $ qu'il faudra dépenser (y compris les déductions d'impôts incitatives). Non seulement la facture d'électricité des maisons solaires sera réduite, mais en plus l'électricité produite et non utilisée pourra être revendue aux sociétés d'électricité.
Du coup les Anglais s'y mettent. Le député John Prescott a ainsi demandé à ce que toutes les nouvelles habitations soient adaptées pour recevoir des panneaux solaires. L'Energy Saving Trust milite aussi pour la chose (toutes les maisons neuves équipées en 2010). Le premier Ministre Tony Blair n'est pas en reste. Il préconise lui une installation solaire dans toutes les nouvelles écoles et bâtiments publics...
En tout cas c'est l'Allemagne (qui a renoncé au nucléaire) qui dispose du plus important système de captation d'énergie solaire à Espenhain prés de Leipzig (33 500 modules solaires - 5 megawatts).
Une maison avec de l'électricité gratuite (et une fibre optique pour le tres haut debit) : le rêve...



Un grid de collectivité locale

Alemere, collectivité locale de la banlieue d'Amsterdam en Hollande ouvre un réseau optique de bout en bout (100 megas comme à Pau). 2.000 prises optiques sont installées aujourd'hui. Et l'une des nouvelles applications qui va être mise en oeuvre est un grid.
Il sera ainsi proposé aux habitants de mutualiser la puissance de calcul des micro-processeurs de leurs micro-ordinateurs connectés à Tres haut débit sur le réseau optique (quand ces micro-processeurs ne travaillent pas naturellement- et la plupart du temps le micro-ordinateur est sous tension, mais le micro-processeur se tourne les pouces...).
Cette puissance de calcul sera mise à disposition des laboratoires de recherche implantés dans la zone. Voilà une trés bonne chose à mon avis...
Merci à notre ami Modesto Alexandre (un Savoyard qui aimerait aussi avoir du TRES haut débit chez lui) de m'avoir posté cette info (qui vient de futura-sciences et de Internet Actu)...
Sinon, j'avais été voir il y quelques mois nos hauts fonctionnaires du Ministère de la Recherche qui semble t il, gèrent beaucoup de laboratoires publics de calcul (où l'on achète avec nos impôts des Cray 1, et autres bidules qui coûtent assez cher). En leur proposant d'utiliser le grid que nous pourrions mettre en oeuvre à Pau... Je l'ai proposé aussi à de grandes entreprises...
Mais dans notre pays cela n'a pas encore l'air d'être dans l'air du temps... Cela viendra, faut prendre son temps...
Enfin, je vais assister a Amsterdam mi novembre (de cette année) à un congrés de collectivités locales TRES haut débit (Malaisie, Utah, Amsterdam/Almere, Pau, Stockholm, etc...). Nous allons visiter Almere.
On en saura plus...


La loi de "l'emmerdement maximum"

Réflexions dominicales…
Dimanche 24 octobre – On fête la Saint Florentin

Mes bien cher(e)s ami(e)s…

La Netéconomie : c’est reparti (II)… (Suite du post de dimanche dernier 17/10/04)

La Netéconomie réduira-t-elle la « loi de l’emmerdement maximum » ?

C’est probable, mais qu’en est-il exactement ?

Dans le post précédent, je décrivais les 3 piliers de notre système économique : l’offre (les fabricants), la demande (les consommateurs pour faire court), et les intermédiaires dont la « valeur ajoutée » est de mettre en relation l’offre et la demande localement, là où vous habitez.
Nous avons vu qu’il y a 5 grandes classes d’intermédiaires (1 : le commerce au sens large, 2 : le secteur de l’information, 3 : celui de la finances, 4 : celui des opérateurs d’infrastructures, et enfin 5/ l’Etat). Tout cela fonctionnant, dans un état donné des technologies (elles aussi entendues au sens large).
Certes, nous sommes dans un pays dit évolué : nous avons donc beaucoup de biens et de services à notre disposition. Biens et services que nous pouvons acheter par l’entremise des intermédiaires qui ne se trouvent pas loin de notre habitation, dans notre zone de chalandise… Le secteur 2 nous informe, le secteur 3 nous permet de les financer, le secteur 5 établit les règles, ….

Mais s’y retrouver dans cette pléthore de produits et services n’est pas simple : c’est un peu au bonheur la chance. On achète un truc : on ne sait pas très bien s’il ne va pas tomber en panne rapidement, peut-être aurions nous pu le trouver à un prix plus faible dans le magasin d’à coté. Par ailleurs, le phénomène marque va jouer. Une même machine à laver, par exemple, vendu sous la marque X, coûtera plus chère que celle vendue sous la marque Y, alors que c’est exactement la même, à part la carrosserie. On peut multiplier les exemples à l’infini.
Bref, malgré les médias traditionnels (l’information, la publicité, le marketing direct, etc..), les marchés ne sont guère transparents pour le consommateur de base. Ils sont même plutôt opaques.
Non seulement ils ne sont pas transparents, mais les processus économiques sont compliqués, mais nous n’en avons guère conscience.

Un exemple : le processus d’achat d’un bien immobilier. L’acheteur doit gérer lui-même les relations avec des éléments de chacun des 5 secteurs : agent immobilier ou promoteur (secteur 1), et/ou petites annonces (secteur 2), financement hypothécaire (secteur 3), notaires et divers services administratifs (secteur 5), déménagements (secteur 1), changements d’abonnements auprès des divers opérateurs de réseaux (secteur 4), etc… etc..
Comme on le voit l’opération est lourde. Faut vraiment avoir envie… C’est « l’emmerdement maximum »…
Mais avec l’Internet, on change d’état technologique.
Et l’achat d’un bien immobilier pourrait devenir beaucoup plus simple, plus fluide… Allez donc voir Homestore…. Ce site américain qui a traversé la bulle sans encombre, s’occupe pour vous d’une partie du processus (il est vrai que les agents immobiliers américains mettent en commun leur fichier de biens à vendre, ce qui n’est le cas en Gaule). Ils peuvent même trouver du travail à Madame là où vous allez résider, ou une voiture. Ou encore vous donnez des informations sur la sécurité locale, le nom de l’instituteur de l’école, etc…
Qui paye ce service de « valet électronique » ? Les fournisseurs avec qui vous allez faire affaire. En tout cas pas vous…
L’analyse de ce site (il y en a beaucoup d’autres dans les différentes gammes de processus économiques que vous avez à gérer) montre que l’Internet fluidifie vos relations avec l’ensemble des intermédiaires, donc accroît la valeur que vous retirez d’un processus. Surtout que c’est généralement gratuit pour vous.
Aujourd’hui les intermédiaires traditionnels ayant pignon sur rue (les « empereurs ») se font plus ou moins fédérés par de nouveaux venus (les « barbares »)… Un autre bon exemple : les news de Google qui fédére les éditeurs de presse… pour votre plus grand intérêt…

Il y a quelques années, j’ai eu le plaisir de recevoir à l’Atelier le Baron Guy de Rothschild (on a des relations ou l’on en pas). Le Baron Guy (c’est comme cela qu’on l’appelle dans les milieux autorisés) est arrivé avec son chauffeur (qui s’occupe de la voiture, lui fait faire la vidange, la nettoie). La Baron Guy voulait s’initier à l’Internet. Comme il a beaucoup d’argent, il a des valets… L’Homo Sapiens, baron ou pas, est paresseux de naissance… Le Baron fait faire par d’autres des tâches lourdes, ou non gratifiantes…
Je pense qu’avec l’Internet le brave peuple aura lui aussi des valets virtuels… Il y aura certainement une contrepartie à propose de la vie privée…

Allez je vous laisse. Je vais repiquer quelques boutures de géraniums. Mon ami fleuriste de Lyon va me dire que ce n’est plus le moment, mais avec un peu de poudre d’hormones…
On reparlera la semaine prochaine d’empereurs et de barbares, et aussi de valets…


Zizou robot ?

Robovision_1"D'ici 2050, nous voulons créer des robots humanoïdes autonomes capable de battre l'équipe "humaine" de football championne du monde"

Vous avez bien lu... Ainsi s'est exprimé hier le trés sérieux professeur Shû Ishiguro lors du trés intéressant séminaire qui s'est tenu au Centre Français du Commerce Extérieur avenue d'Iena a Paris.

La villa d'Osaka au Japon y était à l'honneur. "Osaka l'inventive, Osaka la performante"...
En fait, c'est le bureau de représentation de la ville d'Osaka à Paris et le Comité d'échange Franco-Japonais de la CCI de Paris qui organisaient cette matinée de présentation... Osaka fait en effet de la retape pour inciter des entreprises françaises innovantes (il y en a si,si...) de se délocaliser au pays du Soleil Levant ou d'y créer une filiale... (non seulement on délocalise de la production traditionnelle, mais si en plus on délocalise "notre intelligence...).
Osaka (2,6 millions d'habitants) est la capitale de la province du Kansaï (21,7 millions), province qui s'étend de la mer du Japon au Pacifique. Cette province japonaise a un PIB comparable à l'Espagne ou au Canada. Sharp et Minolta ont demarré là. De même Roland (les synthétiseurs) et Nisshin (vous connaissez sûrement : les nouilles instantanées...)
Osaka est le 2éme bio-cluster mondial (il y a eu au cours de cette matinée un trés intéressant exposé sur les biotechnologies à Osaka...). Et la ville devient la capitale mondiale de la robotique et notamment de la robotique humanoïde...

Revenons donc à nos robots et au professeur Ishiguro...

Les robots font une irruption fracassante dans la vie des Japonais. Le chien Aïbo de Sony par exemple a été mis sur le marché un certain jour de 1999. 20 minutes après l'ouverture des magasins, il n'y en avait plus ! Sony a déjà fait 25 milliards de yens de CA avec son clebs... D'autres jouets robots sont arrivés et connaissent un grand succès : le robot Pino, Pûchi, etc...
Le marché global du robot humanoïde (hors robot industriel donc) est estimé à 3 000 milliards de Y en 2010 , et à 8.000 milliards en 2020.
Dans sa philosophie, un robot permet une interaction entre un humain (normal) et une machine dans 2 optiques : la machine prête attention à l'humain normal (interprétation des mimiques du visage par exemple), la machine prête attention à l'environnement de l'humain normal.
Nous en sommes naturellement au tout début. Et la grande force de ce marché : c'est qu'il fusionne un grand nombre de technologies (marché de la vision, des systèmes de retour de force, puis la biotechnologie, les nanotechnologies, etc...). Tout cela, pour arriver à des humanoïdes vers 2030/2050. Ou à des Hamo Sapiens "augmentés" (intégration dans la matière vivante de bidules divers...).
Aprés l'exposé du professeur, 2 ingénieurs trés jeunes nous ont fait une présentation extrêmement convaincante avec le robot "Vision" (voir photo ci-dessus). Un fouteux, apprenti zidanien... Il n'a certes pas encore la maîtrise notre Zizou, mais cela vient... Il pèse 2,7 kilos, mesure 40 centimètres de haut, et dispose de 23 degrés de liberté. Il n'a même pas besoin comme Zidane de tourner la tête pour voir d'où vient le ballon, car il dispose d'une vision de 360° avec analyse de couleur temps réel (grâce notamment à un microprocesseur sité sous les épaules).
Il se relève déja tout seul quand il est au sol, il frappe du pied dans une balle, ou peut la ramasser et la lancer avec ces 2 petits bras... J'ai fait quelques vidéos de la présentation, c'est un peu lourd pour les proposer dans mon blog (surtout que vous n'avez probablement pas la bande passante disponible à Pau, ou en Corée, ou à Nanchang...).
A part cela notre professeur nous a détaillé les différents segments de marché des humanoïde : la sécurité
Robosecurit (vous avez sur la photo de gauche 2 spécimens : le clebs a l'air effectivement pas commode), les robots pour les secours dans les catastrophes (avec le terrorisme... on a appris par exemple qu'un robot a été utilisé le 11 septembre dans l'effondrement des twins de New York), les robots pour l'aide aux seniors (la population vieillit dans le monde), le nettoyage y compris chez vous, les robots de services... Sur ce dernier point, Mr Ishiguro pense que des emplois de services seront remplacés par des robots dans les 30 ou 40 ans (pressing, massage - si, si...- , personnel de sécurité, etc...).

Osaka en définitive met le paquet... Il a créé la RoboCup (concours mondial - notre robot Vision a d'ailleurs gagné la coupe 2004). Par ailleurs, la ville va constuire RoboCityCore un complexe important (laboratoires, incubateurs, vitrine de présentation, etc..) devant la gare centrale de la ville.

Bref je retire de ce séminaire (qui s'est terminé par un excellent buffet japonais) :
1/ Osaka veut damer le pion à Tokyo
2/ Osaka veut devenir la capitale mondiale de la robotique humoïde. Ce qui est bien vu, du fait de la fusion : la science humanoïde fusionne en effet les autres technologies, ce qui va obliger les entreprises pointues dans chacune de ces technologies, d'avoir comme point de passage obligé, cette ville...
3/ C'est quand même une autre culture... En France on se casse la tête pour donner du travail aux chômeurs qui sont des Homo Sapiens normaux. Et les Japonais, eux, vont encore accroître le chômage dans les services notamment en les remplaçant par des robots. Mr Ishuguro pense que c'est une bonne chose...

Après tout, peut être que l'Homo Sapiens n'est pas fait pour travailler, à des emplois peu qualifiés en tout cas. C'est là toute notre culture judéo-chrétienne qui vole en éclat... Dieu le père nous a t il pas sorti du Paradis terrestre (où en principe on ne travaillait pas) en nous disant "maintenant tu travailleras à la sueur de ton front" ?

Bon, faudra que je cause de tout cela à José Bové... Il est contre les OGM, il sera forcément contre les Humanoïdes...
Soudain, un pressentiment affreux me saisit : et si Bové était déjà un Humanoïde ? Et est ce qu'un Humanoïde pourra intégrer l'X ou l'Ena ? Mon Dieu mais où va-t-on ?


Intelligent Transport System

L'un de mes amis, Emmanuel Grandserre, se trouve en ce moment à la conférence "ITS" (Intelligent Transport System) à Nagoya au Japon. Vous trouverez ces premieres impressions sur son blog. (et une photo présentant un tableau de bord impressionnant...)
L'ITS va jusqu'au "voitures qui roulent sans conducteur"....
Vous pouvez aussi visiter le site de cette conference.


Sarko bloguera-t-il ?

Les paris sont ouverts... (Alors Loic qu'est ce que tu attends... ?)
L'autre jour en revenant par l'avion du soir de Pau, je prends le seul journal qui restait avant de monter dans l'avion. Le Figaro... Et qu'est ce que je vois dans la dernière page saumon de ce célèbre journal : une pub quart de page... du Conseil Général des Hauts de Seine...
"Qu'attendez vous de nous ? C'est ensemble qu'il faut décider de nos priorités"... Signé : Sarko (qui est comme vous le savez le Président du conseil général du 92)
J'en suis resté baba... Qu'un élu demande à tout un chacun de participer aux décisions, voilà qui interpelle. Nous n'étions pas habitués... Je suis allé voir le site
Effectivement Sarko lance les Etats généraux du 92... Ce n'est pas encore le "social networking" à la Loic Lemeur, mais on approche... on approche... (d'ci à ce que tous les habitants du 92 bloguent...)
Pourquoi les autres départements ne font ils pas la même chose ?
Je n'habite pas chez Monsieur Sarko, et ce que l'on peut regretter dans cette ouverture intéressante à plus d'un titre, c'est qu'il n'y soit pas question de gros sous... En ce qui me concerne j'aimerais connaître par le menus les recettes et dépenses de mon département, combien nous coûte notre administration (departementale et locale), combien de voitures de fonctions, etc... etc... Tout cela naturellement sur un site web.
Et faire des comparaisons avec celui de Sarko, mais là, c'est peut-être beaucoup demander... ???
Bon enfin... En tout cas j'espère que les habitants des Hauts de Seine, réclameront le TRES haut débit.

Sinon dans le même journal on parlait abondamment du recul (encore) de la France en matière de compétivité (indice du World Economic Forum). Nous sommes retrogradés à la 27éme place. Cet indice est un indice composite qui comprend notamment un "niveau de corruption"... Ben là aussi on n'est pas premier (c'est la Finlande).. Ah bon ? Nous aurait on cacher des choses ?

Sur ce plan, l'un de mes amis, lors d'une mémorable séance du Club de l'Arche dans les temps anciens, avait fait une étude saississante qui montrait que plus on monte vers le Nord moins "on carrembouille", plus on descend vers le sud, plus on est corrompu. L'ami en question avait corrélé cela avec le % de connectés à l'Internet. Plus on monte vers le Nord plus on est connecté, plus on va vers le Sud, moins on l'est.. La France est dans une zone tempérée.
Curieux, curieux...


La Netéconomie : c’est reparti…

Réflexions dominicales…
Dimanche 17 octobre – On fête la Saint Ignace

Mes bien cher(e)s ami(e)s…

On a beaucoup parlé de la Netéconomie avant l’éclatement de la bulle de l’Internet. Puis le mot est devenu presque honteux : il n’était plus politiquement correct de le prononcer dans les dîners en ville.
Mais le temps a fait son œuvre et la bulle s’estompe. On ressort le mot timidement. Mais, tel un rouleau compresseur, cette Netéconomie se met en place… et rien cette fois ne l’arrêtera. La raison en est simple : de plus en plus de gens prennent un accès à l’Internet (avant la bulle il n’y avait pas grand monde). Nos concitoyens adorent la chose, sinon pourquoi s’y mettraient-ils ? La raison en est simple : l’économie qui se construit sous nos yeux va leur apporter davantage de valeur ajoutée que celle proposée par l’économie traditionnelle.
Je voudrais, dans ce petit post dominical, apporter ma petite contribution à cette affaire importante.

Notre système économique fonctionne sur 3 pattes, sur 3 pôles distincts.
Le premier pôle concerne l’offre. C’est-à-dire tout ce qui produit des biens et des services (entreprises industrielles, de services, etc..).
Le deuxième pôle concerne la demande. C’est-à-dire vous et moi en tant que consommateur. Nous avons généralement un pouvoir d’achat. Et on veut acheter des choses… Par exemple : une cravate… Mais comment faire si à côté de chez moi je n’ai pas d’usines qui fabriquent des cravates ?
Et bien, je vais m’adresser au 3ème pôle : les intermédiaires, dont le rôle va être de mettre spatialement en relation l’offre et la demande.
Dans notre cas (en faisant court) des grossistes vont acheter des cravates aux usines situées dans des endroits bien précis du village planétaire et vont les revendre à des magasins « en dur » situés dans ma zone de chalandise…

Le pôle intermédiation est un énorme fourre-tout. Comment peut-on l’appréhender ?
A mon sens, il y dans nos systèmes politico-économiques d’aujourd’hui 5 classes d’intermédiaires.

La première concerne le commerce et la logistique entendus au sens large : grossistes continentaux, régionaux, centrales d’achat locales, magasins dans les zones de chalandises. Chacun achète à l’autre pour revendre au suivant, et utilise les entreprises de logistique pour transporter les marchandises d’un point à un autre (les infrastructures ont donc une grande importante). On couvre ses coûts et on fait sa marge : faut bien vivre (sans oublier à chaque transfert la TVA)… Mais cela évite à Madame Michu, qui voudrait acheter un poste de télévision Sony, d’aller à Shinagawa au Japon pour en ramener un.

La deuxième concerne le secteur de l’information/formation (presse, radio, télévision, professeurs, marketing, publicité, etc…).
Un journaliste par exemple est un intermédiaire. Il vient vous interviewer (il prend votre information), la met en forme, et la revend par son éditeur sur un support papier (payé à plus de 50% par la publicité…). Même chose pour un professeur. Il a pris l’information/connaissance à d’autres, la met en forme, et la « revend » à ses élèves… Etc.

La troisième concerne le secteur finances/assurances. Vous achetez un livre à la Fnac, vous payez avec votre carte bancaire… Et vous sortez tout content, avec votre achat. Mais l’opération n’est pas terminée. C’est le système bancaire qui va dénouer le contrat commercial que vous avez passé avec l’enseigne. Comment ? Par débit de votre compte en banque (débit égal au montant de votre achat), et par crédit du compte de la Fnac du même montant diminué d’un % rétribuant le service bancaire.
Même chose pour l’assureur qui joue le rôle d’intermédiaire entre ses assurés qui payent des primes et qui va rembourser les dommages que ses clients causent à des tiers.

La quatrième classe concerne les opérateurs de réseaux/infrastructures. Par exemple le réseau téléphonique… C’est peut être un peu tiré par les cheveux, mais si nous étions doués de télépathie, nous n’aurions pas besoin des opérateurs de téléphone traditionnels. FT et les autres sont donc des intermédiaires : ils « prennent notre voix » d’un côté et la transmettent de l’autre côté. De même EDF, ou plutôt le RTE (régie de transport d’électricité entre le lieu de production et l’utilisateur), le réseau d’eau, etc…

Enfin la cinquième classe concerne l’Etat, et plus précisément nos Elus. Ces derniers l’ont peut-être un peu oublié, mais ils ne sont que des intermédiaires. Nous les chargeons de faire les lois et de gérer, autant que faire ce peut, notre aimable, mais néanmoins pléthorique, administration. C’est ce que l’on appelle la démocratie représentative.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur chaque secteur… Mais arrêtons-nous là pour faire 3 remarques importantes.
L’ensemble de l’intermédiation a une valeur ajoutée certaine : nous avons tout ou presque à portée de la main, là où nous habitons, dans une structure politico-juridico-sociale donnée (les règles du jeu).
Mais cela coûte cher, très cher (probablement plus de la moitié du PIB d’un pays).
Enfin, cette intermédiation est fonction de l’état des technologies à un instant donné. Si cet état change, l’intermédiation va se modifier… Généralement dans le sens d’un accroissement de valeur pour la demande, et/ou d’une réduction de la chaîne d’intermédiaire. Donc des coûts moindres. Mieux et moins cher : voilà ce que permet la nouvelle technologie.
C’est probablement ce que l’Internet et la Netéconomie - c’est-à-dire l’utilisation de l’Internet comme infrastructure économique - vont proposer.

Zut, Madame Billaut m’appelle pour le repas du soir (j’ai entendu dire qu’il y avait un reste de canard avec salade…)
Bon faut que je vous laisse.. On reprend tout cela Dimanche prochain. On causera d’Empires et de Barbares (thémes cher à Ibn Khaldoun – philosophe arabe du XIIIème siècle, et à Jean Louis Gassée – patron d’une boîte dénommée Apple à la fin du XXème…). Et peut-être aussi de la « loi de l’emmerdement maximum ».

suite


Voyage en Chine

La distribution en Chine... Voyage d'études organisé par mes amis du Cetelem du 6 au 12 novembre prochains... Destination : Pekin - Shanghai.
Reste 2 places... si cela vous dit : me contacter sur jmbillaut@yahoo.fr